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Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie

de John Maynard Keynes

récension rédigée parBenoît MichaudÉconomiste, titulaire d'un Master 2 en Économie spécialité Politiques Publiques et Développement de la Toulouse School of Economics.

Synopsis

Économie et entrepreneuriat

La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie inaugure la révolution keynésienne. Les idées présentées dans cet ouvrage bouleversent les principes fondamentaux de l’économie classique, en mettant en avant la possibilité de dysfonctionnements dans l’économie de marché. Texte majeur de la discipline, il fait de Keynes la figure tutélaire de la macroéconomie moderne et pour certains, le plus grand économiste du XXè siècle. Modèle de référence de l’après-guerre et pendant toute la période des Trente Glorieuses, le keynésianisme est aujourd’hui au cœur des débats, car nombreux sont ceux qui s’y réfèrent pour trouver les solutions aux conséquences des crises financières et économiques contemporaines.

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1. La révolution keynésienne

Dans les années 1930, les pays développés font face à la Grande Dépression, une crise économique mondiale provoquée par la crise financière de 1929.

L’École néoclassique alors dominante n’est pas à même d’expliquer pourquoi l’autorégulation des marchés ne parvient pas à résorber un chômage important et persistant. Keynes publie alors en 1936 sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie dont l’objet principal est non seulement d’expliquer les causes de ce chômage involontaire, notion alors inconnue par la théorie néoclassique, mais également d’apporter les solutions pour mettre un terme à cette situation de chômage persistant que Keynes qualifie d’équilibre de sous-emploi. Il adopte une approche globale de l’économie en termes d’agrégats et fonde ainsi la macroéconomie moderne.

Certains parlent alors de « révolution keynésienne » tant son analyse remet en cause les principes de l’économie classique qui semblaient jusqu’alors inébranlables : l’autorégulation des marchés, la neutralité de la monnaie, ou encore la loi des débouchés selon laquelle « l’offre crée sa propre demande » (Livre I, Chapitre 3).

2. Le chômage involontaire

Dans la théorie néoclassique, le marché du travail est, comme tout autre marché, autorégulé : l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail se résout par un ajustement du salaire jusqu’au plein emploi.

Selon cette école de pensée, il n’existe que trois formes de chômage : le chômage frictionnel, dû aux délais d’ajustement de la main d’œuvre d’un emploi à un autre, par exemple lorsqu’un individu perd son travail et nécessite un certain temps pour en retrouver un autre ; le chômage structurel, causé par l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail, provenant par exemple de la fixation d’un salaire minimum ; enfin, le chômage volontaire, composé d’individus ne souhaitant pas travailler au salaire d’équilibre du marché. Selon l’École néoclassique, le chômage est donc un phénomène conjoncturel : il ne saurait s’inscrire dans la durée.

Keynes critique la vision classique du marché du travail. Il lui reproche notamment de raisonner en termes de salaire réel (c’est-à-dire le salaire tenant compte du niveau des prix), alors que selon lui, la main-d’œuvre ne prend en compte que le salaire nominal (le montant indiqué sur la fiche de paie). En effet, Keynes affirme que « tout syndicat opposera une certaine résistance à une amputation des salaires nominaux, si faible soit-elle. Mais […] aucun syndicat ne songe à déclencher une grève chaque fois que le coût de la vie augmente » . Dans ces conditions, il met en lumière la rigidité des salaires nominaux à la baisse. En conséquence il ne peut y avoir de parfaite autorégulation du marché.

Durant la Grande Dépression, la situation est celle d’un chômage de masse durable que la théorie néoclassique ne sait expliquer. En effet, l’autorégulation des marchés devrait mettre en adéquation l’offre et la demande de travail par l’ajustement des salaires. Keynes introduit alors dans l’analyse économique une nouvelle forme de chômage : le chômage involontaire.

Il s’agit de la situation dans laquelle un individu souhaite travailler au salaire d’équilibre, mais ne le peut pas, car la demande de travail (ou autrement dit l’offre d’emploi qui émane des entreprises) est insuffisante, l’activité économique étant trop faible. Keynes en déduit que l’autorégulation des marchés ne peut assurer à elle seule le plein emploi. L’économie peut donc se trouver dans la situation d’un chômage important et persistant de nature involontaire, un équilibre de sous-emploi.

3. La demande effective

Selon Keynes, l’une des principales erreurs de l’économie classique est la loi des débouchés énoncée par Jean-Baptiste Say. Cette loi formule qu’un individu qui veut se procurer un bien doit soit le produire lui-même, soit produire quelque chose qu’il pourra échanger contre ce bien : il est producteur avant d’être consommateur.

La production induit une distribution de revenus qui seront soit consommés, soit épargnés pour être investis : il y a donc équivalence entre l’offre et la demande, et il ne peut y avoir de surproduction générale dans l’économie. Keynes résume la loi des débouchés par l’expression « l’offre crée sa propre demande » , et considère que c’est une erreur, car l’épargne peut être thésaurisée et ainsi réduire le niveau de la demande qui n’est par conséquent pas égale à l’offre.

Pour Keynes, c’est la demande et non l’offre qui est le moteur de l’économie. Il définit la demande globale comme la somme de la consommation des ménages, des investissements des entreprises et des dépenses publiques. Les entrepreneurs tentent d’anticiper le niveau de cette demande globale afin de calculer le niveau de production qui maximise leur profit : c’est en conséquence la demande qui crée l’offre. Le niveau de la demande globale anticipée par les entrepreneurs est appelé demande effective. Elle est le point d’intersection entre la demande globale et l’offre globale. La demande effective est la clé de voûte de la théorie keynésienne car elle détermine le volume de production et d’emploi.

Avec le concept de demande effective, Keynes introduit la notion de prévisions et donc d’incertitude, ce qui est une grande nouveauté théorique à mettre à son actif. Il accorde dès lors une importance particulière à la psychologie des acteurs économiques. L’état de la confiance est ainsi déterminant, car une anticipation pessimiste de la demande effective résulte en une baisse de l’activité économique et donc une hausse du chômage.

4. La propension à consommer

Selon la théorie classique, un individu répartit son revenu entre consommation et épargne en fonction du taux d’intérêt : plus le taux d’intérêt est élevé, plus l’individu a intérêt à épargner. L’épargne est donc d’après l’École classique une fonction croissante du taux d’intérêt.

Selon Keynes, l’individu consomme d’abord pour ses besoins les plus primaires, ce qu’il appelle la consommation incompressible. Il reste alors un revenu disponible, dont une part est elle aussi consommée, que Keynes appelle la propension à consommer. L’épargne n’est donc qu’un résidu, ce qu’il reste du revenu après avoir consommé.

La propension à consommer dépend de plusieurs facteurs : par exemple, s’abstenir de dépenser pour léguer une fortune, ou pour jouir d’une sensation d’autonomie. Elle est relativement stable et comprise entre zéro et un, « mais beaucoup plus proche de un que de zéro » (elle est souvent estimée à environ 0,8). La propension à consommer étant inférieure à l’unité, quand le revenu augmente, la consommation augmente elle aussi, mais dans une moindre mesure : c’est la loi psychologique fondamentale. Pour Keynes, la part de la consommation (et donc de l’épargne) ne dépend pas du taux d’intérêt comme le pensent les néoclassiques, mais dépend du revenu lui-même.*Pour illustrer la loi psychologique fondamentale, prenons l’exemple d’un individu qui aurait un revenu de 1000€ et dépenserait 80% de son revenu disponible. Imaginons que cet individu dépense 500€ pour ses besoins les plus primaires (sa consommation incompressible), il lui reste alors un revenu disponible de 500€ dont il consomme 80 %, soit 400€. Il consomme donc en tout 900€ et épargne 100€. Si maintenant son revenu double passant de 1000€ à 2000€, il consomme encore une fois les 500€ incompressibles, et 80 % des 1500€ de son revenu disponible (soit 1200€). Il consomme donc en tout 1700€ et épargne 300€.

En conclusion, son revenu a été multiplié par 2 (passant de 1000€ à 2000€), mais sa consommation n’a été multipliée que par 1,9 (passant de 900€ à 1700€). Son revenu a augmenté ainsi que sa consommation, mais cette dernière a progressé dans une moindre mesure.

5. L’investissement et l’effet multiplicateur

L’investissement est la deuxième composante de la demande avec la consommation.

L’incitation à investir d’un individu dépend de deux facteurs : le taux d’intérêt et l’efficacité marginale du capital. Le taux d’intérêt est fixé sur le marché des capitaux par la confrontation entre l’offre de monnaie (c’est-à-dire la quantité de monnaie créée par la banque centrale) et la demande de monnaie (c’est-à-dire la quantité de monnaie que les acteurs économiques souhaitent détenir pour réaliser des transactions, pour se prémunir contre l’avenir ou pour spéculer).

L’efficacité marginale du capital est le rendement attendu d’un investissement, par exemple l’achat de machines ou d’immeubles. Elle dépend du rendement escompté du capital et non du rendement courant. L’entrepreneur effectue un arbitrage entre les revenus qu’il espère tirer de son investissement et le coût de l’emprunt : si l’efficacité marginale du capital est supérieure au taux d’intérêt, il investit ; dans le cas contraire, il préfère placer son argent.

Selon la loi psychologique fondamentale, lorsque le revenu augmente, la consommation croît, elle aussi, mais dans une moindre mesure. La consommation ne peut donc à elle seule absorber un surcroît du revenu. Dans ces circonstances, il faut que l’investissement absorbe cet excès. Il permet donc de combler l’écart entre revenu et consommation. Keynes en déduit que l’emploi ne peut progresser qu’au rythme de l’accroissement de l’investissement.

De plus, toute augmentation de l’investissement conduit à une distribution de revenus. Ces revenus sont eux-mêmes réinvestis, débouchant sur de nouveaux revenus, eux-mêmes réinvestis…entraînant ainsi une réaction en chaîne. Autrement dit, l’accroissement de l’investissement produit une augmentation du revenu plus élevée que le montant initialement investi : c’est l’effet multiplicateur.

Pour illustrer cet effet multiplicateur, prenons l’exemple d’un investissement initial de 1000 €, qui se traduit par une distribution de revenus du même montant. Si la propension à consommer est égale à 0,8, alors 800 € de ces 1000 € sont consommés et le reste est épargné. Les 800 € sont eux-mêmes réinvestis, convertis en revenus, et 80 % de ce montant est consommé, soit 640 €. Ces 640 € sont à leur tour réinvestis et ainsi de suite… Si l’on additionne tous ces revenus générés en cascade, l’investissement initial de 1000 € entraîne une variation positive du revenu de 5000 € : l’effet multiplicateur est égal à 5. On constate que plus la propension à consommer est grande, plus l’effet multiplicateur est important.

6. La monnaie et la préférence pour la liquidité

Selon la doctrine classique, la monnaie n’est qu’un moyen transitoire pour l’échange et n’a pas de valeur intrinsèque. Elle n’est utilisée que pour un motif de transaction, c’est-à-dire pour les besoins des opérations courantes d’achats ou de ventes de biens et de services. La monnaie n’a qu’un rôle passif dans l’économie. On dit qu’il y a une séparation (ou dichotomie) entre la sphère monétaire et la sphère réelle : la monnaie n’est qu’un « voile », selon l’expression de Jean-Baptiste Say, dont la loi des débouchés exprime la neutralité de la monnaie.

Keynes pense au contraire que la monnaie joue un rôle actif dans l’économie. L’individu qui perçoit un revenu a deux décisions à prendre : la première consiste à définir la part de ce revenu qu’il consomme, c’est-à-dire sa propension à consommer ; la seconde est de choisir sous quelle forme il conserve la part du revenu qui est non consommée, c’est-à-dire son épargne.

L’individu peut décider de la garder sous forme liquide, ou il peut décider de prêter tout ou partie de cette épargne, c’est-à-dire de l’aliéner pour une certaine durée moyennant quoi il recevra un revenu appelé intérêt. Le taux d’intérêt est donc la récompense pour renoncer à la liquidité durant une période déterminée. Disposer de liquidités a donc un avantage, celui de réaliser des opérations courantes, mais également un inconvénient, celui de renoncer à percevoir des intérêts. Cet arbitrage définit la préférence pour la liquidité d’un individu.

Keynes énonce trois motifs principaux qui déterminent la préférence pour la liquidité. Tout d’abord, il reprend le motif de transaction de l’École classique. Le deuxième motif est celui de précaution, c’est-à-dire que l’individu garde de la monnaie pour faire face à des dépenses imprévues et pour se prémunir contre les aléas de la vie. Le troisième motif est le motif de spéculation, selon lequel l’individu conserve de la monnaie pour l’investir à un moment plus opportun afin de réaliser des plus-values financières. Les deux premiers motifs de transaction et de précaution dépendent du revenu, alors que le motif de spéculation est déterminé par le taux d’intérêt.

En effet, si l’acteur économique anticipe une hausse des taux d’intérêt à venir, il préfère attendre pour acheter des titres et conserve de la monnaie. Dans le cas contraire, il achète immédiatement des titres. L’épargne de spéculation est donc une fonction décroissante du taux d’intérêt.

7. L’intervention de l’État dans la sphère économique

Pour l’École classique, le système économique tend spontanément vers l’équilibre grâce à l’autorégulation des marchés, et l’intervention de l’État dans la sphère économique est en général inutile.

Keynes soutient au contraire que le marché peut être défaillant : un équilibre de sous-emploi peut persister, résultant de l’insuffisance de la demande effective. L’État doit donc intervenir économiquement pour apporter des solutions à court terme, et non laisser faire l’autorégulation des marchés régler les dysfonctionnements à long terme, car selon les propres mots de Keynes, « à long terme, nous sommes tous morts » .

Keynes prône pour que l’État mette en œuvre une politique à la fois budgétaire et monétaire (un policy mix) afin de soutenir la demande effective, en particulier l’investissement, car l’effet multiplicateur permet de résorber le chômage de manière très efficace.

Le premier volet de la politique keynésienne de relance est la politique budgétaire. Lorsque l’investissement des ménages et des entreprises est insuffisant pour atteindre l’équilibre de plein emploi, l’État doit soutenir la demande en stimulant ses composantes : la consommation, l’investissement et la dépense publique. Pour stimuler la consommation, l’État peut par exemple augmenter les salaires, en ciblant particulièrement les plus bas, car en vertu de la loi psychologique fondamentale la part du revenu consommée des bas salaires est plus forte que celle des hauts salaires.

D’autre part, l’État peut mener une politique de grands travaux pour embaucher de la main-d’œuvre et ainsi soutenir la consommation. L’État doit également stimuler l’investissement des entreprises pour favoriser l’embauche de travailleurs.

Le second volet de la politique keynésienne de relance est la politique monétaire. La banque centrale doit augmenter la masse monétaire, notamment en accordant des crédits plus facilement, ceci afin de baisser le taux d’intérêt directeur pour réduire le coût des emprunts des ménages et le coût des investissements des entreprises. Keynes mentionne néanmoins une situation dans laquelle la politique monétaire est inefficace.

En effet, lorsque les taux d’intérêt sont très bas, les acteurs économiques anticipent tous une hausse de ces taux, et préfèrent ainsi détenir de la monnaie sous forme liquide.

Autrement dit, la demande de monnaie pour motif de spéculation est tellement importante que la préférence pour la liquidité des agents devient absolue. En conséquence, l’augmentation de la masse monétaire ne permet pas de relancer l’économie : ce phénomène est appelé trappe à liquidité.

8. Conclusion

Dans la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Keynes propose une remise en cause des principes économiques fondamentaux de l’École néoclassique.

En considérant de manière globale les revenus, la production, la consommation, l’emploi, l’épargne ou encore l’investissement, Keynes devient la figure tutélaire de la macroéconomie. L’analyse économique laisse désormais une place importante aux notions d’anticipations et de psychologie des agents, et a pour principal but de résoudre le problème du chômage.

Cette refonte de la théorie économique ne s’inscrit cependant pas dans une rupture totale avec le capitalisme. Au contraire, et à la différence du marxisme, Keynes se revendique en partie libéral et souhaite avec son ouvrage réformer le capitalisme pour mieux le sauver.

9. Zone critique

La doctrine keynésienne présentée dans la Théorie générale devient après-guerre le modèle de référence des politiques économiques.

Les adeptes sont nombreux, et les idées keynésiennes sont formalisées en 1937 par le modèle IS/LM de John Hicks. Les néokeynésiens, tels Hicks, Samuelson, ou Solow, réalisent la synthèse entre les idées néoclassiques et le keynésianisme. L’ascendant théorique de la pensée de l’économiste britannique se prolonge durant toute la période des Trente Glorieuses, mais prend fin au cours des années 1970, laissant la place aux politiques néolibérales avec en figure de proue le courant monétariste fondé par Milton Friedman.

Les théoriciens de ce courant économique dénoncent l’inefficacité des politiques de relance et du multiplicateur keynésien. Ils reprochent en particulier aux politiques keynésiennes d’être inflationnistes (c’est-à-dire de causer l’augmentation du niveau des prix) et d’aggraver les déficits publics.

Avec la crise économique de 2008 qui fait écho à celle de 1929, les politiques de relance ont de nouveau le vent en poupe, et il existe aujourd’hui un important clivage entre politiques keynésiennes et politiques néolibérales.

10. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie,Petite Bibliothèque Payot, (édition de 1975, traduction de Jean de Largentaye).

Ouvrages de John Maynard Keynes– Les conséquences économiques de la paix (1919)– Traité sur la monnaie (1930)– Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936)

Ouvrages sur John Maynard Keynes– Alexandre Reichart, Les grandes théories économiques pour les nuls, First, 2018.– Michael Goodwin et Dan Bur, Economix, Les Arènes BD, 2013.– Bernard Maris, Keynes ou l’économiste citoyen, La Bibliothèque du citoyen, Presses de Sciences Po, 2007.– Maylis Besserie, Entendez-vous l’éco ? – Dans la peau de John Maynard Keynes, France culture (émission radio).– Les théoriciens de l’économie – Keynes, BFM Business (documentaire TV).

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