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Dygest vous propose des résumés selectionnés et vulgarisés par la communauté universitaire.
Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

de Adele Faber & Elaine Mazlich

récension rédigée parCatherine Piraud-RouetJournaliste et auteure spécialisée en puériculture et éducation.

Synopsis

Développement personnel

Les conflits avec vos enfants, si « petits diables » qu’ils en aient parfois l’air, sont évitables. Ce guide, écrit à quatre mains par deux mamans psychologues, présente des recettes novatrices et concrètes visant à aider les parents à résoudre les problèmes (questions d’autorité, de coopération, de confiance en soi…) avec leurs enfants. Une approche lucide, sensible et respectueuse, qui réduit le stress et augmente la gratification pour les deux parties.

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1. Introduction

Ce guide présente des techniques à la fois concrètes, pratiques et efficaces, visant à améliorer la communication et les relations parents-enfants au quotidien. L’ouvrage est découpé en six chapitres : Accepter les émotions ; Susciter la coopération ; Remplacer la punition ; Encourager l’autonomie ; Utiliser les compliments ; Aider l’enfant à se dégager des étiquettes qui lui collent à la peau.

L’objectif est d’inculquer aux parents des astuces de langage et de comportement pour mieux s'y prendre avec les sentiments négatifs de leurs enfants, leurs frustrations, déceptions ou colères. Les deux auteurs reviennent également sur la manière de susciter le désir de coopérer et de savoir comment fixer des limites fermes, tout en maintenant un climat d'ouverture et en évitant le recours à la punition. Le but est donc de favoriser l'image positive de l'enfant et de résoudre les conflits familiaux dans une atmosphère de calme.

2. Aider les enfants aux prises avec leurs sentiments en accueillant ces derniers

Les auteures commencent par dresser deux constats. Primo, le sentiment des enfants est directement lié à leur comportement : quand ils se sentent bien, ils se comportent correctement. Il faut donc les aider à mieux se sentir. Secundo, les parents sont souvent dans la négation des sentiments des enfants, même sans arrière-pensée négative. Par exemple, l’enfant dit : « Maman, j’ai chaud » et le parent répond : « Mais non il fait froid, garde ton pull ». Pour éviter la dispute, mieux vaut accueillir les sentiments de l’enfant : « J’ai bien froid, mais pour toi il fait chaud ici ». Une attitude qui peut paraître simple, mais qui n’est pas toujours appliquée.

Les auteures édictent une série de recommandations visant à aider les enfants aux prises avec leurs sentiments. L’écouter avec toute son attention (en posant son téléphone notamment) ; accueillir ses sentiments avec un « Oh ! Je vois ! », au lieu de donner des conseils immédiats (« Eh bien, fais une sieste ! ») ou de questionner ; nommer ses sentiments, au lieu de les nier ; utiliser l’imaginaire pour lui offrir ce qu’il désire. Inutile de toujours être empathique : la majorité des conversations sont essentiellement informatives et ne nécessitent pas d’empathie.

Les questions directes (« Qu’est-ce qui t’a fatigué ? », par exemple) sont à éviter, car risquant d’ajoutent de la confusion à la nécessité pour eux de gérer leur émotion. Par ailleurs, préférer aux phrases génériques, du type « Je comprends ce que tu ressens », un accueil du type : « Je comprends que tu es fatigué, car tu as beaucoup travaillé ».

À noter qu’il faut respecter l’envie de silence d’un enfant contrarié qui préfère qu’on ne lui parle pas, tout en restant présent. Et éviter de répéter des mots péjoratifs. Plus on essaie de mettre de côté les sentiments malheureux de nos enfants, plus ils s’accrochent à eux. Plus on les accueille facilement, plus ils les expriment naturellement.

3. Susciter la coopération en constatant plutôt qu’en jugeant

Une des plus grandes frustrations parentales est de lutter au quotidien avec ses enfants pour qu’ils se comportent de manière convenable. Faber et Mazlich nous poussent à mettre la lumière sur l’écart entre leurs besoins et les nôtres, en établissant deux listes : ce que l’on aimerait que nos enfants fassent naturellement (s’habiller, se brosser les dents, se coucher sans sourciller, etc.) : ce qu’on aimerait qu’ils évitent de faire (jeter leurs jouets partout, manger avec les doigts, être insolents, etc.).

Elles énumèrent ensuite plusieurs pistes pour susciter la coopération des enfants. Leur constat : se focaliser sur la situation concrète plutôt que sur la description de la faute permet aux enfants de réfléchir eux-mêmes à une solution. Exemple : au lieu de dire « Tu as laissé déborder la baignoire, tu oublies toujours de fermer le robinet ! », constater simplement « La baignoire est presque pleine ». Ensuite, donner des renseignements, plus faciles à recevoir que des accusations.

Ainsi, au lieu de « Qui a laissé la bouteille sur la table ? », essayer : « Le lait tourne si on ne le remet pas au frigo. » Troisième conseil : éviter longs discours et sermons. Quatrième point : parler de ses sentiments, sans faire de commentaire sur l’enfant ou son caractère. Plutôt que « Tu es impoli, tu m’interromps tout le temps », expliquer : « Je suis frustré de ne pas pouvoir finir mes phrases. » Enfin, il s’avère parfois plus efficace de laisser un message écrit, par exemple un rappel placé sur la télévision de ne l’allumer qu’une fois les devoirs finis.

Dans tous les cas, il est important de rester authentique. Et si ces astuces ne marchent pas tout de suite, il faut persévérer dans l’exercice. Les enfants peuvent en effet ne pas réagir, car trop occupés, fatigués ou contrariés. Les parents doivent aussi se souvenir que la manière de dire quelque chose est aussi importante que le message. Mais que même avec une attitude positive, des mots comme « idiot », « irresponsable » ou « négligent » peuvent blesser durablement. Si l’enfant y est sensible, jouer sur la corde humoristique peut être un plus.

4. Sept pistes pour remplacer les punitions

Dans un premier temps, il s’agit de comprendre pourquoi l’on punit. Les auteures évoquent les réponses données à des participants à leurs ateliers : la crainte qu’ils ne fassent des bêtises plus graves si l’on ne réagit pas ou de laisser leurs enfants prendre le contrôle ; pour soulager leur frustration ; pour leur apprendre à distinguer le bien et le mal ; la conviction que leur enfant ne comprend pas autre chose. Mais ils témoignent aussi sur le ressenti négatif entraîné par cette punition : rancœur, sentiment d’être mauvais ou sentiment d’injustice, culpabilité, mise en place de stratégies pour ne pas se faire prendre la prochaine fois…

Les auteurs évoquent leur prise de conscience du caractère pernicieux de la punition à la suite de à leurs échanges avec le docteur Haïm Ginott. La punition empêche en effet les enfants de réfléchir sur leurs actes. Elles proposent sept méthodes pour remplacer les punitions. Première piste : indiquer à l’enfant comment être utile. Exemple : au supermarché, lui proposer de choisir trois légumes dont vous avez besoin. Deuxième piste : exprimer fortement son désaccord.

Ainsi, au lieu de menacer l’enfant qui court dans le supermarché, lui dire : « Je n’aime pas ce qui se passe ! Cela dérange les clients quand des enfants courent ». Troisième piste : formuler ses attentes. Exemple : un enfant a cassé un outil : « Quand on m’emprunte mes outils, j’aimerais qu’on les remette à leur place ».

Quatrième piste : lui montrer comment redresser la situation. Ainsi, s’il a fait tomber un verre, lui proposer de nettoyer ou de réparer plutôt que de punir. Cinquième piste : lui offrir un choix. Toujours dans l’exemple du supermarché, lui rappeler : « Pas de course ici ! Tu peux marcher ou bien t’asseoir dans le chariot. » Sixième piste : passer à l’action, en verrouillant le placard en cas d’objets qu’il ne remet jamais à leur place, par exemple. Enfin, le laisser expérimenter les conséquences de son comportement. Faber et Mazlish conseillent 5 étapes pour résoudre un problème : Parler des sentiments et des besoins de l’enfant ; parler de ses propres sentiments et besoins ; faire un brainstorming pour trouver des solutions acceptables pour chacun ; écrire toutes les idées, sans les juger ; faire un tri et choisir celles qui conviennent à tous.

5. Pour encourager l’autonomie, surfer entre écoute et stratégie

Les enfants sont souvent désireux de faire les choses par eux-mêmes, mais freinés par leur manque d’expérience et de confiance en eux. Faber et Mazlish fournissent 6 méthodes pour favoriser leur autonomie. Présenter des choix à l’enfant, afin de l’aider à pratiquer la prise de décision. Lui montrer que l’on respecte ses efforts lui permet d’aller au bout d’une tâche ardue. Ne pas lui poser trop de questions, afin de ne pas lui donner l’impression d’empiéter sur sa vie personnelle, mais lui laisser l’occasion de s’exprimer quand il en éprouvera le besoin. Ne pas se presser de répondre à ses questions, mais lui laisser l’opportunité de réfléchir par lui-même aux réponses.

L’encourager à utiliser des ressources extérieures au foyer. Ne pas non plus mettre un terme à ses rêves et ses espoirs, sous couvert de vouloir le protéger de la déception : s’il fait montre, par exemple, d’ambitions professionnelles futures a priori démesurées, comme devenir astronome. Il est plus efficace de l’encourager et le laisser expérimenter par lui-même.

Faber et Mazlish confient aussi plusieurs alternatives pour remplacer le « Non », qui peut être vécu comme une atteinte à l’autonomie de l’enfant, sans forcément lui céder en tout. D’abord, préférer donner des renseignements : à la question : « Maman, je peux sortir ? », répondre, par exemple : « On dîne dans cinq minutes. »

Ensuite, une fois encore, accueillir ses sentiments : « Oui, tu as envie de rester au square », mais en lui prenant la main et en allant vers la sortie. Autre astuce : décrire le problème : « J’aimerais bien t’accompagner à la bibliothèque, mais le livreur doit passer dans 30 minutes. » On peut aussi s’efforcer de remplacer le « Non » par « Oui » (« Bien sûr, tu pourras aller jouer, dès que tu auras fini ton assiette. »). Enfin, gagner du temps. Si l’enfant réclame un jeu, répondre : « Je vais y réfléchir » : l’enfant comprend que si la réponse n’est pas forcément positive, son désir a été pris en compte.

6. Utiliser les compliments à bon escient, en misant sur le descriptif

L’estime de soi est l’un des atouts les plus essentiels pour un être humain. C’est ce qui va permettre ou non d’aller de l’avant et d’expérimenter de nouvelles expériences. Toutefois, complimenter un enfant n’est pas forcément la voie idéale pour bâtir et renforcer sa confiance en lui. Selon les auteures, les compliments sont en effet porteurs de 4 écueils potentiels : doute sur la franchise de celui qui complimente ; crainte sur sa capacité à refaire si bien la prochaine fois ; braquage du projecteur sur ses faiblesses (« J’ai de beaux yeux ? Mais mon nez est horrible ! » ; méfiance sur les attendus réels de celui qui envoie des fleurs : « Qu’attend-il réellement de moi ? »

Faber et Mazlish reprennent la solution proposée par Haïm Ginott : complimenter par la description. Le principe ? L’adulte décrit de manière admirative ce qu’il voit, ce qu’il ressent. Ce qui rend l’enfant capable de se complimenter lui-même. Exemple : il vient voir son parent avec son dessin : « C’est beau? ». Lui dire simplement : « C’est magnifique » est maladroit. Mieux vaut opter pour un compliment descriptif : « J’aime bien les vagues que tu as dessinées et toutes les couleurs, je trouve ça chaleureux ». L’enfant verra que le parent a réellement regardé son œuvre et il pourra se dire : « Mon dessin lui plaît vraiment ! ». Le compliment descriptif peut aussi servir à complimenter un enfant sur une action qu’il aurait dû faire depuis longtemps. Les auteurs conseillent d’éviter, par contre, la formulation « Je suis fier de toi », qui risque de faire entendre à l’enfant la satisfaction parentale, plutôt que son succès. Une formule meilleure serait : « Tu dois être tellement fier de toi ! ». De la même façon, lorsqu’il réussit, mieux vaut dire : « Quelle détermination ! Voilà le résultat de plusieurs mois à t’exercer » que : « Je savais que tu en étais capable ! ». Et si, malgré les compliments, l’enfant continue d’avoir peur de l’échec, il est possible de l’aider de trois manières. Primo, ne pas minimiser sa détresse (« Il n’y a pas de raison d’être si découragé ») : prêter une oreille attentive à ses sentiments et ses craintes le détendra plus certainement. Ensuite, accueillir ses erreurs comme une partie de son apprentissage. Enfin, accepter ses propres erreurs, afin d’être un modèle pour lui.

7. Aider les enfants à se dégager des étiquettes qui les brident

Les enfants sont souvent affublés, par l’entourage ou par eux-mêmes, d’étiquettes qui les empêchent de s’épanouir. Faber et Mazlish proposent 6 méthodes pour éviter ces étiquettes :

1. Rechercher des occasions de présenter à l’enfant une image neuve et améliorée de lui-même.2. Le placer dans des situations où il peut se voir différemment. 3. Faire en sorte qu’il vous entende dire des choses positives à son sujet. 4. Lui donner l’exemple du comportement que l’on cherche à lui inculquer. 5. Être le gardien des souvenirs de ses coups de maître.

Exprimer ses sentiments ou ses attentes quand son comportement reflète l’ancienne image qu’il avait de lui-même.

8. Conclusion

La méthode Faber et Mazlich a fait ses preuves, dans le monde entier, depuis les années 1980. Des propos étayés par la recherche en psychologie, mais aussi par leurs propres expériences de mères et sur les témoignages de nombreux parents, recueillis au cours de leurs ateliers. Les conseils théoriques sont illustrés de nombreuses mises en situation, aidant les parents à se mettre dans la « peau « de l’enfant. Le style est fluide et les exemples concrets tirés de la vie quotidienne permettent à tout parent de s’identifier facilement.

Cerise sur le gâteau : à la fin de chaque chapitre, on trouve des fiches récapitulatives de tous les conseils donnés et des mini bandes dessinées très parlantes. C’est aujourd’hui l’un des ouvrages phares de l’écoute active et de la communication non violente.

9. Zone critique

Un bestseller international vendu à plus de 5 millions d’exemplaires, traduit dans 30 langues et toujours l’objet de nouvelles rééditions, d’ateliers et de formations, même si Elaine Mazlish est aujourd’hui décédée.

Au fil des quatre dernières décennies, cet ouvrage a aidé des millions de parents, mais aussi de professionnels de l’éducation à travers le monde, à consolider leurs relations avec les enfants et adolescents. L’approche novatrice développée par Faber et Mazlich trouve aujourd’hui sa place, dans les bibliothèques, au milieu de ceux d’une génération entière d’experts dans le domaine de l’éducation positive : Marshall Rosenberg, Thomas Gordon ou Fitzhugh Dodson aux États-Unis, Isabelle Filliozat ou Catherine Gueguen en France. Une approche néanmoins remise en question par les tenants d’un retour à la discipline traditionnelle.

10. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, Editions du Phare, 2012.

Autres pistes– Haïm Ginott, Entre parent et enfant, L’Atelier des Parents, 2013.– Thomas Gordon, Éduquer sans punir. Apprendre l’autodiscipline aux enfants, Marabout, 2013.– Marshall Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), La Découverte, 2016.– Joanna Faber et Julie King, Parler pour que les tout-petits écoutent, Editions du Phare, 2018. – Isabelle Filliozat, Au cœur des émotions de l'enfant, Marabout, 2019.

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