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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Devenir hyperconscient

de Jean-Jacques Charbonier

récension rédigée parCatherine Piraud-RouetJournaliste et auteure spécialisée en puériculture et éducation.

Synopsis

Développement personnel

Nous avons tous en nous des capacités extraordinaires telles que la médiumnité, la vision à distance, la voyance, la régression dans des vies antérieures, la télépathie, la guérison ou encore la connexion aux informations divines. En bref, nous pouvons tous devenir hyperconscients. Tel est le message surprenant d’un médecin anesthésiste-réanimateur qui a dédié l’essentiel de sa vie à explorer l’univers des expériences de mort provisoire (EMP) et de la communication avec l’au-delà. Avant de placer plus de 10 000 personnes sous hypnose pour les envoyer à la rencontre de leurs défunts.

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1. Introduction

Il s’agit ici de l’ouvrage d’un des médecins les plus iconoclastes et controversés de sa génération. Jean-Jacques Charbonier écrit sous la casquette principale d’inventeur de la trans-communication hypnotique (TCH), une méthode conçue par ses soins et qui connaît depuis son lancement un succès énorme. Il y rapporte les résultats surprenants et les témoignages inédits des participants à ces ateliers de communication avec l’au-delà.

Des personnes qui, placées sous hypnose, ont pu recevoir différentes informations et, notamment, des messages de leurs proches décédés. Il y dispense aussi le mode d’emploi de cette ouverture de la conscience, nous permettant à tous, si nous le souhaitons, d’atteindre à l’hyperconscience…

2. L’hyperconscience, ou conscience intuitive extraneuronale : une faculté universelle

L’hyperconscience, c’est la faculté d’accéder au monde de l’invisible. Et de maîtriser d’étonnantes informations extrasensorielles, telles que le déplacement dans le temps et dans l’espace, le revécu de vies antérieures, la médiumnité (faculté de communiquer avec les défunts), la télépathie, la connaissance universelle, ainsi que des pouvoirs de guérison que l’on pourrait qualifier de « miraculeux ».Selon Jean-Jacques Charbonier, cette hyperconscience devient maximale au moment de la mort, sitôt que nos neurones cessent leur activité. Cet état peut aussi se réaliser au cours d’une expérience de mort imminente (EMI), ou expérience de mort provisoire (EMP).

Des termes qui recouvrent les récits troublants relatés, depuis une quarantaine d’années (date à partir de laquelle les réanimations cardiaques se sont multipliées), par des personnes revenues d’une mort clinique. Cet état d’hyperconscience est également accessible pendant la méditation, la prière, au cours de certains états transcendants ou encore sous hypnose. Il se révèle notamment lors des ateliers de Trans-communication hypnotique (TCH) mis en place depuis 2015 par l’auteur.

Le moteur de cette hyperconscience ? La conscience intuitive extraneuronale (CIE), un concept développé par Jean-Jacques Charbonier et qui induit l’existence d’une conscience délocalisée, indépendante de la matière cérébrale. Son principe ? Le cerveau agirait non pas comme un émetteur mais plutôt comme un récepteur et ne serait qu’une sorte de filtre réducteur des innombrables informations contenues dans la CIE de chaque individu. « Notre CIE serait notre véritable identité ; notre “moi” unique et éternel, notre conscience immortelle qui voyagerait dans le temps et dans l’espace en s’enrichissant d’expériences multiples au fil de nos incarnations pour nous permettre d’évoluer et de progresser sans cesse » (p.12). La CIE ne serait d’ailleurs pas l’apanage de l’être humain : chaque organisme vivant, animal et même végétal, en serait doté.

3. La communication trans-hypnotique, ou comment se connecter avec l’au-delà

Les ateliers de TCH, mis en place depuis 2015 par Jean-Jacques Charbonier, visent à envoyer, via un procédé hypnotique, les participants dans l’au-delà, à la rencontre de leurs défunts. Le terme de TCH a été choisi pour faire le parallèle avec la trans-communication instrumentale (TCI), une méthode popularisée par le père François Brune, ami de l’auteur décédé en janvier 2019 et qui, de longue date, se servait de différents supports vibratoires pour recueillir les messages des disparus : écrans de TV ou d’ordinateurs, magnétophones ou téléphones.

L’objectif des ateliers de TCH, diffusés en France et à l’international depuis 2015 ? Apaiser les angoisses liées à la mort et soulager les souffrances du deuil grâce aux contacts obtenus avec les proches défunts. Les séances, d’une durée de 4h, rassemblent une quarantaine de participants. Elles s’ouvrent sur la lecture par Jean-Jacques Charbonier de la prière de Padre Pio, un moine et prêtre italien canonisé par l’Église. Puis les « TCHistes » se voient proposer de se rassembler en formant une ronde : un protocole chamanique universel. S’ensuit la phase d’hypnose à proprement parler, d’une durée d’1h30 à 2h. Allongés sur des transats, les participants sont guidés dans leur expérience par la voix de Charbonier, sur fond de musique zen. Cette phase d’hypnose a été conçue en suggérant la séquence événementielle classique des EMP : sortie de corps, envolée vers le ciel, rencontre avec des défunts, approche de la lumière d’amour universel…

La séance se clôt par un moment de partage de ce qui a été vécu. Cette phase est également l’occasion, pour les participants, de remplir un questionnaire retraçant leur expérience. Sur le premier millier de TCHistes étudiés, 669 personnes (67%) ont coché la case stipulant : « J’ai eu la sensation d’être en contact avec un défunt. » « Notre technique s’étant améliorée au fil du temps, nous dépassons régulièrement le seuil des 70% lors de nos séances », affirme Jean-Jacques Charbonier (p.74).

4. Des expériences plus étonnantes les unes que les autres

Les « TCHistes » font état d’un grand nombre d’expériences mystiques. La plus fréquente est la rencontre avec des proches défunts, généralement dans un climat de bienveillance et d’amour particulièrement intense et émouvant pour eux. Les personnes qu’ils ont connues âgées et malades leur apparaissent généralement plus jeunes qu’au moment de leur décès et toujours en forme, comme si la maladie et le handicap n’existaient pas sur l’autre plan. Elles peuvent aussi parfois se présenter vieillies, en particulier lorsqu’il s’agit d’un décès d’enfant en bas âge ou même avant sa naissance. Les animaux familiers défunts sont aussi perçus. Avec, à la clé, au sortir de toutes ces rencontres, une très forte émotion et un important réconfort.

Les perceptions médiumniques peuvent toucher les cinq sens. Les entités peuvent communiquer par la parole (clairaudience) ou par la pensée (télépathie). Elles se livrent parfois à la révélation de secrets de famille, ou donnent lieu à la transmission d’un message : « Je perçois un autre message de leur part : “Tu dois transmettre d’abord à la famille, écris ce que tu vois et dis-leur que nous sommes heureux, nous sommes ensemble, tout va bien et nous vous entourons d’Amour […]. Tout va bien pour nous” », témoigne un TCHiste (p.114). Il arrive que le contact se fasse avec des entités extraterrestres. Il est assorti de messages récurrents sur la nécessité de vivre davantage dans l’amour et de préserver la planète.

À l’instar des « expérienceurs » d’EMI, certains « TCHistes » sont confrontés à la phase ultime de l’hyperconscience : la plongée dans une lumière d’amour inconditionnel. « Au dernier palier, je n’ai ressenti que de l’Amour, de l’Amour inconditionnel et une lumière blanche […]. J’ouvrais mes bras comme pour respirer dans cette lumière et m’imprégner de cet Amour… C’était d’une belle et magnifique douceur, comme si on faisait partie de tout », évoque l’un d’eux (p.116).

L’hypnose rime, pour certains, avec régression dans une ou plusieurs vies antérieures. Certains se revoient dans le ventre de leur mère. D’autres revivent, dans leur chair, des amours oubliées. D’autres encore, à l’inverse, ont des prémonitions troublantes, voyant apparaître un futur compagnon, un métier à venir ou une situation inattendue qui se réalisera plus tard.

5. Des éléments troublants relayées par la science

Jean-Jacques Charbonier est conscient du décalage de son discours avec la communauté scientifique en général, et médicale en particulier. À l’appui de ses dires, il évoque les différents éléments actuellement validés, ou au moins examinés avec intérêt, par la science. La physique moderne est loin d’exclure le concept du futur prédéterminé, communiquant et inscrit dans le présent. Ainsi, le concept d’intrication ou d’enchevêtrement quantique, selon lequel un événement présent pourrait avoir une cause, non pas dans le passé comme à l’accoutumée, mais dans le futur, a été déterminé par Einstein lui-même. Selon l’auteur, c’est « la confirmation que nous sommes tous reliés et que le temps n’existe pas, le futur est déjà là » (p.61).

Si le futur était déjà inscrit, alors il se peut que nos différentes décisions prises avec notre libre arbitre nous mènent, par des routes différentes, aux mêmes résultats, par une série de hasards qui n’en sont pas. En témoignent, selon lui, ces coïncidences troublantes que le psychiatre suisse Carl Gustav Jung nomma « synchronicités » en 1946. Par exemple, le fait de voir un papillon blanc, de rêver de tel parent défunt la veille de la TCH ou encore de voir un cœur se dessiner dans la crème de son café alors qu’on évoque le souvenir d’un être cher…

Quant aux vécus époustouflants des « expérienceurs », ils seraient tout simplement impossibles si l’on considère que le cerveau est l’organe qui produit la conscience et que toutes nos perceptions sensorielles sont attribuées à des fonctions neuronales. De fait, de nombreux « expérienceurs », même en état de mort cérébrale, ont assisté aux manœuvres visant à les ressusciter ou ont été en mesure de décrire parfaitement des scènes précises se déroulant à distance de leur corps durant cette période. La vision à distance (remote viewing en anglais) de médiums a d’ailleurs été utilisée, avec succès selon l’auteur, par la CIA et l’armée américaine dans les années 1990 pour localiser des bases militaires russes.

Par ailleurs, un peu partout dans le monde, divers instituts se spécialisent dans le domaine de la communication avec les défunts, soit pour faire connaître au grand public les différents moyens de contacter le monde invisible, soit pour apprendre à des médiums déjà révélés la manière d’améliorer leurs capacités. La science se penche donc sérieusement sur la possibilité d’une vie après la mort et sur les phénomènes médiumniques.

6. Les bienfaits, voire les miracles, de l’état d’hyperconscience

Jean-Jacques Charbonier est formel : l’état d’hyperconscience peut permettre des guérisons spectaculaires. L’état d’hyperconscience obtenu par la méditation ou l’autohypnose permet de se maintenir en forme ou d’éviter de vieillir trop vite, du fait d’une action démontrée scientifiquement sur le renforcement de notre ADN.

L’hyperconscience pourrait aussi produire des guérisons de pathologies graves, voire désespérées. L’auteur appuie ses dires en racontant sa guérison, aussi mystérieuse que soudaine, d’une blessure à l’épaule à la suite d’un voyage à Lourdes, à l’âge de neuf ans. Une guérison due, selon lui, à la prière. Les « revenants » des EMI constituent parfois des exemples miraculeux de rémission, à l’instar de cette jeune indienne totalement guérie d’un cancer et de ce neurochirurgien américain, sorti du coma sans séquelle après une maladie du cerveau a priori incurable.

La TCH elle-même revêtirait de nombreux effets bénéfiques, certains très à distance (temporelle et géographique) de l’atelier suivi. « Les participants à nos ateliers rapportent souvent se sentir “boostés” et améliorés par leur TCH. Ils ne ressentent plus la fatigue et sont animés d’enthousiasme », assure Jean-Jacques Charbonier (p.167). À l’appui de ses dires, il publie plusieurs témoignages, dont celui d’une femme : « Un gros kyste que j’avais au niveau des ovaires avait disparu très rapidement. Il n’était plus là. C’était sur la zone que j’avais beaucoup sentie chauffer quand, lors de ma TCH, mon arrière-arrière-grand-mère avait apposé les mains » (p.170). La TCH pourrait même aider à arrêter de fumer !

Par ailleurs, il n’est pas rare que des « TCHistes » pensent recevoir des soins énergétiques au cours de leur séance. Durant l’hypnose, ils ressentent des échauffements, des vibrations, des caresses ou des sortes de massages plus ou moins vigoureux dans des zones particulières du corps. Des perceptions si intenses qu’elles en deviennent parfois douloureuses. Elles cessent dès la fin de la séance, tandis qu’apparaît un sentiment de bien-être et de soulagement. Certains se découvrent même, au sortir de l’expérience, des dons de guérisseurs.

7. Comment se connecter à sa CIE

Pour éveiller sa CIE, il faut impérativement faire taire, autant que possible, le pendant rationnel de la conscience : la conscience analytique cérébrale (CAC). L’activité corticale cérébrale est naturellement ralentie dans diverses situations : pendant la méditation, la prière, l’hypnose, l’autohypnose, l’anesthésie générale, le coma ou la mort clinique. Dans ce dernier cas, le cerveau est totalement éteint (électro-encéphalogramme plat) et la connexion à la CIE est maximale.

Plus simplement, au cours de la journée, beaucoup de personnes se connectent à leur CIE sans le savoir : « Elles reçoivent des informations pendant quatre ou cinq secondes mais sont bien incapables de les mémoriser car leur CAC les censure sans même qu’elles s’en rendent compte » (p.147).

On peut également profiter d’une autre période de ralentissement cérébral qui se produit quotidiennement, juste avant l’endormissement. Durant ce bref moment – une trentaine de secondes – on peut éprouver un certain nombre de ressentis : passage de visages de défunts connus ou inconnus, de paysages ou d’objets, entente de sons légers ou voix chuchotées, odeurs ou parfums, perception d’un souffle froid ou d’une caresse sur la joue…

Selon l’auteur, il est également possible d’induire soi-même ce ralentissement de CAC. Pour ce faire, il faut s’isoler dans un endroit calme où l’on ne risque pas d’être dérangé. L’auteur conseille de se placer en position de méditation, assise ou allongée, d’adopter une respiration profonde et de fixer le regard sur un objet, de préférence animé d’un mouvement lent et continu. On peut aussi passer par le MP3 d’autohypnose disponible gratuitement en ligne par ses soins. Le moyen le plus efficace consiste toutefois à utiliser les services d’un hypnothérapeute ouvert et formé à cette approche spirituelle.

8. Conclusion

Jean-Jacques Charbonier l’affirme : au-delà de ses détracteurs, beaucoup de médecins, de psychiatres, de psychologues ou de réanimateurs l’encouragent à poursuivre cette aventure de la TCH. « On peut aisément deviner que la médecine moderne de demain sera plus spirituelle que celle d’aujourd’hui ou ne sera pas », prédit-il (p.196).

Elle sera également holistique, à l’instar de la médecine chinoise, aujourd’hui encore sœur ennemie à bien des égards. Il en est certain : les « éveilleurs » de demain seront ceux qui auront compris que nous sommes tous uniques, mais reliés, à la fois entre nous et au Grand Tout. Une appartenance à l’Univers qui nous rend tous capables de devenir hyperconscients.

9. Zone critique

Un plaidoyer plutôt intéressant et vivant pour l’ouverture de la conscience vers le monde de l’invisible. Toutefois, bien plus qu’à une technique pour devenir clairvoyant ou médium, le lecteur sera confronté au récit, particulièrement complaisant pour ne pas dire prosélyte, de séances de TCH dont, nulle part, il n’est dit qu’elles approchent les 100 euros par personne.

Et à des tunnels de témoignages livrés à l’état brut, sans recul ni, souvent, sans réécriture réelle, ce qui en rend certaines assez indigestes. De fait, on assiste avant tout à l’autocélébration du travail de Jean-Jacques Charbonier. Alors, la TCH, arnaque ou coup de génie précurseur ? Nous le saurons tous un jour, sans doute…

D’ici-là, les lecteurs avides d’informations sur les témoignages de vie après la mort n’en apprendront pas moins dans les premiers ouvrages publiés sur la question, il y a une quarantaine d’années.

10. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Jean-Jacques Charbonier, Devenir hyperconscient, Paris, Guy Trédaniel, 2019.

Du même auteur– J’ai envoyé 10 000 personnes dans l’au-delà, Paris, Guy Trédaniel, 2020.– Contacter nos défunts par l’hypnose. La Trans Communication Hypnotique, une nouvelle thérapie pour le deuil ?, Paris, Guy Trédaniel, 2018.

Autres pistes– Stéphane Allix et Jocelin Morisson, L’Expérience de mort imminente. Une enquête aux frontières de l’après-vie, Paris, La Martinière, 2015.– Dr. Jean-Pierre Jourdan, Deadline, dernière limite, Paris, Les Trois Orangers, 2007.– Dr. Raymond Moody, La vie après la vie. Ils sont revenus de l’au-delà, Paris, J’ai Lu, 2018 [1975].

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