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Olivier Rey

Leurre et malheur du transhumanisme

Le transhumanisme n'a rien d'un humanisme, même si ses lointaines racines nous rapprochent des Modernes. Porté par de puissants intérêts économiques, il joue des peurs et des rêves pour nous faire accepter nos vies artificielles. Ses leurres nous trompent sur les moyens de répondre à l'effondrement écologique et culturel qui nous emporte. Olivier Rey invite donc à voir ce qui se cache derrière l'implant rétinien qui permettrait de voir la nuit : de l'assujettissement que suppose l'homme augmenté, aux conceptions du vivant, auxquelles se réfère le transhumanisme.

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Robert Guégan

Leurre et malheur du transhumanisme
Leurre et malheur du transhumanisme

book.chapter Introduction

Le transhumanisme est d'abord un projet. Il vise à la transformation du corps humain à travers la technologie. Il s'agit de renforcer les capacités physiques ou cognitives de l'organisme ; soit par des interventions d'ordre biologique, soit par une hybridation avec la machine. Grâce au génie génétique, aux nanomatériaux, ou à l'intelligence artificielle, présentée comme des milliards de fois supérieure à celle des humains réunis, l'homme se verra « augmenté ». Doté de nouvelles facultés, il pourra se libérer des maladies et effacer ses infirmités. À terme, il pourra même vaincre la mort, ce non-sens sur la route du progrès. « Le premier homme qui vivra 1000 ans est déjà né », a déjà annoncé Laurent Alexandre, auteur d'un ouvrage au titre emblématique : La Mort de la mort. Ray Kurzweil, directeur de l'ingénierie chez Google, va plus loin. En 2045, a-t-il pronostiqué, l'homme pourra transférer sa mémoire et son esprit sur un ordinateur, devant ainsi immortel, libéré de toute attache organique. Se demander si tout ceci doit être pris sérieux, n'est plus de mise, car aux États-Unis, le transhumanisme a pignon sur rue. Il mène une propagande active, porté par des organismes actifs comme la Word Transhumanist Association, créée en 1998 et désormais symboliquement baptisée Humanity +, le Future of Humanity Institute relié à l'université d'Oxford, et la Singularity University, pour ne citer que les organisations les plus connues. Ce mouvement peut être rapproché des projets de plates-formes flottantes dans les eaux internationales, îles high tech et autonomes, conçues par les libertariens du Seasteading Institute, en prévision de l'effondrement programmé en 2050, dû au manque de ressources). Dans les deux cas, la technologie est conçue comme la panacée permettant de sortir de notre condition. Ici pour répondre aux limites de l'homme, là pour échapper à celles de la planète. Seuls des happy few en bénéficieront. Il s'agit donc d'une réponse individuelle. Pas d'une remise en cause de ce qui diminue l'homme ou la planète.

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