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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Elon Musk

de Ashlee Vance

récension rédigée parXavier Vila

Synopsis

Économie et entrepreneuriat

Dans Elon Musk Tesla, Paypal, SpaceX : l'entrepreneur qui va changer le monde, le journaliste américain Ashlee Vance retrace la vie d'Elon Musk depuis son enfance en Afrique du Sud jusqu'à la création et l'essor de Paypal, Tesla, SpaceX et SolarCity. Le livre se présente comme un récit biographique, celui de l'entrepreneur le plus audacieux de la Silicon Valley dont l'objectif ultime est la conquête de Mars.

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1. Introduction

Elon Musk fait partie d'une nouvelle génération d’entrepreneurs que le New York Times a qualifiée de « thrillionaires », des visionnaires qui dépensent leurs fortunes afin de concrétiser des projets tirés de la science-fiction.

Dans Elon Musk Tesla, Paypal, SpaceX : l'entrepreneur qui va changer le monde, le journaliste américain Ashlee Vance dépeint la vie familiale, sentimentale et professionnelle du CEO de la société de fusées SpaceX ainsi que du fabricant de voitures électriques Tesla Motors. Le long portrait n'est pas le premier livre écrit sur l'entrepreneur, mais il a en revanche bénéficié pour la première fois de la collaboration de Musk, qui a accepté de répondre aux questions d'Ashlee Vance pendant la rédaction du livre.

2. Sa première start-up

Né le 28 juin 1971, Elon Musk grandit à Pretoria en Afrique du Sud, en plein apartheid. Sa personnalité est largement influencée par la culture afrikaner blanche, dominante à Pretoria.

En 1979, ses parents divorcent et il décide d’aller vivre avec son père qui l’élève à la dure. Cette circonstance le conduit à se replier sur lui-même, consacrant la plupart de son temps à la science-fiction et à la programmation de jeux vidéo.

Parmi ses livres favoris figuraient : Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien, Cycle de Fondation de Isaac Asimov et Révolte sur la lune de Robert Heinlein). À douze ans, Musk crée le jeu vidéo Blastar, qu’il vend à un magazine spécialisé en informatique pour 500 dollars.

En 1988, « il quitte L'Afrique du Sud pour le Canada, en voulant échapper au service militaire qui l'aurait obligé à participer au régime de l'apartheid » (p. 46). Un changement législatif permet à sa mère de lui transmettre sa nationalité canadienne et il décide de poursuivre ses études à l’Université Queens au Canada, où il finance ses études grâce à des travaux à temps partiel et des emplois d'été.

En 1992, Musk part pour l'Université de Pennsylvanie aux États-Unis, grâce à une bourse qui lui permet d’entamer un cursus en physique dans l’établissement membre de l’Ivy League (l’élite des universités américaines).

En 1995, Musk intègre l’Université Stanford à la Silicon Valley pour poursuivre son doctorat en physique énergétique, mais il décide de suspendre ses études pour cofonder sa première start-up Zip2, dont le produit phare était un répertoire d'entreprises relié à des cartes géographiques – hybride entre Google et Yelp. « Pour expliquer le concept, Musk disait souvent que tout le monde a le droit de savoir où se trouve la pizzeria la plus proche et comment s'y rendre » (p. 62).

Début 1996, Zip2 change radicalement. Mohr Davidow y investit trois millions de dollars qui permettent à l’entreprise de développer un logiciel de publication de contenu en ligne dédié aux journaux. Le logiciel rencontre un succès remarquable auprès des journaux : The New York Times, Knight Ridder, Hearst Corporation et d'autres ont souscrit à un abonnement. En avril 1998, Zip2 annonce sa fusion avec CitySearch son principal concurrent, mais l’union est vouée à l’échec à cause des problèmes liés aux comptes de deux sociétés et au choix des salariés licenciés pour éviter les doublons. Une faction au sein de Zip2 réclame l'abandon de l'opération et en mai les deux sociétés renoncent à la fusion. Suite à l'échec de l'opération, Zip2 perd de l'argent.

En 1999, Compaq la rachète pour 307 millions de dollars, Musk y gagne 22 millions de dollars qu’il réinvestit dans la création de Paypal, un système de paiement en ligne. L’entreprise est à son tour rachetée par Ebay en octobre 2002 pour 1,5 milliard de dollars.

3. À la conquête de Mars

Elon Musk s’intéresse ensuite à l’espace et commence à concrétiser ses rêves de vaisseaux spatiaux et de voyages galactiques, inspiré des récits de science-fiction de son enfance : Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams est le livre qui l’a le plus influencé.

Musk s'installe donc à Los Angeles où il se constitue un réseau de contacts dans l’industrie spatiale et il fonde la Life to Mars Foundation. Musk y rassemble différents experts afin de discuter de projets potentiels au sujet de Mars.

Au fil des débats « un consensus commença à s'établir autour d'un projet appelé Mars Oasis » (p. 100). Selon ses plans, Elon Musk achèterait une fusée avec laquelle il enverrait sur la planète rouge une serre robotisée. Alors, il prépare un voyage en Russie pour déterminer le coût exact d'un lancement : « Il envisageait d'acheter aux Russes un missile balistique intercontinental ICBM reconditionné dont il aurait fait son lanceur » (p. 101), mais les négociations avec les Russes n'aboutissent pas. Dès lors, Musk se fixe l'objectif de construire la fusée pour moins cher et avec son équipe d'experts. Pour ce faire, il contacte Tom Mueller qui lui, avait quitté son emploi auprès du constructeur aérospatial McDonnell Douglas pour construire ses propres fusées.

En 2002, Elon Musk fonde Space Exploration Technologies (SpaceX). Il annonce que la première fusée de la société serait baptisée Falcon 1, en hommage au Millennium Falcon de Stars Wars. En 2005, l’entreprise réalise le premier test de mise à feu de la fusée. Six mois plus tard, SpaceX se prépare pour le premier lancement sur l'île de Kwaj, mais au cours de contrôles préalables, les ingénieurs détectent un réservoir qui fuyait à cause d'une soupape défectueuse et décident d’avorter la mission.

En mars 2006, le Falcon 1 est mis à feu de nouveau, sans succès : la fusée s'était lancée tout droit et quelques minutes plus tard retombe sans contrôle sur Terre. Un an plus tard, SpaceX échoue une nouvelle fois : au bout de quatre minutes, la machine explose.

Malgré les échecs essuyés, Musk n’a jamais douté de sa vision d'avenir et la quatrième tentative de lancement se voit couronnée de succès, le 28 septembre 2008, ce qui lui permet d’obtenir un contrat d’approvisionnement de la Station Spatiale internationale supérieur à un milliard de dollars.

En 2012, SpaceX envoie une capsule de ravitaillement vers la Station Spatiale internationale et la ramène sur Terre.

4. Une voiture écologique

À l’occasion d’un déjeuner avec Elon Musk en 2002, l’ingénieur J.B. Straubel évoque l’un de ses projets : l'automobile électrique à batteries lithium-ion.

L'idée séduit Musk qui lui promet 10 000 dollars pour financer son projet, mais deux hommes d'affaires de Californie s'étaient eux aussi intéressés aux automobiles à batterie lithium-ion : Martin Eberhard et Marc Tarpenning créent Tesla Motors en 2003, appelé ainsi en hommage au pionnier du moteur électrique Nikola Tesla.

En 2004, ils rencontrent Elon Musk à Los Angeles, qui décide d'investir dans Tesla Motors et devient ainsi le plus gros actionnaire de l'entreprise. Eberhard, Tarpenning et Musk décident d’appeler leur première voiture « Roadster », qu’ils prévoyaient de livrer début 2006. La société réussit la construction de deux prototypes de la voiture et réalise des avancées techniques autour des batteries et d'autres pièces technologiques, mais sa carrosserie posait des problèmes de forme et de fonction.

Après beaucoup de travail, Tesla construit une version noire du Roadster appelé EP1 (Engineeing Prototype One) et en 2006, lors du Pebble Beach Concours d'Elegance, vitrine célèbre des automobiles exotiques, la société installe un stand où des dizaines de visiteurs signent leur chèque de 100 000 dollars pour pré-commander leur exemplaire. Tesla avait prévu de livrer le Roadster en 2007, mais sa production était paralysée à cause du coût exorbitant de la voiture ainsi que des problèmes liés au système de transmission. « Et beaucoup d'acheteurs jusque-là fanatiques, qui avaient versé de grosses avances, se retournaient contre le Roadster, las d'attendre une livraison qui ne venait pas » (p. 159). Musk accorde des interviews promettant que le Roadster serait livré aux clients début 2008, mais la société se trouvait à court d'argent.

Pour sortir Tesla de cette mauvaise passe, Elon Musk se met à vendre des biens précieux. La vente de sa McLaren lui permet de dégager de la trésorerie et au lieu de révéler à ses salariés la situation financière de la société, il les incite à faire de leur mieux et supervise personnellement tous les achats. En 2009, une fois les problèmes de production du Roadster réglés, la marque trouve son rythme et réussit à vendre 2500 Roadsters de 2008 à 2012. Les poches pleines, Musk entreprend des travaux de recherche et développement d’une berline haut de gamme. Le prototype de la Model S WhiteStar est dessiné par Franz von Holzhausen, ancien designer pour Mazda Motor of America. Le premier prototype est ensuite présenté lors d’une conférence de presse en mars 2009 et un an plus tard, Tesla acquiert l’ancienne usine d’assemblage de General Motors à Fremont, en Californie, ce qui lui permet d’entamer la production industrielle de la Model S.

En septembre 2012, Elon Musk annonce le lancement d’un réseau de superchargeurs ultra-rapides, accessibles gratuitement et de manière illimitée, pour la Model S. Le 30 mars 2015, Elon Musk publie un tweet concernant le lancement d’un nouveau produit où il laisse entrevoir qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle voiture. Quelques secondes plus tard, le cours de la bourse de Tesla Motors augmente de 4% et clôture à 191 dollars.

La valeur de la société a donc augmenté de près d’un milliard de dollars grâce à un message de 115 signes.

5. La théorie du champ unifié de Musk

En 2006, les frères Peter et Lyndon River, cousins d’Elon Musk, fondent SolarCity à San Mateo, en Californie. Musk assiste ses cousins dans la création et le développement de la société qui installe des panneaux solaires aux États-Unis et en devient le président. L’entreprise d’énergie solaire offre ses services dans 27 états qui se trouvent principalement au sud-ouest et au nord-est du pays et possède plus de 90 centres d’opération.

De plus, elle est également présente dans le chargement de véhicules électriques grâce à un système conçu par Elon Musk où ses sociétés sont interconnectées à court et à long terme, ce qui lui permet de mutualiser les ressources, d’optimiser les coûts et de rentabiliser les technologies mises au point d’une société à l’autre : « SolarCity est en outre une pièce capitale de ce que l’on pourrait appeler la théorie du champ unifié de Musk. Tesla et SpaceX s’aident aussi mutuellement, en échangeant des connaissances sur les matériaux, les techniques de fabrication et les arcanes du fonctionnement d'usines construites à partir de zéro » (p. 288).

Enfin, dernier exemple de cette mutualisation, en juin 2016 Tesla Motors annonce l’acquisition de SolarCity pour deux milliards de dollars, ce qui suit le même principe de la théorie du champ unifié d’Elon Musk.

6. Conclusion

Admiré pour ses prouesses dans le domaine de l’aérospatiale, de l’automobile et de l’énergie solaire, mais décrié pour ses méthodes d’encadrement de son personnel, l’entrepreneur américain Elon Musk apparaît comme le candidat le plus probable pour succéder à Steve Jobs dans le rôle de force directrice des technologies de la Silicon Valley.

D’après Ashlee Vance, « ses réussites sont dues en partie à son obsession du détail et à son implication dans tout ce que ses sociétés font » (p. 199).

Néanmoins, son interventionnisme à tous les étages peut s’avérer insuffisant pour couronner de succès son ambitieux projet d’établir une colonie martienne de plus d’un million de personnes d’ici 2060.

7. Zone critique

En 2015, Ashlee Vance publie la plus célèbre biographie du cofondateur de Tesla Motors, mais celui-ci n’apprécie absolument pas le récit et se prononce à ce sujet sur Twitter : « le livre d'Ashlee n'est pas rigoureux. Il doit être considéré avec scepticisme ». Selon L’Express, l’entrepreneur de la Silicon Valley s’est prononcé sur le réseau social au sujet du licenciement d’une employée : « Ashlee Vance raconte que Mary Beth Brown, assistante d'Elon Musk pendant douze ans chez Space X, aurait été licenciée après avoir demandé une réévaluation de son salaire. Musk lui aurait demandé de prendre un congé de deux semaines, temps pendant lequel il aurait lui-même assumé ses responsabilités pour se rendre compte si elle était essentielle à sa réussite ». L’anecdote a été reprise en 2017 par le Business Insider et a fait grand bruit sur internet. Sur Twitter, le patron de Space X poste alors un message dans lequel il affirme que la biographie est «en grande partie correcte », mais aussi « truffée d'erreurs et de faits jamais vérifiés », malgré de « nombreuses demandes » de sa part. Le journaliste n’aurait pas pris en considération les requêtes d’Elon Musk afin de vérifier ses sources.

Par ailleurs, concernant le grand projet de Musk, selon la journaliste scientifique Nadia Drake, « installer des humains sur Mars pose de nombreux problèmes éthiques que Musk n'aborde pas. Le plus important peut-être étant que l'homme pourrait contaminer la planète en introduisant des microbes qui n’existent pour l'instant pas dans ce monde. Cela pourrait condamner la vie qui s'y trouve ou nous prévenir de constater la présence même de vie extraterrestre ».

Le corps humain étant composé à 57 % de micro-organismes, envoyer des hommes sans leurs microbes serait alors impossible. Selon Thomas Jestin, auteur du livre Pourquoi Elon Musk ne doit pas envoyer l'Homme sur Mars, les occasions de contamination sont nombreuses: « les microbes les plus résistants finiraient par atteindre les possibles habitats existant en surface et possiblement y redémarrer leur métabolisme. Le risque est qu'ils « noient » les traces de vie passée, qu'ils tuent directement ou indirectement la vie martienne actuelle ou en devenir ».

Conquérir la planète rouge entraînerait à tort une destruction de toute forme de vie existante. Ce paradoxe rappelle le principe de destruction créatrice de l’économiste autrichien Joseph Schumpeter, qui consiste en un processus de disparition des secteurs d'activité économique conjointement à la création de nouvelles activités productives. Le processus étant identique à l’établissement d’une colonie sur Mars afin de garantir la survie de l’espèce humaine, le projet d’Elon Musk engendrerait un point de rupture sans précédent : la disparition des espèces inexplorées au profit de la pérennité humaine.

8. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– Ashlee Vance, Elon Musk Tesla, Paypal, SpaceX : l'entrepreneur qui va changer le monde, Paris, Éditions Eyrolles, 2016.

Autres pistes

– É. Andriol, J. Bissonnette, L.C. Hamelin, G. Lavoie, IND8122 : Analyse financière et industrielle, Étude de cas : Solarcity, Polytechnique Montréal, 2016 : 8-14.– « Elon Musk dément avoir licencié une assistante car elle demandait une augmentation », L’Express, 2017. Consulté sur : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/elon-musk-dement-avoir-licencie-une-assistante-car-elle-demandait-une-augmentation_1934955.html– Thomas Jestin, « Pourquoi Elon Musk ne doit pas envoyer l'Homme sur Mars », L’Express, 2016. Consulté sur : https://www.lexpress.fr/actualite/pourquoi-elon-musk-ne-doit-pas-envoyer-l-homme-sur-mars_1837162.html– Jérôme Marin, « Le rachat de SolarCity par Tesla ne convainc pas », Le Monde, 2018. Consulté sur : https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/05/05/le-rachat-de-solarcity-par-tesla-ne-convainc-pas_5294759_3234.html– Drake Nadia, Elon Musk : « Dans 7 ans, SpaceX pourra envoyer des hommes sur Mars », National Geographic, 2017. Consulté sur : https://www.nationalgeographic.fr/espace/elon-musk-dans-7-ans-spacex-pourra-envoyer-des-hommes-sur-mars

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