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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Océaniens

de Nicholas Thomas

récension rédigée parAlexandre KousnetzoffAncien élève de l'IEP de Paris.

Synopsis

Histoire

Cet ouvrage est la première étude synthétique en langue française consacrée à la rencontre de deux mondes entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XXe siècle, l’Europe (et, à un moindre degré, l’Amérique du Nord et du Sud européennes) et le Pacifique, au travers de l’histoire des origines et du développement de l’impérialisme européen et américain dans cette partie du globe.

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1. Introduction

L’ouvrage constitue une histoire à la fois accessible et neuve de la colonisation du Pacifique pendant un long XIXe siècle, prenant ainsi pour thème un chapitre particulièrement méconnu de l’histoire mondiale. C’est assez dire la lacune que vient combler le livre de Nicholas Thomas. Essentiellement dans la bibliographie en langue française d’ailleurs, les études océaniennes étant beaucoup plus nombreuses en langue anglaise.

Ce titre se fonde sur une démarche et une approche originales. Nicholas Thomas, en effet, ne retrace pas par le menu la progression, qui semble aussi inéluctable qu’implacable, de l’implantation européenne (et américaine, des États-Unis au Pérou) dans les archipels océaniens. À la place, il propose le récit des itinéraires croisés de nombreux individus, aussi bien européens qu’océaniens ou américains, qui sillonnent le Pacifique en tous sens, et le relient à toutes les parties du monde. Ce livre est donc en quelque sorte l’histoire d’un rétrécissement progressif de la planète.

L’auteur se fait ainsi l’apôtre d’une histoire au ras des flots, ou à ras de terre, comme on voudra, qui restitue aux peuples de Tahiti, des Vanuatu, des Fidji, de Tonga, des Samoa, de Nouvelle-Guinée, des îles Salomon, des Marquises, d’Hawaii, de l’île de Pâques et des îles Cook, pour ne citer que les principaux lieux explorés par l’auteur, leur place d’acteurs à part entière. Une place d’acteurs qui n’était jusqu’à Nicholas Thomas reconnue qu’aux missionnaires, aux baleiniers, aux planteurs, aux administrateurs, aux militaires, aux explorateurs et aux commerçants, tous bien entendu européens ou américains.

Grâce à cet enchevêtrement de liens, on découvre de l’intérieur et de manière privilégiée le traumatisme qu’a constitué l’irruption du colonialisme en Océanie, ainsi que les dynamiques que ce dernier a enclenchées et imposées. Des dynamiques qui ont configuré le Pacifique pour longtemps, puisque l’Océanie actuelle vit encore sur cet héritage.

2. La London Missionary Society

La London Missionary Society fut fondée en 1795 par des protestants britanniques. Rapidement, elle s’attira les faveurs d’un nombre croissant de donateurs, contributeurs, souscripteurs et autres philanthropes. C’était une institution non-dénominationnelle, c’est-à-dire qui n’était pas liée à un culte protestant en particulier. On y trouvait ainsi des anglicans de tendance évangélique, c’est-à-dire low Church, par opposition aux anglicans high Church, inclinant vers le catholicisme, des méthodistes (une branche dissidente de l’anglicanisme), des congrégationalistes, des baptistes et des presbytériens (calvinistes écossais).

Dès sa fondation, la Société décide de commencer son œuvre missionnaire par le Pacifique, et en particulier par Tahiti, un espace qui semble une terre quasiment vierge pour le prosélytisme chrétien. À ce choix de l’Océanie, plusieurs raisons. Tout d’abord, les sacrifices humains et l’anthropophagie pratiqués par les cultes traditionnels du Pacifique étaient particulièrement mal perçus en Grande-Bretagne. Par ailleurs, le roi Charles III d’Espagne avait envoyé une mission catholique au royaume de Tahiti dans les années 1770. Le protestantisme se devait donc de répliquer à cet expansionnisme de la « mission italienne », pour employer l’expression très péjorative qu’employaient les Britanniques des XVIIe et XVIIIe siècles pour désigner le catholicisme.

Dès 1797, soit deux ans seulement après sa création, la Société peut armer un navire, le Duff, commandé par James Wilson. Le navire appareille pour Tahiti, emmenant à son bord vingt-deux marins, trente-neuf missionnaires, dont quatre seulement sont ordonnés pasteurs, vingt-six hommes exerçant divers métiers (charpentier, tonnelier, tailleur, tisserand, ferblantier, fabricant de harnais…) et les épouses de six d’entre eux, ainsi que trois enfants, dont un bébé de seize semaines, Samuel Otuu Hassell, prénommé ainsi en l’honneur du chef tahitien Tu, également appelé roi Pomare Ier. L’installation à Tahiti de ces immigrants européens, à qui le roi Pomare Ier cédera en toute propriété le district de Matavai, embryon d’une colonie britannique dans l’île, sera à l’origine de la première implantation européenne permanente de toute l’Océanie.

Outre Tahiti, la Société prévoyait d’étendre son activité missionnaire à Tonga, aux îles Hawaii, aux Palaos et aux Marquises. La London Missionary Society est particulièrement importante dans l’histoire de la rencontre entre les Européens et les Océaniens en cela qu’elle a impulsé, comme on l’a vu, le premier établissement humain européen permanent institutionnel et officiel dans le Pacifique, hors explorateurs et aventuriers. Par ailleurs, elle constitue le prototype de toutes les missions protestantes britanniques ultérieures dans le Pacifique, ainsi les missions méthodistes actives aux Fidji et à Tonga qui, très rapidement, convertiront l’ensemble de l’aristocratie locale.

3. La rencontre de deux mondes

Depuis les grands voyages d’exploration des navigateurs européens à la fin du XVIIIe siècle (Wallis, Cook et Vancouver pour les Britanniques, Bougainville et La Pérouse pour les Français), des contacts rapprochés se sont établis entre Européens et Océaniens.

Pour ces derniers, le contact avec les Européens se traduit, sur le plan sanitaire, par une véritable catastrophe. En effet, dès les premiers contacts avec les matelots venus d’Europe, une pluie de pathologies s’abat sur les habitants des archipels du Pacifique : maladies vénériennes tout d’abord (les rapports sexuels entre marins européens et femmes océaniennes étant fréquents au point d’être quasiment systématiques) mais aussi fièvres intermittentes diverses, maux de tête, affections cardio-vasculaires, maux de dos, scrofule, dysenterie, phtisie. Ce catalogue d’affections n’est pas exhaustif. Mais, même limité, il témoigne amplement de la tragédie qu’a représentée pour les Océaniens l’entrée en contact avec les Européens.

Ainsi, la conversion des Océaniens au christianisme par les missionnaires protestants (à la fin du XVIIIe siècle, il n’y a pas en effet de missionnaires catholiques dans la région, la mission espagnole ayant été extrêmement éphémère) ne rencontre pas à ses débuts un grand succès. Moins par attachement des Océaniens à leurs anciens cultes d’ailleurs que par la comparaison rapide et facile que ces derniers peuvent faire entre leurs conditions de vie avant l’arrivée des Européens et leurs conditions de vie après les premiers contacts et les premières implantations de ce qu’il faut bien appeler des colonisateurs.

Les religions locales n’étaient d’ailleurs pas très anciennes le plus souvent ni très solidement implantées et « inculturées ». Pour prendre l’exemple de Tahiti, que Nicholas Thomas développe longuement, le culte de Oro, la religion officielle tahitienne avant l’apparition du christianisme, n’était apparu qu’au cours du XVIIIe siècle. Cette religion était donc extrêmement récente, et ne pouvait pas être qualifiée de « religion traditionnelle ». De plus, les sacrifices humains que ce culte prescrivait le rendaient extrêmement suspect, pour ne pas dire insupportable, aux Tahitiens du commun.

4. Les débuts de la conquête

La stratégie de conquête des élites sociales mises en œuvre par la London Missionary Society à Tahiti va néanmoins porter ses fruits en peu d’années. En 1803, le roi de Tahiti Pomare II avait appris à lire et à écrire en caractères latins et à maîtriser la langue anglaise. C’est à peu près à la même époque que les missionnaires protestants britanniques mirent au point un alphabet tahitien. Jusqu’alors en effet cette langue n’était pas un idiome écrit. La découverte de l’écriture par les insulaires sera l’un des faits les plus marquants de cette rencontre de deux mondes, les Océaniens assimilant l’acte d’écrire à une forme de pouvoir d’ordre surnaturel.

Enfin, au mois de juillet 1812, ce que la London Missionary Society attendait depuis longtemps se produisit enfin : le roi Pomare II abjura le culte tahitien de Oro et se convertit officiellement au christianisme, imité par la quasi-totalité de l’aristocratie tahitienne et une grande partie du peuple. À partir de ce moment, l’influence et les conséquences des conceptions européennes sur les peuples océaniens seront absolument incalculables, modifiant à jamais le mode de vie local en faisant disparaître la culture traditionnelle dans ses fondements les plus importants, ses fondements culturels, psychologiques et mentaux.

5. Des médiateurs culturels : les beachcombers

Depuis la fortune critique de Robinson Crusoé, la figure du naufragé constitue un motif obligé de l’exotisme littéraire.

En Océanie, la figure la plus proche du naufragé, c’est celle du beachcomber, littéralement « peigneur de plage », dont les va-et-vient consistent en des traversées de plage en plage. Il s’agit d’un aventurier Européen, généralement ancien matelot, qui a décidé de demeurer dans les archipels du Pacifique, de s’y établir de manière plus ou moins définitive et d’y mener une vie aussi proche que possible de celle des îliens pour des hommes habitués à la civilisation européenne.

Pendant tout le XIXe siècle, les beachcombers seront les principaux intermédiaires entre les peuples de l’Océanie et la civilisation européenne moderne. Le plus souvent commerçants ou trafiquants, parfois marins reliant les îles entre elles, souvent également mercenaire encadrant les forces armées des chefs océaniens ou conseillers politiques, militaires et/ou techniques des mêmes chefs, acclimatant les techniques européennes dans le Pacifique, les beachcombers joueront pendant toute la période étudiée par Nicholas Thomas un rôle absolument essentiel et déterminant : celui de médiateur culturel, assurant « l’hybridation » des civilisations.

Les beachcombers seront en effet les Européens avec qui les Océaniens auront le plus de contacts, dans la mesure où ils étaient plus nombreux et plus également répartis géographiquement que les missionnaires. Ils seront donc les principales, voire les uniques, fenêtres d’ouverture sur le monde non-océanien pour de très nombreux habitants du Pacifique.

Ce sont en effet les beachcombers qui introduiront en Océanie un certain nombre d’objets et de techniques européennes, en particulier des outils, aussi bien agricoles ou artisanaux que pour de menus travaux comme la couture. Surtout, les beachcombers, qui par nécessité apprenaient les langues locales, parleront aux Océaniens de l’Europe. Ils ouvriront aux îliens des horizons absolument insoupçonnés, faisant naître en eux des désirs que leurs ascendants n’auraient même pas imaginés.

Aussi bien, après les premières décennies du XIXe siècle, de nombreux beahcombers seront des Océaniens, quittant leur île d’origine pour aller s’établir dans une autre île ou dans un autre archipel. Mais ces Océaniens seront déjà des Océaniens acculturés, européanisés, coupés de leurs traditions propres pour en transmettre une autre, étrangère au Pacifique, la tradition européenne marchande et technicienne.

6. La France dans le Pacifique

Si, à la fin du XVIIIe siècle, la Grande-Bretagne est toute-puissante dans le Pacifique, sauf en Micronésie où l’Espagne représente la puissance dominante (mais c’est une zone qui n’est pas étudiée par Nicholas Thomas) à partir des années 1820-1840 la France devient dans la région une force avec laquelle il faut compter, en fait la deuxième puissance locale. Un état de fait qui s’inscrit dans le cadre des nouvelles ambitions coloniales françaises à l’époque de la Restauration et de la Monarchie de Juillet.

L’action de la France se matérialise notamment par l’envoi de missions catholiques, qui viendront contrebalancer le caractère confessionnel jusqu’alors « monocolore » protestant de l’Océanie (sauf, là encore, en Micronésie, du fait de la colonisation espagnole). Ces missions catholiques, cependant, se tiendront éloignées, totalement ou partiellement, des bastions protestants qu’étaient et que sont toujours les Fidji, les Samoa ou encore Tonga. Si, chez les protestants, les méthodistes étaient particulièrement nombreux parmi les missionnaires, chez les catholiques, c’est la congrégation d’origine française des Maristes qui sera particulièrement bien représentée.

Ses religieux, notamment, seront très actifs dans la future Polynésie française (Tahiti, îles Marquises, îles de la Société, îles Tuamotu, îles Gambier) et, surtout, en Nouvelle-Calédonie, qu’ils évangéliseront presque entièrement et où ils exerceront longtemps une influence prépondérante. Les premiers ethnologues s’intéressant à la culture canaque seront d’ailleurs des religieux maristes, ainsi le Père Maurice Leenhardt, que le leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou considérait comme le père de l’anthropologie locale.

Les actes fondateurs de la présence française dans le Pacifique, après les voyages mythiques des navigateurs du XVIIIe siècle, Bougainville et La Pérouse, seront, dans les années 1820, 1830 et 1840, les voyages de Dumont d’Urville et de Dupetit-Thouars. Une première implantation française vit le jour à Akaroa, sur la côte de l’Île du Sud de la Nouvelle-Zélande, non loin de la ville actuelle de Christchurch, en 1840. Mais le traité de Waitangi de la même année, par lequel les chefs maoris cédaient la souveraineté de la totalité de l’actuelle Nouvelle-Zélande à la Couronne britannique, fera très rapidement avorter cette première tentative de colonisation.

L’intérêt français se reportera alors sur les îles Marquises, qui seront officiellement annexées par la France en 1842. C’est à cette date également que fut conclu le traité de protectorat avec Tahiti, fait essentiel pour la présence française dans le Pacifique, mais que Nicholas Thomas n’évoque pas. À la fin des années 1840 les ambitions françaises seront renforcées par la volonté d’établir une nouvelle colonie pénitentiaire éloignée de la métropole, l’Algérie ne se révélant pas satisfaisante sous ce rapport. Ce sera l’origine de la colonisation française en Nouvelle-Calédonie, définitive à partir de la prise de possession officielle de 1853, proclamée à partir d’une expédition navale partie de Tahiti. En 1906 enfin, un condominium franco-britannique fut établi dans les Nouvelles-Hébrides, l’actuel Vanuatu.

Nicholas Thomas revient également sur la tentative de colonisation française, avortée elle aussi, dite de la Nouvelle-France ou « colonie libre de Port-Breton », qui englobait l’actuelle Papouasie-Nouvelle-Guinée et les îles Salomon. Entreprise privée lancée par souscription en 1877 par Charles-Bonaventure du Breil de Rays, avec l’arrivée des premiers colons en 1879, cet essai se soldera par un échec retentissant dès le début des années 1880.

7. Une nouvelle histoire de la colonisation du Pacifique

Le livre de Nicholas Thomas tranche avec la bibliographie habituelle relative à l’Océanie sur au moins deux points essentiels, centraux, qui font toute la singularité de l’ouvrage.

Le premier de ces deux points permet d’éclairer sous un jour neuf la vision qu’ont les Océaniens de la puissance coloniale. On peut dire, d’une certaine manière, qu’il s’agit en l’occurrence d’une véritable entreprise de « renversement du regard ». Ainsi, avec l’ouvrage de Nicholas Thomas, les insulaires du Pacifique ne sont-ils plus passifs, mais interagissent constamment avec les Européens. Ils apprennent autant à ces derniers que le colonisateur peut apporter d’informations et d’innovations techniques aux habitants de l’Océanie.

Le deuxième point permet de présenter les peuples de l’Océanie de manière dynamique, perpétuellement en mouvement, et non pas, non plus, de manière figée. Ainsi, Nicholas Thomas insiste sur le fait que beaucoup des structures politiques insulaires, notamment à Tahiti, à Hawaii, à Tonga et aux Fidji, étaient de création récente, et n’étaient en rien des systèmes de pouvoir véritablement traditionnels existant de manière immémoriale.

Ce faisant, Nicholas Thomas restitue aux peuples océaniens leur statut d’acteurs à part entière de leur destin, loin de l’image stéréotypée qu’une certaine imagerie européenne du XIXe siècle, celle de Gauguin en particulier, a pu véhiculer.

Enfin l’auteur insiste sur la formidable, et très ancienne, capacité des Océaniens à voyager. Les archipels du Pacifique se sont d’ailleurs tous peuplés de cette manière, par voyages successifs de cellules familiales plus ou moins élargies allant s’établir sur des îles jusqu’alors inhabitées afin d’y trouver une subsistance suffisante pour leur petite communauté.

On le voit, Nicholas Thomas réussit à adopter des points de vue extrêmement novateurs dans son traitement de l’histoire récente de l’Océanie.

8. Conclusion

À l’âge des Empires (fin du XVIIIe siècle-début du XXe siècle), l’irruption dans la réalité océanienne d’un ordre chrétien, essentiellement protestant d’abord, soutenu par les chefs et organisé pour le maintien du pouvoir traditionnel a remodelé de fond en comble tous les domaines de la vie quotidienne : la spiritualité au premier chef, bien entendu, mais aussi l’habillement, l’alimentation, l’architecture, le sexe, le travail, la technique, les relations sociales. Le quotidien dans son ensemble a été radicalement transformé pendant cette centaine d’années, comme il ne l’avait jamais été dans le Pacifique depuis des milliers d’années.

Cet âge des Empires a constitué, pour l’Océanie, l’apparition brutale d’une première forme de mondialisation, avec la généralisation de contacts avec l’extérieur qui n’étaient auparavant que rarissimes, exceptionnels et par ailleurs sans conséquence sur les sociétés locales autres que très superficielles et secondaires.

9. Zone critique

Le principal reproche que l’on peut adresser à cet ouvrage est à la fois une qualité et un défaut, ce qui témoigne de son ambition et que l’auteur revendique pleinement : son caractère « éclaté », non-linéaire. Si cet angle de traitement présente un certain nombre de points positifs et d’avantages, il n’en demeure pas moins problématique pour une connaissance factuelle, précise et institutionnelle des sociétés océaniennes étudiées. La lecture d’un ouvrage plus classique sur le sujet constituerait ainsi un complément bien utile. Bien souvent, le lecteur a l’impression de sauter à pieds joints à travers les archipels, les peuples, les époques, les thèmes, les problématiques. Un récit un peu moins tronqué et un peu plus suivi aurait permis de familiariser de manière plus efficace le lecteur avec cet univers qui, pour un Européen sans connaissances particulières dans ce domaine, est particulièrement étranger.

Pour ne prendre qu’un seul exemple, il aurait été très utile, et très instructif pour le lecteur, de consacrer des passages substantiels, qui font entièrement défaut dans l’ouvrage, au transfert du royaume de Tahiti de l’influence britannique à l’influence française, le protectorat de la France étant proclamé en 1842. Enfin, dans un tout autre ordre d’idées, le lecteur ne peut que regretter l’absence d’index des noms propres de personnes et de lieux.

10. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– Nicholas Thomas, Océaniens. Histoire du Pacifique à l’âge des Empires, Toulouse, Anacharsis, 2020.

Ouvrage– Hors du temps : histoire et évolutionnisme dans le discours anthropologique, Paris, Belin, 1998.

Autres pistes– Sarah Mohamed-Gaillard, Histoire de l’Océanie, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours, Paris, Armand Colin, collection U, 2015– Semir Al Wardi, Jean-Marc Regnault et Jean-François Sabouret, L’Océanie convoitée. Histoire, géopolitique et sociétés, Paris, CNRS Éditions, 2017

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