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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Culture numérique

de Dominique Cardon

récension rédigée parThomas ApchainDocteur en anthropologie (Université Paris-Descartes)

Synopsis

Société

Le développement de l'ordinateur personnel débute en 1995. Moins de vingt ans plus tard, 85% de la population française possède une connexion Internet. Le numérique s'est développé « beaucoup plus rapidement qu'elle n'a adopté l'électricité, la télévision et le réfrigérateur » (p. 88). Conséquence de ce développement sans précédent : il nous est difficile de saisir l'histoire numérique dans son ensemble et son fonctionnement nous semble parfois opaque, trop difficile à comprendre à moins d'être un spécialiste. Pourtant, l'impact du numérique se fait sentir dans tous les domaines de la vie sociale. C'est pourquoi Dominique Cardon propose de nous aider à nous constituer une culture numérique.

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1. Introduction

Culture numérique est un ouvrage original tant du point de vue de son ambition : aborder l'histoire numérique dans son ensemble, que de sa forme. Chaque chapitre de l'ouvrage, qui nous mène de l'invention des premiers ordinateurs aux dernières innovations de l'intelligence artificielle, est agrémenté d'une liste de contenus (articles, vidéos, graphiques) permettant d'approfondir l'exposé. Si la dimension pédagogique du livre de Dominique Cardon est si forte, c'est à la fois parce qu'il est le résultat de plusieurs années d'enseignement et parce qu'il entend aider le lecteur à se forger une « culture numérique ». Selon le sociologue, il est en effet impératif que nous soyons en mesure de comprendre plus efficacement le fonctionnement de nos univers numériques. L'ouvrage s'organise autour d'une double question, traitée sans manichéisme tout au long du texte : que fait-on avec le numérique ? Et qu'est-ce que le numérique fait de nous ? Pour y répondre, Dominique Cardon n'évite pas la complexité qui fait d'Internet tantôt un formidable outil de démocratisation, tantôt un instrument de domination. Il identifie trois « lignes de force » de la révolution numérique : l'augmentation du pouvoir des individus, l'apparition de formes collectives nouvelles et la redistribution du pouvoir et de la valeur. Pour le pire et pour le meilleur, ces trois éléments sont constitutifs de l'histoire du numérique.

2. L'esprit des pionniers d'Internet

Pour se forger une culture du numérique, il est d'abord nécessaire de connaître son histoire. Aussi, les premiers chapitres du livre de Dominique Cardon y sont consacrés. Il ne s'agit pas, ici, d'une histoire événementielle mais plutôt d'une vision d'ensemble laissant la part belle aux innovateurs et à leurs histoires, qui donne à voir les grandes lignes culturelles et idéologiques des évolutions numériques. Cette histoiretémoigne d'une ambiguïté permanente. Pour Dominique Cardon, l'histoire d'Internet « a ceci de particulier qu'elle associe, dès sa naissance, le contrôle et la liberté » (p. 24). Cette tension originelle est une clef essentielle de compréhension de la culture numérique, elle continue de s'exercer. Elle naît de la rencontre de deux pôles d'initiateurs de l'invention d'Internet. D'un côté, l'armée fut le premier initiateur, et financeur de la recherche en informatique qui répondait alors à des enjeux de défense et de contrôle.

Mais, de l'autre, ce sont les universitaires qui, en conservant une indépendance malgré des budgets principalement militaire, ont développé le numérique. Au contact des héritiers du mouvement hippie, ces nouveaux outils ont été imprégnés par l'influence de la contre-culture des années 1970. L'esprit libertaire qui anime les chercheurs dès les premiers temps du numérique donna naissance aux hackers, formant un troisième groupe historique d'innovateurs actifs. Ces derniers sont les représentants d'une défiance à toute forme de contrôle et de propriété dans les mondes numériques. Ils maintiennent l'utopie Internet, celle d'un nouveau projet de connaissance par et pour tous. L'innovation informatique se fait, en principe comme en fait, sur la base de la coopération. Ce principe touche d'abord les logiciels, suites d'instructions conçues par les informaticiens pour permettre de réaliser tel ou tel type d'opérations, qui ne font pas l'objet de brevets mais sont librement échangés. Surtout, les programmes sont conçus comme des textes ouverts que chacun peut modifier dans le but de l'améliorer. Le principe du logiciel libre sera retranscrit dans le web avec le pouvoir accordé à tout internaute de créer un site et de le connecter au réseau. L'une des inventions majeures revient, dans ce domaine, à Tim Berners-Lee qui entreprend de donner une adresse aux documents (URL) et de les mettre en réseau par de liens bleus nommés « hypertextes ». L'utilisateur ne doit plus, dès lors, passer par une communication avec une machine. Il navigue de site en site par l’intermédiaire des liens hypertextes.

C'est ce principe de mise en réseau des adresses qui crée le World Wide Web. Fait décisif, l'ensemble du Web, avec ses logiciels et son code source, est versé dès 1993 dans le domaine public par Tim Berners-Lee et le CERN (où il a été inventé). C'est cette décision, dictée par des principes libertaires de la création d'Internet, qui va faciliter l'expansion rapide du Web.

3. La politique à l'heure du numérique

L'utopie politique est au cœur des premiers développements numériques alors conçus comme l'opportunité d'augmenter le potentiel de l'humanité et un moyen de restructurer le fonctionnement politique de la société. Dominique Cardon tente d'évaluer les réussites du projet politique des pionniers d'Internet en s'intéressant d'abord aux effets de la révolution numérique sur la structuration de l'espace public.

L'espace public traditionnel est caractérisé par le rôle des gatekeepers qui filtrent l'information à destination des citoyens, ils décident de ce qui est discuté et de qui peut s'exprimer. La révolution numérique réforme en profondeur cette conception de l'espace public, elle augmente les capacités d'expression des individus comme, d'ailleurs, ses facultés et expressions créatives (musique, écriture, peinture, etc.). La reconfiguration de l'espace public, notamment par le rôle des réseaux sociaux dont Dominique Cardon propose une typologie, possède des effets sur le domaine politique. La contestation des autorités, politiques ou médiatiques, est inscrite dans les principes même du développement d'Internet. Dans son prolongement, les réseaux sociaux engendrent de nouvelles formes de participation politique.

Enfin, les médias traditionnels sont concurrencés par le numérique, en particulier sous l'effet de la publicité qui a migré de la presse écrite vers le Web. La question brûlante des fake news montre une autre facette de cette concurrence et de la défiance des mondes numériques envers les médias traditionnels. Cependant, Dominique Cardon invite à relativiser l'importance accordée aux fake news en observant leur place, somme toute réduite, dans un espace public numérique dont la taille est en réalité bien plus grande que ce que nous pouvons concevoir.

De manière générale, l'idée d'une crise des autorités traditionnelles dans les domaines politiques et médiatiques est contestable. Si la sphère politique est traversée par l'émergence d'une démocratie numérique et les partisans des Civic Tech, « les États, les médias et les partis politiques restent au cœur de son fonctionnement. Ils ont, eux aussi, progressivement trouvé leur place dans les mondes numériques dont ils sont devenus les acteurs majeurs.» (p. 217). Ce maintien certain de l'autorité traditionnelle doit aussi s'expliquer à l'aune de la « loi de puissance » qui énonce que seule une partie infime des contenus publiés sur Internet sont réellement consultés : « 1% des contenus attire plus de 90% de l'attention des internautes» (p. 148). Le jeu politique n'est donc pas tout à fait modifié par le numérique.

Selon Dominique Cardon, « souvent bousculés par la nouveauté numérique, les commentateurs ont tendance à oublier que la télévision et les grands médias, même s'ils utilisent de plus en plus les outils numériques pour ce faire, restent les principaux espaces de débat lors des campagnes électorales, et de très loin » (p. 235)

4. « Nouvelle économie » et économie du partage

Si Internet naît comme une utopie politique, le Web se présente rapidement comme « la promesse marchande de révolutionner la vieille économie et les marchés traditionnels » (p.91). La première monétarisation du Web se développe avec les fournisseurs d'accès qui font payer les connexions à Internet. Mais ce sont surtout les e-commerces qui vont constituer la « nouvelle économie ». Celle-ci est fondée sur l'idée des bénéfices de la désintermédiation. Les biens autrefois vendus à travers des réseaux de magasins sont désormais commercialisés sur Internet, couper la chaîne des intermédiaires étant censé faire baisser les coûts de commercialisation et, in fine, les prix de vente.

Cette « révolution » économique par le numérique doit aussi s'accompagner de modifications profondes du travail. On croit à un travailleur plus indépendant, on imagine la généralisation du télé-travail, le modèle start-up s'impose comme un idéal. Mais la « nouvelle économie » est avant tout un phénomène boursier que Dominique Cardon qualifie de coup de bluff pour la séduction des marchés. En effet, c'est sur la cotation boursière que fleurissent les premières grandes entreprises numériques, mais leurs bénéfices réels sont bien loin des sommets qu'elles atteignent en Bourse. Aussi, la « nouvelle économie » s'effondre au début des années 2000. Le modèle qui va aboutir à l'économie de plateforme et consacrer les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple, parfois appelés GAFAM avec l'ajout de Microsoft) prendra une direction différente, tirant profit des particularités de la vie numérique. Car la nouvelle communication ouverte par Internet favorise des phénomènes d'intelligence collective dont l'un des exemples, donné par Dominique Cardon, est Wikipedia.

En effet, Wikipedia substitue à l'encyclopédie rédigée par des experts un agrégat de contributions des utilisateurs encadrées par des règles simples : « Les participants ne sont pas compétents, ils le deviennent parce qu'ils s'obligent à respecter des procédures qui mobilisent leur intelligence » (p. 131). Wikipedia est, en cela, représentatif du principe fondateur d'Internet, celui de l'accès ouvert à chacun des utilisateurs à la modification du site. Et Wikipedia est aussi un représentant du modèle génératif d'Internet, il est un logiciel libre qui permet de générer collectivement un bien commun. Le modèle génératif, dont la valeur augmente à mesure de la participation des utilisateurs, est aussi celui de la plupart des réseaux appartenant à une économie de partage (troc, service, hébergement, covoiturage, etc.).

À ce modèle, génératif donc, s'oppose le modèle extractif. L'économie des plateformes, devenue rapidement l'une des plus importantes du monde, dépend de ce principe, c'est-à-dire de l'extraction et de la monétarisation de l'intelligence collective des internautes.

Pour Dominique Cardon, si l'on prend en considération ces deux formes de production nées de la mise en relation des internautes, « toutes les ambiguïtés des mondes numériques se laissent percevoir : avec une infrastructure de réseaux entre individus, on peut faire de la coopération ou du marché » (p.139). Et c'est bien la captation par les plateformes des effets et des produits de cette participation collective qui va constituer l'économie numérique telles que nous la connaissons aujourd'hui à travers la puissance des GAFA.

5. Économie des plateformes

L'économie de plateforme a conféré aux GAFA son nouveau statut de géant de l'économie mondiale. Aujourd'hui, « à la bourse de Paris, la totalité des capitalisations boursières du CAC 40 est désormais inférieure à celle des quatre GAFA » (p. 293). Pourtant, Dominique Cardon remarque que les GAFA ne créent que peu d'emplois. Leur capital est constitué par la participation des internautes mis en réseaux sur leur plateforme.

Il s'agit d'un modèle nouveau, révolutionnant l'économie classique et qui se développe à partir de trois lois. La loi des rendements croissants constitue la première spécificité des plateformes. Elle désigne le fait que l'augmentation du nombre de clients améliore systématiquement la qualité des services sans faire augmenter les coûts.

Elle est liée directement à la deuxième loi, celle des effets de réseaux, qui définit la relation entre l'accroissement de la valeur du service relative à la croissance du nombre d'utilisateurs. La réduction des coûts de transaction grâce à la réduction du rôle des intermédiaires ou à la sécurisation de la transaction en ligne permet de décupler les effets de réseaux par le maintien de prix attractifs. Pour Dominique Cardon, les effets de réseaux « engendrent un modèle économique dont la tendance est fondamentalement monopolistique » (p.297). Ici apparaît la troisième loi, celle du winners take it all (les vainqueurs emportent tout).

En effet, chaque marché de l'économie numérique est dominé par une entreprise qui exploite mieux que les autres les effets de réseaux : Google écrase les autres moteurs de recherche en affinant son référencement par l'utilisation de données d'utilisateurs nombreux ; Facebook profite du fait que, pour être en relation avec nos amis inscrits, nous ne pouvons pas passer par un autre réseau social, etc. La concrétisation monétaire de l'exploitation d'effets de réseaux par les plateformes prend des formes variées : abonnements (Netflix), commissions (Amazon, Uber) vente de logiciels (Microsoft) ou de terminaux (Apple). Mais le modèle dominant reste celui de la publicité qui représente 90% des revenus de Google et 97% de ceux de Facebook. Le succès de la publicité numérique (qui représente une dépense mondiale de 80 milliards de dollars en 217) qui a supplanté économiquement celle de la télévision s'explique par l'automatisation de la publicité, notamment par l'utilisation du cookie qui permet de tracer la navigation des internautes et donne lieu à une enchère automatique, dont la durée est inférieure à 100 millisecondes. Le principe de gratuité, fidèle à la culture originelle d'Internet, est maintenu en apparence par ce type de commercialisation.

Pour Dominique Cardon, « la gratuité, au cœur de très nombreux services d'internet pour les utilisateurs, est en réalité la stratégie commerciale d'un modèle économique qui monétise sur un autre marché le volume et l'activité d'utilisateurs qui ne payent pas » (p. 308). C'est là que réside une part importante de la puissance des plateformes : dans l'extraction et la commercialisation, entièrement automatisées, de l'activité et des données personnelles des utilisateurs.

6. Algorithmes et big data

Les données personnelles, constituées par les traces de navigation des internautes forment une mine intarissable d'informations. Elles font la richesse des GAFA et cristallisent les inquiétudes des utilisateurs. Sur le plan concret, elles constituent désormais un ensemble absolument inimaginable. Pour qualifier ce phénomène – celui d'un Web dont la taille est devenue incalculable – on parle parfois de big data.

L'amplitude du Web est telle que, sans outils pour classer ses données et générer un ensemble apte à les rendre intelligibles, nous ne pourrions pas nous y orienter efficacement. C'est le rôle des algorithmes dont une part de plus en grande de nos vies numériques dépend, sans quoi elles ne pourraient avoir aucun sens. Les algorithmes sont les nouveaux gatekeepers (à comprendre comme filtres) de l'information, mais ils ne sont pas neutres et dépendent des intérêts de ceux qui les programment. Aussi, la compréhension de leurs principes et de leurs effets est un point essentiel de la culture numérique que Dominique Cardon nous invite à forger.

Les algorithmes opèrent, dans l'océan infini du Web, une sélection sur la base de calculs structurés par quatre principes : popularité, autorité, réputation et prédiction. Le principe de popularité est celui de la mesure de l'audience que l'on retrouve également dans les médias classiques. Il s'agit d'utiliser un algorithme qui ordonne et hiérarchise les sites en fonction de leur popularité, c'est-à-dire de la fréquence des clics par utilisateur.

Le second principe, aussi ancien et qui a fait le succès du PageRank de Google, est celui de l'autorité. Ici, il s'agit de calculer la mise en réseau des sites à partir des liens hypertextes. Les sites les mieux placés dans une hiérarchie type Google le sont grâce à la fréquence à laquelle ils sont cités dans d'autres sites. Les deux autres principes, réputation et prédiction, rompent avec l'idée d'établir un classement pour tous et visent à leur personnalisation. Ils sont donc étroitement liés à l'exploitation des données personnelles. Le principe de réputation se comprend mieux à travers l'exemple du like sur les réseaux sociaux du type de Facebook. Le référencement de l'information dépend du nombre de like qui y sont apposés par les utilisateurs.

Contrairement à l'autorité, qui calcule la mise en réseau naturelle des sites, la réputation est façonnable, elle contribue à l'identification « d'influenceurs » qui possèdent la capacité de relayer le plus largement l'information par le biais du like qui affiche automatiquement l'information dans leur réseau personnel. Enfin, le principe de prédiction a fait naître un type d’algorithme qui, à partir de l'exploitation des données personnelles, filtre l'information de manière à la restituer sous une forme personnalisée. En accédant aux données de navigation d'un internaute puis en les comparant à celles d'autres utilisateurs dont la navigation est similaire, l'algorithme produit des recommandations, « le futur de l'internaute est prédit grâce au passé de ceux qui lui ressemblent » (p. 381). Dominique Cardon présente les algorithmes comme un danger qui menace les principes fondateurs d'Internet. Pour lui, si l'histoire du Web montre qu'il se façonne par le bas, la situation actuelle met en évidence un phénomène de fermeture par le haut. Les effets des algorithmes sont nombreux en ce sens. Déjà, ils créent un phénomène de rétrécissement en bulles d'un Web pourtant théoriquement infini : « On considère que 95% de nos navigations se déploient sur seulement 0,03% des contenus numériques disponibles » (p. 356).

Mais, plus grave encore, ils ouvrent la possibilité d'une surveillance qu'exercent à la fois les marchés et les États. Dans cette perspective, Dominique Cardon évoque les aspirations des internautes à obtenir des GAFA une plus grande transparence quant à l'utilisation des algorithmes.

7. Conclusion

Il apparaît à la lecture de cet ouvrage que la « culture numérique » n'a rien d'homogène. En relevant le défi, rarement entrepris, de saisir cet objet dans son ensemble, il pointe une tension permanente entre liberté et contrôle. D'un côté, l'histoire d'Internet est celle d'une innovation par le bas, d'une expérience collaborative. L'open source et le logiciel libre sont, dans cette perspective, inscrits dans l'ADN numérique. Chercheurs, hippies, hackers sont les pionniers d'Internet, ils le conçoivent comme un instrument d'augmentation des capacités humaines et un vecteur de liberté pour la société.

De l'autre côté, la révolution numérique est, dès ses balbutiements, traversée par des enjeux de contrôle. Cette tendance s'incarne particulièrement dans le rôle d'initiateur et de financeur qu'a tenu l'armée américaine. Les enjeux financiers s'immiscent rapidement dans le développement d'Internet, au point que l'avènement des GAFA fait office de « fermeture par le haut » (p.421). Mais la tension originelle est toujours vivace, plus que jamais, il est le lieu d'une lutte pour conserver l'esprit de liberté des pionniers.

8. Zone critique

La pédagogie de Dominique Cardon et son talent pour éviter des oppositions manichéenes qui obstruent l'analyse générale du phénomène numérique constituent la réussite de cet ouvrage.

L'histoire du numérique et l'analyse de ses multiples effets sociaux couvrent un champ si grand que d'autres ouvrages sont nécessaires afin de compléter son travail. Un cadre analytique permettant de saisir dans son ensemble un objet caractérisé par son hétérogénéité, son perpétuel changement et l'activité de ses marges reste à forger efficacement dans son sillon.

9. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Culture numérique, Paris, Presses de Science-Po, 2019.

Du même auteur– La démocratie Internet : promesses et limites, Paris, Seuil, 2010. – Avec Fabien Granjon, Médiactivistes, Paris, Presses de Sciences Po, 2010. – À quoi rêvent les algorithmes. Nos vies à l'heure des big data, Paris, Seuil, 2015.

Autres pistes– Dominique Boullier, Sociologie du numérique, Paris, Armand Colin, 2014. – Félix Trèguer, L'utopie déchue. Une contre-histoire d'Internet XVe-XXIe siècle, Paris, Fayard, 2019.

© 2020, Dygest