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Petit traité de vie intérieure

de Frédéric Lenoir

récension rédigée parAnne-Claire DuchossoyDoctorante en littérature française (Universités de Bordeaux Montaigne et Georg-August Göttingen).

Synopsis

Développement personnel

Petit traité de vie intérieure est un ouvrage de philosophie et de spiritualité qui propose non pas un savoir théorique, mais une pratique pour accéder à une vie harmonieuse. Avec des mots simples et des exemples concrets, le philosophe Frédéric Lenoir invite son lectorat à une réflexion profonde sur tous les aspects de sa vie. Ce traité est l’aboutissement de nombreuses années de recherches et d’expériences nourries des plus grands philosophes et penseurs d’Orient et d’Occident.

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1. Introduction

Philosophe, sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir a publié Petit traité de vie intérieure en 2010.

En s’appuyant sur les grands philosophes et penseurs de l’Occident et de l’Orient, il développe vingt thèmes qui lui paraissent indispensables au bonheur intérieur : de l’amour de soi à la non-violence, de la connaissance à l’apprivoisement de la mort en passant par l’amour et l’amitié, il offre matière à réflexion et au changement. Pour lui, le bonheur relève de la vie intérieure et du travail sur soi.

Pour illustrer sa thèse, nous structurerons le discours de Frédéric Lenoir autour de cinq grands axes intimement liés : dans l’infini du monde, la vie intérieure, ce que l’on fait de sa vie, le rapport aux autres et la vie en société.

2. Dans l’infini du monde

Apprivoiser la mort est une clef essentielle à la quête du bonheur intérieur. La sérénité et la paix ne peuvent pas être totales sans l’acceptation de l’inéluctable en en particulier de la mort. Frédéric Lenoir explique que chaque matin, il se dit que peut-être ce sera son dernier jour. Cela lui permet alors de vivre pleinement sans se trahir ni renier ses valeurs. Dire « oui » à la vie et l’accepter comme elle est, voilà le secret ! Il est fortement possible de modifier des aspects, d’en améliorer d’autres, mais être profondément heureux, c’est accepter l’inéluctable.

Dans cet infini qu’est le monde, il est nécessaire d’accéder à la connaissance et au discernement. Notre auteur commence par rappeler que pour Socrate et d’autres penseurs « l’ignorance est la cause de tous les maux » . Le discernement est plutôt instinctif même si dans nos sociétés actuelles nous avons tendance à ne plus suivre notre instinct. Il existe aussi le discernement raisonné qui permet de s’affranchir des idées fausses et des préjugés. Mais pour apprendre, il faut déjà désapprendre. Le premier pas est de douter et de prendre de la distance avec ce que l’on nous a transmis. Reconnaître qu’on ne sait pas grand-chose est difficile, et la quête de la vérité rend solitaire, mais plus heureux.

Si nous vivions enfin ici et maintenant ? Les traumatismes du passé et la peur de l’avenir sont un frein au présent. Selon le philosophe, se remémorer sans cesse les bons et les moins bons souvenirs n’est pas une chose à faire ! Regrets, remords, amertume sont des poisons tout comme la peur de l’échec dans le futur : ces sentiments polluent et empêchent de vivre pleinement le moment présent. Il faut développer le pouvoir de la pensée positive !

Sans oublier d’évoquer le célèbre Carpe Diem, Frédéric Lenoir conclut son propos en citant Marc Aurèle : « Ne te laisse pas troubler par la représentation globale de toute ta vie » . Mais dans ce monde et ce temps infinis, il existe une chose qu’il ne faut surtout pas ignorer : la beauté ! Pour notre auteur, la beauté est partout dans la nature, partout autour de nous et il est important de la contempler et de l’admirer. Le philosophe la considère source de bonheur.

3. La vie intérieure

Le silence et la méditation sont des points essentiels à la quête du bonheur. Dans notre société bruyante et agitée, le silence et la solitude sont souvent anxiogènes. Pourtant, ils sont nécessaires, car accorder du repos à son esprit c’est lui permettre de s’apaiser loin des tensions. C’est la méditation qui permet d’accéder au silence intérieur. En position assise de préférence, le dos bien droit, il suffit de fermer les yeux, de se concentrer sur sa respiration et de « laisser filer les pensées, c’est-à-dire les observer de la même manière que lorsqu’on est dans un train on observe le paysage. » , de se détendre et d’entrer en contact avec son corps et son esprit.

Ainsi, la méditation permet entre autres de ne pas se laisser submerger par des choses négatives et donc de créer une mise à distance.

Frédéric Lenoir invite le lecteur à s’approprier cette illustre citation de Socrate « Connais-toi toi-même ». Il ne s’agit pas seulement de se connaître soi-même et d’apprendre à gérer ses émotions et sa vie, il s’agit en fait de connaître tous les humains et ainsi de développer la compréhension et le non jugement. Pour prétendre au bonheur, il faut également tendre à l’acquisition des vertus.

Le philosophe explique ici que le bonheur se trouve dans une modération, un juste milieu : il ne s’agit en aucun cas de s’accorder tous les excès, ou de ne s’accorder aucun plaisir. Prudence, tempérance, courage, justice, vertu de la parole, foi, espérance et amour, voici quelques vertus venues d’Aristote, des Tibétains ou encore de la chrétienté. Être vertueux est l’une des clefs du bonheur, mais il faut le désirer. Il faut avoir le profond désir de réguler ses passions et ses excès lorsque ceux-ci deviennent problématiques et rendent malheureux. Ceci demande de l’entraînement : il ne faut surtout pas abandonner au premier échec !

Notre philosophe explique qu’il faut également devenir libre. Il rappelle qu’en Occident – contrairement à d’autres régions du monde – les gens ont la possibilité de décider de leur vie : choix professionnels, choix personnels, choix maritaux, choix religieux et spirituels… Mais cette liberté ne suffit pas, car l’homme est victime de sa propre aliénation : aliénation à ce qu’il refoule, à ce qu’il ne réussit pas à gérer (ses passions comme ses désirs et ses liens conscients ou non conscients). La liberté intérieure est donc un point important à acquérir.

L’auteur explique aussi que les sociétés modernes offrent trop de choix et que cela nuit à la possibilité d’être soi-même et donc d’être libre… L’ amour de soi et la guérison intérieure sont aussi des piliers essentiels du bonheur. « Sans estime de soi, on ne peut pas estimer les autres ; sans respect de soi, on ne peut pas respecter les autres. Sans amour de soi, on ne peut pas aimer les autres. L’apprentissage de la relation à soi est donc la condition de l’apprentissage de la relation aux autres. » Les blessures narcissiques – qui entraînent un schéma de répétition – peuvent être guéries par un accompagnement thérapeutique et par l’amour.

Il n’est pas toujours évident d’apprendre à s’aimer lorsque le passé a laissé de fortes blessures, mais grâce à son expérience personnelle, Frédéric Lenoir peut l’affirmer : il est possible de surmonter ses traumatismes et même de développer son être et ses qualités grâce à ses blessures.

4. Ce que l’on fait de sa vie

Comment être responsable de sa vie ? La passivité n’est pas la solution, l’implication totale oui. Être responsable de sa vie c’est arrêter se de positionner en victime, c’est arrêter de penser que c’est toujours la faute des autres, c’est arrêter d’attendre que les autres fassent à notre place.

Frédéric Lenoir utilise l’expression de « victimisation-déresponsabilisation » pour décrire le comportement et la mentalité de nombre de citoyens. Il faut être responsable de soi-même, des choix que l’on fait pour soi, mais il faut également être responsable des paroles et des actes qui impliquent les autres. Lorsqu’une erreur est faite, il faut alors la reconnaître et tenter de la réparer. Après avoir fait référence à l’abbé Pierre, le philosophe rappelle que le bonheur vrai ne peut pas exister si l’on ne tente pas un peu « de participer au recul de la souffrance et à l’avènement d’un monde meilleur » . Être responsable de sa vie revient au final à être responsable de LA vie.

Il est également question d’agir et de non agir. L'auteur évoque l’épanouissement de l’esprit par le travail, mais il ne parle pas uniquement de travail lucratif, mais de toutes sortes de travaux manuels ou intellectuels qui sont gages d’un équilibre certain. Agir c’est être en action sur le monde. Maintenant, il ne faut pas confondre action et hyperactivité : pas assez d’action ou trop d’action reviennent au même et ne sont absolument pas positifs pour l’être humain. Non agir c’est savoir se reposer, avoir des occupations futiles sans objectifs, s’accorder du répit, relâcher son corps et son esprit. Il s’agit de prendre « le temps… de ne rien faire ! » tout simplement ! Pour une vie épanouie, il faut équilibrer l’action et la non action !

La société moderne pousse à la performance et au succès. L’échec est alors malvenu, et par conséquent mal vécu poussant même à la dépression. Le message du philosophe est clair : pour lui, l’échec au lieu d’être un drame peut bien au contraire devenir un élément positif. Il faut se positionner face à la vie de façon humble et comprendre encore une fois que rien n’est immuable. Accepter les hauts comme les bas permet de se donner la possibilité d’améliorer ce qui peut l’être. « Considérons d’emblée que la difficulté qui nous frappe n’est pas un drame, mais une occasion de réfléchir à notre vie, de l’appréhender autrement » . Il faut l’entendre : l’adversité est un maître spirituel !

5. Le rapport aux autres

La confiance et le lâcher-prise sont indispensables dans son rapport aux autres. Il est en effet important de faire confiance aux autres. De façon générale, cela permet d’avoir confiance en la vie et en le monde. Pour vivre heureux et avancer, il ne faut pas que la peur domine. « Plus nous voyons les cadeaux de la vie, plus ils viennent à nous. Plus nous percevons le positif de l’existence, plus la vie nous semble belle et lumineuse » Il est impossible de tout contrôler – les évènements comme les comportements des autres –, voilà pourquoi le lâcher-prise est une bonne solution. Avoir confiance en la vie et lâcher prise pour enfin trouver la paix intérieure…

Pour Frédéric Lenoir, l’amour et l’amitié sont des sentiments indispensables. Pour éclairer son propos, il choisit de citer Aristote : « N’être ni sans amis, ni non plus avec des amis en nombre excessif » . L’amitié est une valeur essentielle au bonheur et l’ami est une personne avec laquelle on partage des passions, des projets… L’ami est une personne choisie et non imposée qui se nourrit de réciprocité. Dans le couple, il y a aussi amitié. L’auteur ne pense pas « qu’une relation amoureuse puisse s’établir entre deux amants qui ne sont pas amis » .

Notre philosophe s’arrête un moment sur l’ attachement et le non-attachement. Pour lui, il ne faut pas s’attacher aux objets pour vivre heureux, mais plus encore il faut accepter que rien n’est immuable, que tout change en permanence. Il évoque cette philosophie bouddhiste qui refuse de s’attacher aux choses sans pour autant les rejeter et les mépriser. Par contre, notre auteur n’adhère pas à la conception du non-attachement aux gens. Pour lui, « l’expérience de l’amour et de l’amitié sont une condition à notre épanouissement : l’absence d’amour, donné et reçu, dessèche l’âme » . Il faut accepter que ces liens provoquent aussi de la souffrance lors de la mort des êtres aimés, mais selon lui « le déchirement de la rupture ou du deuil est le prix à payer de l’amour ».

6. La vie en société

Il existe une Règle d’or, adage connu et compris de tous « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas que l’on te fasse. » Finalement cette expression – qui se décline à toutes les époques et dans toutes les civilisations – se pose telle une loi naturelle et devrait donc être la base de toute société et de tout comportement !

La non-violence et le pardon sont des valeurs que Frédéric Lenoir prône. Il s’agit en fait d’apaiser la blessure et d’agir de façon à ce que ça ne se reproduise plus. De plus, le philosophe par divers exemples insiste sur le fait que le pacifisme ne peut que déstabiliser ceux qui attaquent et favoriser alors l’installation du calme et de la sérénité. Chaque jour, il faut faire en sorte dans ses gestes et dans ses paroles d’être non violent, non agressif et surtout de comprendre – donc de pardonner – ceux qui nous blessent. Ces derniers sont souvent eux-mêmes en souffrance.

Plus que de créer une ambiance pacifiste, il faut également s’efforcer de « créer les conditions d’une société harmonieuse et de rapports humains justes et solidaires » . Le partage en est l’un des piliers. Frédéric Lenoir pointe du doigt l’illusion de de penser que le bonheur se trouve dans la consommation et les biens matériels. Cette quête ne peut avoir que des résultats déplorables et sur les consommateurs jamais comblés et sur l’environnement et la planète. Le bonheur est dans l’être, non dans l’avoir, tel est le message du philosophe. Pour terminer, il souligne et rappelle qu’ « accepter de payer beaucoup d’impôts quand on gagne bien sa vie, c’est la première manière de partager » …

Pour terminer, l’humour et le rire sont des vertus indispensables au bonheur intérieur. Selon le philosophe, ce sont des moyens de créer la communion, de rassembler les êtres, de faire tomber toutes les barrières et de dédramatiser des situations…

7. Conclusion

Nourri de découvertes spirituelles, de lectures philosophiques et religieuses, Frédéric Lenoir propose ici le résultat de ce qui l’a aidé à vivre et à se construire. Il ne souhaite en aucun cas se positionner comme un modèle et explique que lui-même ne réussit pas toujours à mettre en pratique tous ses enseignements. Son vœu est simplement d’apporter un peu d’aide à ceux qui suivent ce même chemin du bonheur. Son rapport à soi, la vision du monde et de la vie permettent d’améliorer ses rapports aux autres.

Tous les thèmes abordés par le philosophe sont en lien constant et se font écho au fil des pages : pour être heureux avec les autres, il faut être heureux au plus profond de soi. La connaissance et l’acception du sens de la vie sont les premiers pas vers un bonheur intérieur.

Frédéric Lenoir propose un ouvrage riche de citations philosophiques et spirituelles. En s’appuyant sur les plus grands penseurs, il donne à son Petit traité de vie intérieure une base résolument solide. L’ancrage dans la société contemporaine ainsi que la narration de ses propres expériences donnent du rythme à la lecture. En prologue, son dialogue inédit entre Socrate et Jacques Séguéla est un véritable petit bijou…

8. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Petit traité de vie intérieure, Paris, Pocket, 2012.

Du même auteur– Méditer à cœur ouvert, Flammarion 2018.– La Sagesse expliquée à ceux qui la cherchent, Seuil, 2018.– La Puissance de la joie, Le livre de poche, 2017.

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