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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Petites Habitudes, Grandes Réussites

de Onur Karapinar

récension rédigée parFabienne Matuszynski-CamposRédactrice, correctrice, chargée de projets communication et édition.

Synopsis

Économie et entrepreneuriat

Cet ouvrage est le fruit de trois années de recherches : Onur Karapinar y défend l’idée que de petites habitudes peuvent à long terme se cumuler jusqu’à transformer durablement notre vie ? pour le meilleur comme pour le pire. Utilisées judicieusement et en conscience, ces petites habitudes peuvent nous mener à de grandes réussites. Ainsi, cet ouvrage propose de très nombreuses idées dans quatre domaines (productivité, santé, développement personnel, relations sociales), afin que chacun puisse y trouver des pistes pour réaliser simplement ce changement.

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1. Introduction

Les habitudes jouent un rôle crucial pour qui souhaite libérer son potentiel et mener une vie qui lui correspond, dans le sens où elles permettent non seulement de s’améliorer, mais aussi d’accroître ses performances. Toutefois, cela ne peut se faire que sur le long terme. Aussi est-il important de nourrir une vision de la personne que l’on souhaite devenir, ainsi que de comprendre le fonctionnement du cerveau et la manière dont les habitudes s’ancrent.

Onur Karapinar liste alors 51 habitudes destinées à mener le lecteur sur la voie de la réussite personnelle et professionnelle. Chaque habitude est composée en deux parties : le pourquoi (explications, contexte, études et chiffres, anecdotes…) et le comment (liste d’actions à mettre en place).

2. La psychologie des habitudes

Onur Karapinar évoque en premier lieu les découvertes scientifiques qui, dans l’Histoire, ont mis en lumière le fonctionnement du cerveau humain. Une habitude est un comportement qui a été tellement répété que le cerveau parvient à le réitérer de manière automatique.

Or, l’Homo Sapiens d’il y a 200 000 ans évoluait dans un environnement plein de dangers où les conséquences de chaque action étaient immédiates, et où il était nécessaire d’économiser l’énergie pour survivre (notamment en transformant les actions répétitives en habitudes). Cet environnement était bien différent de l’environnement à retour différé d’aujourd’hui : en effet le résultat d’une action nous parvient parfois après plusieurs années. Cette différence d’échelle de temps se heurte à la nature humaine, provoquant d’importants décalages comportementaux. Ainsi, les satisfactions instantanées offertes par le monde moderne (nourriture industrielle, écrans…) sont susceptibles d’apporter de nombreuses conséquences nocives sur le long terme.

Face à une nouvelle situation, le cerveau traite un grand nombre d’informations, ce qui demande beaucoup de ressources mentales. L’Homo Sapiens débute alors son expérimentation par une série d’essais et d’erreurs, au terme de laquelle le comportement ayant apporté la plus grande satisfaction sous la forme de dopamine (une hormone produite sous l’influence du plaisir, d’une récompense, d’une émotion positive…) sera identifié et reproduit. Les habitudes sont donc des solutions que notre cerveau reconnaît comme fiables, des raccourcis mentaux destinés à résoudre des problèmes récurrents liés à notre environnement.

Chaque habitude est constituée de quatre éléments. Le déclencheur suggère au cerveau d’agir pour obtenir une récompense. L’envie est le fruit de sentiments et d’émotions propre à chacun, générant la motivation à agir. La réponse désigne le comportement lui-même. La récompense est la satisfaction obtenue. Seuls les comportements immédiatement récompensés sont répétés : sans récompense, pas d’habitude. Le cerveau économise ainsi son énergie, car la prise de décision est un processus extrêmement fatigant : la volonté fonctionne en effet comme un muscle, et son énergie est limitée. Il n’est possible de prendre qu’un nombre limité de décisions avant que le processus ne redevienne automatique (et donc tourné vers la simplicité et l’immédiateté).

Pour prévenir cette fatigue décisionnelle, il est possible de ne se concentrer que sur l’essentiel en mettant en place des routines.

3. Comment se débarrasser des mauvaises habitudes pour en adopter de nouvelles ?

Toute habitude, bonne ou mauvaise, répond à un problème spécifique et apporte une récompense. Il n’est pas évident de supprimer totalement une habitude, mais il est possible de la remplacer par une alternative plus saine dès lors qu’on la comprend parfaitement : à quelle envie elle répond, quelle est la récompense attendue, quels sont ses déclencheurs (lieu, moment, émotion, personnes…).

Il est alors possible de la circonscrire simplement en limitant ses déclencheurs ou bien en la rendant difficile en y ajoutant artificiellement des contraintes. Il est également recommandé de retourner à son avantage le fonctionnement humain en demandant l’aide d’un garant qui jouera sur la pression sociale pour augmenter la motivation, par exemple sous la forme d’un contrat d’engagement.

Se débarrasser d’une ancienne habitude est plus complexe que d’en créer une nouvelle, tout comme déraciner un arbre est plus difficile que d’en planter un. Pour autant, adopter une nouvelle croyance ne se fait pas du jour au lendemain : sa durée d’adoption dépendra de sa complexité et des circonstances, tout en sachant que ce processus ne devra jamais prendre totalement fin. Pour ce faire, il faut rendre l’habitude la plus simple et satisfaisante possible. Au début, un nouveau comportement ne devrait pas prendre plus de trente secondes par jour. Il est également important de toujours y associer une récompense, même lorsque l’action réalisée est minime. Ici aussi, il est possible de créer des ancrages mentaux qui seront aussi efficaces qu’ils seront précis (temps et lieu, association à une action quotidienne ou à une habitude existante…). En outre, la pression sociale peut être utilisée avantageusement, par exemple en rejoignant un groupe qui a intégré ces habitudes comme une norme.

Si un échec survient, il est plus productif de le vivre comme une expérimentation et de s’appliquer à en tirer des leçons. Car l’échec est avant tout une formidable opportunité de progression. Onur Karapinar considère cet état d’esprit de croissance comme l’habitude la plus importante et la plus puissante que l’on puisse prendre, car elle a le pouvoir de nous faire passer de spectateur à acteur de notre vie.

L’« état d’esprit de croissance » (« Growth Mindset ») est un concept développé par la professeure de psychologie Carole Dweck : c’est la vision développée par les personnes qui considèrent que l’intelligence et la créativité se développent à force de travail, qui sont ouvertes à la critique, inspirées par le succès des autres et qui perçoivent les difficultés comme des opportunités d’apprendre. Elle y oppose le « Fixed Mindset », la croyance que le talent est prédéterminé à la naissance. Onur Karapinar propose plusieurs pistes pour développer cet état d’esprit : reconnaître et embrasser ses faiblesses, mais aussi ses talents, transformer ses échecs en apprentissages, cesser de se comparer aux autres, et enfin mesurer ses progrès dans la durée (si besoin en demandant l’aide de son entourage).

De cette manière, une personne peut optimiser la neuroplasticité de son cerveau et réaliser des progrès incroyables.

4. La santé, socle du mieux-être

Un grand nombre de personnes rencontrent un problème récurrent : une fatigue constante qui les empêche de réaliser leurs envies. La bonne santé repose sur quatre axes : le sommeil, l’alimentation, le mouvement et la relaxation. Il est possible de rééquilibrer sa santé à travers des actions simples permettant de retrouver toute son énergie et d’allonger son espérance de vie. Car il s’agit en effet d’établir des bases saines sur le long terme : l’auteur détaille donc, pour chacun de ces aspects, les conséquences des habitudes bonnes et mauvaises sur le corps et la santé.

Commencer par modifier ses habitudes liées au sommeil est une façon de briser le cercle vicieux de la fatigue. En effet, toutes nos performances (physiques, mentales et émotionnelles) sont liées à la qualité de notre sommeil. Il est important de dormir au moins sept heures par nuit. Pour améliorer la qualité de son sommeil, on peut commencer par l’évaluer avant de mettre en place des changements adaptés, comme instaurer des horaires réguliers, adopter une literie de qualité, régler la température... La lumière et particulièrement les écrans ayant des conséquences néfastes sur le sommeil, il recommande de stimuler la production naturelle de mélatonine (l’hormone du sommeil) en tamisant les lumières et en éteignant les écrans, passé une certaine heure.

Ensuite, Onur Karapinar propose des pistes pour commencer à modifier son alimentation – et cela commence par l’hydratation, qui peut être améliorée par de petites routines très faciles. Il propose de choisir et d’intégrer progressivement des équivalents sains aux aliments industriels habituels. Le mouvement est également une clé du mieux-être. Il est possible de créer rapidement un cercle vertueux en réalisant quotidiennement des micro-séances d’exercice et en limitant l’inactivité induite par notre époque, et qui va complètement à l’encontre de la nature humaine.

Enfin, l’on sous-estime grandement l’importance des pauses alors même qu’elles sont indispensables : elles répondent en effet au fonctionnement cyclique du cerveau, et peuvent être de puissantes alliées en termes de productivité et de créativité, notamment si l’on pratique la méditation.

5. Développement personnel et relations sociales

Notre nature nous pousse vers la paresse et le confort, alors même qu’il nous faut les dépasser pour devenir la personne que l’on souhaite être. « Un individu véritablement libre l’est seulement dans la mesure de sa propre maîtrise de soi. Tandis que ceux qui ne se gouvernent pas sont condamnés à trouver des maîtres pour les gouverner » (p. 202). L’adoption de l’état d’esprit de croissance évoqué plus haut peut se traduire par de petites habitudes quotidiennes : se réveiller plus tôt pour mettre en place une routine matinale personnalisée, lire régulièrement, suivre ses progrès et apprendre sans cesse (qu’il s’agisse d’un nouveau savoir-faire, d’une nouvelle langue…) notamment grâce à la valeur offerte par les outils numériques, qu’il s’agisse d’applications ou de médias.

Onur Karapinar met également l’accent sur l’importance de soigner son environnement, et propose plusieurs pistes pour s’approprier la méthode de rangement KonMari , comme par exemple jeter un article par jour. Cette méthode de rangement, créée par Marie Kondo, consultante en organisation et auteure du Best-Seller La Magie du rangement, consiste à désencombrer son intérieur en triant ses affaires par catégories successives (vêtements, livres, papiers administratifs, objets divers et objets à valeur sentimentale) afin de ne conserver que celles qui suscitent de la joie. Il s’agit à terme d’avancer vers un quotidien répondant à nos aspirations. Il peut s’agir de reprendre en main ses finances via une stratégie raisonnée de gestion de budget, d’appliquer certains principes philosophiques comme le stoïcisme (se concentrer sur ce que l’on peut contrôler et accepter ce sur quoi l’on n’a pas de prise), ou encore solliciter l’aide d’un mentor, une personnalité que l’on admire et qui nous accompagnera sur le chemin du succès.

Les relations sociales ne sont pas en reste : alors même que les interactions numériques limitent la profondeur des connexions humaines, il s’agit de remettre l’intelligence relationnelle au cœur des échanges afin d’attirer les relations saines et de se constituer un réseau professionnel. Cela passe par certaines prises de conscience comme le langage du corps et l’importance de l’humour, voire même par certains apprentissages comme l’écoute active, la conversation et la communication non violente. Enfin, il est possible d’apprendre à décoder les émotions cachées derrière les mots. En effet, le visage humain exprime spontanément sept émotions universelles (joie, surprise, colère, dégoût, peur, tristesse et mépris) qui permettent de traduire les émotions d’un interlocuteur.

6. Des habitudes pour améliorer sa productivité

La vie moderne nous amène souvent à penser que nous manquons constamment de temps pour faire ce que nous voudrions, ce qui génère une intense frustration. Or être productif ne signifie pas accomplir davantage de choses. « En réalité, la productivité est un état d’esprit qui consiste à travailler plus intelligemment en gérant votre temps, votre attention et votre énergie de façon équilibrée » (p. 107). Il est en effet vital d’optimiser ses efforts pour se concentrer sur les tâches importantes, celles qui nous rapprochent de la meilleure version de nous-mêmes.

À la base des propositions d’Onur Karapinar en termes d’amélioration de la productivité se trouve la vision : il s’agit du « Pourquoi », une idée profondément porteuse de sens qui nous inspire, nous aide à établir nos nouvelles routines, donne du sens à nos actions et nous pousse à triompher de toutes les épreuves. Ce concept a été pensé par Simon Sinek dans son ouvrage Commencer par Pourquoi. Il décrit la mission, la croyance ou la cause qui est à la source de nos passions et de nos aspirations. Le « Pourquoi » est au centre d’un modèle appelé le cercle d’or, qui permet de communiquer ce qui nous anime en le divisant en trois parties : ce que nous faisons, comment nous le faisons et pourquoi nous le faisons.Une introspection est donc nécessaire pour déterminer ce « Pourquoi ». Pour réaliser cette démarche de nombreuses possibilités s’offrent à nous, comme par exemple écrire ce que l’on souhaite, s’imaginer vieillard, visualiser ses objectifs, identifier les compétences restant à développer…

Pour devenir plus productif, il s’agit de se fixer des priorités, puis de diviser les tâches en micro-tâches plus motivantes, ce qui permettra de mieux planifier son temps, de se fixer des objectifs concrets et de mieux s’organiser. Rester focalisé sur ses priorités peut se traduire de différentes manières : se concentrer sur une seule tâche à la fois, automatiser ou déléguer certaines tâches, mais aussi se réconcilier avec le fait de dire « non ».

La multiplication des écrans et de toutes leurs sollicitations contribue à réduire drastiquement notre niveau d’attention : cette dispersion nous empêche de générer une concentration profonde et de fournir un travail de grande qualité. Identifier et réduire voire supprimer ces distractions (par exemple, en désactivant les notifications de son navigateur ou en éteignant son téléphone pour une durée déterminée) est un véritable enjeu.

7. Conclusion

Les habitudes possèdent un pouvoir qui est souvent sous-estimé. Plus l’on prend de bonnes décisions au quotidien, meilleure sera notre qualité de vie et plus on pourra gagner en liberté pour vivre de nouveaux défis, se rapprocher de nos aspirations profondes et contribuer à l’évolution de l’humanité. Car les plus grandes réussites sont le résultat d’une somme d’habitudes, de petites décisions quotidiennes.

8. Zone critique

Cet ouvrage s’adresse à des lecteurs qui ressentent le besoin de changements durables pour mener une vie porteuse de sens. Il se présente comme un guide que chacun peut s’approprier pour se rapprocher de ses aspirations profondes et de la personne que nous rêvons d’être.

L’écriture d’Onur Karapinar, fluide et riche, garantit une lecture plaisante, inspirante. L’auteur montre de grandes qualités pédagogiques qui font de ce livre le compagnon de route idéal. Le contenu est dense et varié puisqu’il passe en revue tous les aspects de la vie : sommeil, nutrition, sport, réseau professionnel et même rangement. Particulièrement pratique, le livre aiguille le lecteur vers un grand nombre de ressources, livres, médias et applications, qui pourront accompagner judicieusement la démarche de changement d’habitude.

9. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Petites Habitudes, Grandes Réussites – 51 pratiques inspirantes pour devenir la meilleure version de soi-même, Paris, Éditions Eyrolles, 2019.

Autres pistes– Roy Baumeister, John Tierney, Le Pouvoir de la volonté : la nouvelle science du self-control, Paris, Flammarion, coll. « Clé des champs », 2017.– Charles Duhigg, Le Pouvoir des habitudes : changer un rien pour tout changer, Paris, Flammarion, coll. « Clé des champs », 2016.– Carol S. Dweck, Osez réussir ! Changez d’état d’esprit, Bruxelles, Mardaga Éditions, 2017.– Robert Greene, Atteindre l’excellence, Paris, Éditions Leduc, coll. À contre-courant, 2014.– Marie Kondo, La Magie du rangement, Paris, Éditions First, 2015.– Maxwell Maltz, Psychocybernétique : Comment changer l’image de soi pour transformer sa vie, Éditions Dangles, Coll. Psycho-soma, 1999.– Robert Greene, Atteindre l’excellence, Paris, Éditions Leduc, coll. « À contre-courant », 2014.– Yuval Noah Harari, Sapiens : Une brève histoire de l’humanité, Paris, Albin Michel, 2015.– Simon Sinek, Commencer par Pourquoi – Comment les grands leaders nous inspirent à passer à l'action, Escalquens, Performance, 2015.

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