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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Libérez votre créativité

de Julia Cameron

récension rédigée parClaire Cursoux

Synopsis

Développement personnel

Julia Cameron considère cet ouvrage comme un guide destiné à libérer notre créativité. En mettant à notre disposition des outils pour révéler notre potentiel artistique, elle nous invite par la même occasion à réaliser une expérience spirituelle. En effet, ce livre nous amène non seulement à créer des œuvres d’art, mais aussi à découvrir un art de vivre de manière créative.

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1. Introduction

Dans cet ouvrage, Julia Cameron transmet au lecteur des outils pour libérer sa créativité et dépasser les blocages émotionnels et psychologiques jalonnant le processus créatif. Élaboré selon un programme en douze semaines composé de parties théoriques et d’exercices, ce livre constitue avant tout un guide nécessitant une mise en pratique quotidienne.

L’auteure envisage cette méthode comme une expérience spirituelle exigeant un engagement personnel. Elle nous suggère ainsi de consacrer au moins une heure par jour à la pratique de ces exercices, afin de concrétiser nos rêves d’artistes. Comment vivre de façon plus créative ? Telle est la question à laquelle l’écrivain tente de répondre au fil de l’ouvrage.

2. Deux outils essentiels pour libérer la créativité

Julia Cameron nous propose un premier outil essentiel appelé « les pages du matin » destiné à réveiller notre créativité. Elle nous recommande de pratiquer cet exercice quotidiennement de manière assidue pendant les douze semaines du programme. Les pages du matin constituent des pages d’écriture manuscrite dans lesquelles nous laissons libre cours à nos pensées en trois pages. Dès lors, l’auteure nous invite à noter absolument tout ce qui nous vient à l’esprit, même les choses pouvant nous sembler insignifiantes. Elle délivre ainsi un exemple de pages du matin : « Le 2 octobre 1991. Je me suis levée avec la migraine, j’ai pris de l’aspirine et je me sens un peu mieux bien que je ne sois pas très en forme » (p. 33).

Cet exercice permet de nous libérer des émotions et des préoccupations qui entravent notre créativité. Personne d’autre que nous n’est autorisé à lire ces pages. Par ailleurs, les pages du matin nous apprennent à échapper à celui que Julia Cameron nomme notre « Censeur » : ce critique intérieur qui réside dans notre esprit, construisant une image négative de nous-mêmes. Il s’agit donc d’une pratique spirituelle qui nous met en contact avec une « puissance intérieure inattendue », c’est-à-dire notre créativité et notre « Créateur intérieur ». Cet outil ne se destine pas seulement aux écrivains, mais également aux autres artistes, comme les peintres et les sculpteurs.

Le deuxième outil essentiel pour libérer notre créativité se nomme « le rendez-vous avec l’artiste en soi ». Julia Cameron définit cet exercice comme une plage de temps hebdomadaire que nous planifions pour nourrir notre artiste intérieur, qu’elle désigne également comme notre « enfant créatif ». Ce rendez-vous avec nous-mêmes constitue un moment d’excursion en solitaire que nous prévoyons à l’avance. L’écrivain propose ainsi des exemples de moments récréatifs à nous accorder : « une visite à une superbe brocante, un voyage en solitaire à la plage, […] une visite à un aquarium, à une galerie d’art » (p. 49). Faute de temps ou d’argent, nous aurons peut-être tendance à tenter d’éviter ce rendez-vous.

L’auteure nous met en garde contre ces tentatives pouvant dissimuler une peur de notre propre intimité. Ces moments doivent être ludiques et divertissants, afin d’alimenter nos réserves créatrices qui constituent notre « puits intérieur ». En plus du rendez-vous avec l’artiste, nous devons régulièrement approvisionner ce puits intérieur par des moyens sensoriels propres à développer notre sensibilité artistique : l’auteure nous propose notamment d’allumer un simple bâton d’encens et d’être attentifs à ce que nous ressentons.

3. Les obstacles à la créativité

Certains obstacles intérieurs nous empêchent d’être créatifs, et notamment nos convictions négatives au sujet des artistes. Héritées de notre culture et de notre entourage, ces croyances ne reposent pas sur des faits concrets. Elles peuvent néanmoins enrayer notre potentiel artistique, car elles sont intimement reliées à notre peur de l’inconnu.

Que nous arrivera-t-il si nous devenons des artistes ? En réponse inconsciente à nos peurs, nous préférons généralement éviter de concrétiser nos rêves artistiques, et maintenir au contraire une vie sécurisante, quitte à rester malheureux.

Julia Cameron formule ainsi un exemple de conviction négative : « Je ne peux pas être un artiste créateur, fécond et couronné de succès parce que tout le monde me haïrait » (p. 67). D’autres idées communes forgées par la société existent à propos des artistes, bien souvent considérés comme des fous, des solitaires, ou des misérables. Pour prendre conscience de nos croyances négatives, l’auteure nous propose notamment un exercice appelé « voyage dans le temps » : il consiste à citer d’une part trois ennemis qui portent atteinte à notre amour-propre créatif par les convictions négatives qu’ils nous ont transmises, et d’autre part, trois personnes qui au contraire soutiennent notre amour-propre créatif par des compliments et des encouragements.

Un autre blocage à la créativité est relatif à l’argent. La plupart d’entre nous sont convaincus que le travail n’est pas un jeu et que l’art est frivole : c’est pourquoi nous le reléguons au second plan. À l’inverse, Julia Cameron considère que lorsque nos actions sont en accord avec nos souhaits profonds, l’argent et les opportunités se présentent naturellement à nous. Elle nous invite ainsi à nous relier à un sentiment d’abondance en nous accordant des moments de « luxe ». Propres à chacun d’entre nous, nous pouvons nous les accorder en réfléchissant à ce qui nous procure véritablement de la joie. Elle évoque l’exemple d’une personne s’offrant une boîte de crayons de luxe que sa mère avait toujours refusé de lui acheter : avec ces crayons, elle réalise un dessin représentant sa nouvelle vie d’artiste.

Pour prendre conscience de notre rapport à l’argent, Julia Cameron nous propose de noter chaque centime que nous dépensons dans un cahier de comptes pendant un mois, afin de repérer ce que nous valorisons dans nos dépenses. Celles-ci diffèrent bien souvent de nos valeurs réelles, et nous gaspillons ainsi de l’argent pour des choses auxquelles nous n’accordons pas d’importance véritable. Pour nous ouvrir à un sentiment d’abondance naturelle, l’auteure nous invite par ailleurs à cueillir cinq fleurs ou feuilles, et à les faire sécher dans un livre comme lorsque nous étions enfants.

4. Les aides à la créativité

L’enthousiasme et le plaisir sont des valeurs nécessaires au développement de la créativité. Julia Cameron nous propose de refuser la discipline, en nous ouvrant au jeu et à l’enthousiasme. Elle évoque l’étymologie grecque du mot enthousiasme, signifiant « rempli avec Dieu ». L’enthousiasme ne se définit donc pas comme un état émotionnel, mais comme un amour de la créativité et comme une expérience spirituelle. L’écrivain nous rappelle que notre artiste intérieur est avant tout un enfant : il s’épanouit dans la joie, et non dans le devoir. Ainsi, certains écrivains préfèrent taper à la machine à écrire, car ils apprécient le côté ludique de cet objet.

Pour nourrir notre enthousiasme, nous pouvons prendre conscience des joies que nous nous interdisons à travers un exercice proposé par Julia Cameron. Celle-ci nous encourage à établir une liste de dix choses que nous aimons et que nous aimerions réaliser, mais que nous ne nous autorisons pas à faire. Le début de cette liste peut se présenter de la manière suivante : « 1. Aller danser. 2. Avoir sur soi un carnet à croquis. 3. Faire du roller-skate. 4. Acheter de nouvelles bottes de cow-boy. 5. Se faire des mèches blondes » (p. 176). Le simple fait d’écrire nos joies interdites permet souvent de faire disparaître les barrières qui nous empêchent de les concrétiser.

Selon Julia Cameron, la création artistique exige la foi et la confiance. L’écrivain considère en effet que « la créativité est l’énergie de Dieu qui coule en nous, façonnée par nous, comme la lumière qui passe au travers d’un prisme de cristal » (p. 164). L’auteure explique alors que la créativité demande une qualité d’écoute qui nous permet de recevoir l’inspiration artistique de manière intuitive. Elle évoque l’exemple d’un ami cinéaste célèbre pour son organisation rigoureuse, mais dont les prises de vue les plus brillantes se faisaient de manière improvisée. Elle cite également les paroles du peintre Michel-Ange pour illustrer ses propos : « La peinture a une vie propre. J’essaie de la laisser venir » (p. 199).

Dès lors, Julia Cameron estime que l’univers nous aide dans nos créations. Pour nous aider à développer notre foi et notre qualité d’écoute, l’auteure nous invite à nous rendre dans un espace que nous considérons comme sacré, par exemple une église, une librairie ou un bosquet d’arbres, et de savourer le silence ainsi que la solitude du lieu choisi. Elle nous propose également un autre exercice qui consiste à écouter un album de musique, tout en griffonnant les formes, les émotions et les pensées qu’il nous inspire.

5. Conclusion

À travers ce livre, Julia Cameron transmet des outils favorisant le déploiement de la créativité. Considérant la création artistique comme une expérience spirituelle, l’application du programme proposé par l’auteure permet non seulement de développer nos potentiels créatifs, mais aussi d’approfondir la connaissance de soi.

Chacun des exercices suggérés par l’auteure constitue en effet une occasion de découvrir nos blocages émotionnels et psychologiques, tout en apprenant à les dépasser. Finalement, l’ouvrage de Julia Cameron nous aide à vivre en harmonie avec nos rêves de création, et à reconquérir la joie de notre enfant intérieur.

6. Zone critique

L’ouvrage Libérez votre créativité est une référence dans le domaine de la création artistique. Le programme établi par Julia Cameron en douze semaines est à la fois dense et complet. Celui-ci découle à la fois du parcours artistique personnel de l’auteure, mais aussi de ses expériences auprès des nombreux participants à ses ateliers de création menés à New York.

Certes, il exige un engagement conséquent de la part du lecteur souhaitant le mettre en pratique, mais ses résultats semblent très probants. Cet ouvrage polyvalent constitue un guide intéressant pour les artistes aguerris, comme pour les artistes en herbe.

7. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Libérez votre créativité : Osez dire oui à la vie !, Paris, Éditions Dangles, 1994.

De la même auteure– La Veine d’or : exploitez votre richesse intérieure, le dessin et le collage, Paris, Éditions Dangles, 1997.– L’Art pratique de la créativité : Le Pèlerinage de l’être créateur, Paris, Éditions du Roseau, 2004.– La Source de la créativité : L’Art de la persévérance, Paris, Octave Québec, 2010.

Autres pistes– Anne-Marie Jobin, Le Nouveau journal créatif : À la rencontre de soi par l’écriture, le dessin et le collage, Paris, Marabout, 2016. – Elizabeth Gilbert, Comme par magie : Vivre sa créativité sans la craindre, Paris, Le Livre de Poche, 2017.– Manon Lavoie, Créer le meilleur de soi, Paris, Druide, 2017.

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