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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Questions de sociologie

de Pierre Bourdieu

récension rédigée parGarance RobertDoctorante en Études politiques (CESPRA-EHESS).

Synopsis

Société

Recueil de réponses aux questions posées lors d’entretiens ou d’interventions orales entre 1973 et 1980, Questions de sociologie se propose de découvrir les « cuisines de la science », selon l’expression du sociologue. Véritable entrée dans la pensée de l’auteur – du point de vue des thèmes abordés, des grands concepts forgés, ou de la méthode adoptée, l’ouvrage rend pour une part accessible une œuvre complexe et foisonnante. Mais le volume offre également des prolongements aux interrogations qui ne trouvent pas de réponses explicites dans les œuvres de Bourdieu.

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1. Introduction

Dans cet ouvrage, Pierre Bourdieu reprend des thèmes et des analyses entamées notamment avec Jean-Claude Passeron dans Les héritiers (1969) ou La Reproduction (1970) où ils formulent une critique de l’école conservatrice, reproductrice d’inégalités sociales. La question de la distinction y est également abordée, et explicitée, car souvent mal comprise lors de la parution de l’ouvrage éponyme en 1979. Enfin, Questions de sociologie traite de questions présentes dès la parution du Métier de sociologue (1968), où naît une réflexion épistémologique sur les objectifs et les méthodes de la sociologie.

Ce livre s’articule donc autour de deux axes qui s’entremêlent : des apports méthodologiques et épistémologiques, mais aussi et surtout l’application de ces « recettes » à des thèmes, des espaces sociaux, des exemples précis, tous en lien plus ou moins direct avec le concept de culture.

Véritable « préface à une œuvre souvent foisonnante et difficile » , cet ouvrage nous offre une entrée dans les méthodes d’un intellectuel engagé. Il nous permet d’assister à l’élaboration, la reformulation et l’application de concepts fondamentaux pour comprendre la sociologie critique de Pierre Bourdieu. La question de la domination, des rapports de force et des conflits entre les groupes sociaux est au centre de la sociologie bourdieusienne.

Pour lui, « Si le sociologue a un rôle, ce serait plutôt de donner des armes que de donner des leçons » . Bien qu’elle comporte une dimension résolument déterministe, cette science critique comporte l’espoir que la prise de conscience de la domination aux groupes en position subordonnée contribue à leur donner les moyens de la combattre, et de la réduire. Pour Bourdieu, l'intention de dire la vérité sur le monde social situe nécessairement sa sociologie au cœur d'une arène où la vérité est un enjeu de luttes.

2. L’engagement du sociologue

La question de la domination, des rapports de force et des conflits entre les groupes sociaux est au centre de la sociologie bourdieusienne. Le ton se fait souvent dénonciateur : son travail de dévoilement prétend mettre au jour les processus qui rendent les valeurs dominantes légitimes, et qui sont les fondements de mécanismes de domination.

Pour lui, « Si le sociologue a un rôle, ce serait plutôt de donner des armes que de donner des leçons ». Bien qu’elle comporte une dimension résolument déterministe, cette science critique comporte l’espoir que la prise de conscience de la domination aux groupes en position subordonnée contribue à leur donner les moyens de la combattre, et de la réduire. Sa prise de position en faveur des classes populaires est avérée, en témoigne sa pensée sur l’école et les stratégies de distinction qui met à mal les croyances académiques et les prétentions aristocratiques des classes supérieures.

Dans « Grève et action politique », il va jusqu’à s’interroger sur des moyens d’action politique concrets. Pour Bourdieu, l'intention de dire la vérité sur le monde social situe nécessairement sa sociologie au cœur d'une arène où la vérité est un enjeu de luttes.

Les intellectuels eux-mêmes doivent d’ailleurs se soumettre à l’examen sociologique, dont le jeu et les enjeux étaient jusqu’à alors souvent hors de l’étude. Le « rapport triomphant » que les intellectuels ont souvent avec eux-mêmes en est affecté. Cette perspective peut en outre constituer une arme pour ces mêmes intellectuels contre les stratégies de « culpabilisation » auxquelles ils se trouvent parfois être confrontés.

3. La méthode : théorie générale et interdisciplinarité

Bourdieu défend la possibilité d’une théorie générale à même de décrypter les faits sociaux. La refuser constituerait une hypocrisie, car une étude sociologique est toujours sous-tendue par une conception globale, aussi « micro » soit cette étude.

Le sociologue aspire à se situer dans le sillage des pères fondateurs de la sociologie, tels Marx, Durkheim ou Weber, en mobilisant l’ensemble des concepts et des méthodes qu’ils ont accumulé. Pourtant il ne prétend pas pour autant réconcilier tous les pans et toutes les traditions sociologiques les unes avec les autres. Bourdieu revendique enfin sans jamais la nommer en ces termes une forme d’interdisciplinarité. Désignant comme « artificielles » les frontières entre les différentes sciences sociales (notamment les barrières avec l’ethnologie « pur produit de l’histoire coloniale » ou encore avec la psychologie et la science politique), il réclame à la fois leur effacement et la collaboration entre les disciplines pour mieux comprendre la réalité sociale.

Des problèmes méthodologiques plus spécifiques sont abordés par Bourdieu dans Question de sociologie, notamment la question des frontières artificielles et arbitraires entre les catégories. Il illustre cette artificialité de la frontière avec l’exemple de la jeunesse : à quel âge cesse-t-on d’être jeune ? Quelle que soit la réponse que l’on apporte à cette question – tout comme on apporterait une réponse à quand commence la richesse / la pauvreté – elle est nécessairement un enjeu de lutte. Plus l’on s’éloigne de la jeunesse, plus l’on est légitime de détenir des attributs de pouvoir (spécifique à un domaine social, ce qu’il appelle un « champ »), donc la définition des générations est un enjeu de pouvoir qui varie selon l’espace social concerné.

4. Un exemple d'application : la fabrication de l’opinion publique

Dans l’exposé de 1972, L’opinion publique n’existe pas, Bourdieu dénonce la fiction que constitue la construction de « l’opinion publique ». Critiquant les méthodes des soi-disant « enquêtes d’opinion », il énonce leurs présupposés implicites et démontre leur invalidité.

Le premier présupposé énonce que « la production d’une opinion est à la portée de tous » (p. 222). Animé par un « sentiment naïvement démocratique », nous sommes amenés à penser que chaque individu a la capacité de formuler un avis à propos de n’importe quel problème. Le sociologue montre qu’il n’en est rien, en mentionnant d’abord l’élimination des non-réponses. À l’instar des votes blancs lors des consultations électorales, les non-réponses ne sont pas comptabilisées pour elles-mêmes, alors même qu’elles nous apprennent beaucoup sur la sociologie des enquêtés (certaines catégories, comme les femmes, ou encore les personnes moins instruites, ont un taux de non-réponses beaucoup plus élevé). De plus, les sondages questionnent des individus sur des problèmes sur lesquels ils ne seraient pas nécessairement interrogés. Confrontés à ce type de questions, et contraints d’y répondre immédiatement, ils doivent choisir entre des réponses pré-formulées, qui correspondent peu à la nuance qu’ils auraient voulu apporter.

Enfin, la compétence politique, pourtant nécessaire pour répondre adéquatement à une question politique, n’est pas également partagée entre les individus, puisque, sauf cas particulier (comme les militants, par exemple), elle est liée au niveau d’instruction. La probabilité d’avoir une opinion sur tous les problèmes nécessitant d’avoir un savoir politique est donc finalement assez faible.

Le second postulat consiste à considérer que toutes les opinions produites ont la même valeur. Les sondages considèrent comme semblables et additionnent des opinions qui n’ont en réalité pas la même force sociale. Il y a en effet un abîme entre une opinion isolée, peu réfléchie, choisie presque au hasard et une opinion qui reflète celle d’un groupe social organisé, susceptible d’agir pour la faire triompher. En outre, une question est systématiquement réinterprétée en fonction des intérêts des gens à qui elle est posée.

Ainsi, le sondage saisit seulement l’opinion qu’une personne exprime dans une situation spécifique. Les circonstances où se constituent véritablement les opinions correspondent souvent à des moments où les individus doivent se situer par rapport à des opinions déjà formulées – par exemple lors de crise. Les opinions sont alors elles-mêmes des forces. Dans cette mesure, l’« opinion publique » est un moyen d’action politique puissant car extrêmement valorisée : symboliquement, avoir « l’opinion publique » avec soi donne un très grand pouvoir, car une très grande légitimité.

Enfin, le troisième présupposé réside dans l’hypothèse selon laquelle il y aurait un consensus sur les questions qui méritent d’être posées. Pourtant, les thèmes imposés par les instituts de sondage sont fortement déterminés par la situation politique et sociale et par la demande sociale des gouvernements, des partis politiques ou encore des médias, desquels les instituts de sondage sont économiquement dépendants. Ce sont donc des interrogations utilitaires qui relèvent de la problématique dominante, qui intéresse essentiellement les gens qui détiennent le pouvoir et qui entendent être informés sur les moyens d'organiser leur action politique.

Pierre Bourdieu prend l’exemple de la question de l’enseignement : elle devient véritablement politique seulement après Mai 68. Des questions plus « actuelles » devenues des « problèmes politique » par l’effet des sondages d’opinion et de leurs commanditaires comme l’immigration, la sécurité ou encore les banlieues pourraient aujourd’hui illustrer ce propos.

5. Le capital

Dans Questions de sociologie, Bourdieu explique la manière dont il fut amené à différencier les types de capital, autre qu’économique, ignorés de la théorie marxiste. Il comble ainsi un vide existant à l’époque entre la théorie des classes sociale d’un côté et les descriptions empiriques de l’autre. Il met notamment en évidence l’existence d’un « capital culturel ».

Celui-ci se définit par l’ensemble des ressources culturelles (savoirs, savoir-faire ou compétences, maîtrise de la langue et des arts…) détenues par un individu et qu'il peut mobiliser. Le capital culturel peut prendre trois formes : d’abord, les biens culturels qu'un individu possède (les livres, les œuvres d'art…) ; puis la forme de compétences culturelles attestées par des diplômes scolaires (bac, licence, master etc.) ; enfin, il peut être « incorporé », c'est-à-dire qu'il fait partie de l'individu lui-même en tant que dispositions apprises lors du processus de socialisation et qui sont mises en œuvre lors de différentes activités (consommation de biens culturels comme une pièce de théâtre, échanges langagiers par exemple à l'école, etc.).

Bourdieu met également en lumière l’existence d’un capital social, qui regroupe l’ensemble des ressources, provenant d’un réseau de relations, que peuvent utiliser des individus ou des familles.

Ce que le langage ordinaire désigne comme l'effet de la réussite scolaire « pure », l’effort, ou l'action des « relations » devient ainsi l'objet de l’enquête de Bourdieu et de ses analyses. Il tente de mettre au jour la logique selon laquelle une espèce particulière de capital est « accumulée », « transmise », « reproduite », à l’instar du capital économique.

• Le capital culturel et la réussite scolaireContre le mythe d’une école où tous les élèves seraient véritablement égaux, contre l’idée selon laquelle elle tendrait à favoriser une véritable méritocratie, Bourdieu revient, dans Questions de sociologie, à plusieurs occasions, sur ce rôle « conservateur » de l’école : la réussite scolaire est en réalité grandement déterminée par la possession d’un capital culturel. Le langage et sa maîtrise étant un élément fondamental de ce capital, il expose dans « Ce que parler veut dire » que le langage qui est valorisé à l’école est celui des classes dominantes.

C’est un langage parfois qualifié de distingué (et l’on voit bien là le sens commun se mêler au sens sociologique que Bourdieu donne au terme « distinction » que l’on explicitera). Il recouvre à la fois une grande maîtrise des règles de grammaire, d’orthographe, de syntaxe… facilitée par l’apprentissage de ces règles dans son milieu d’origine. Mais savoir parler passe également par une manière de s’exprimer avec aisance, or de celle-ci on dit qu’elle « ne s’apprend pas ».

Bourdieu montre au contraire donc que, si cette acquisition n’est que peu consciente, elle est bien le produit d’un apprentissage par « incorporation » : c’est-à-dire que les individus s’imprègnent de ces savoirs et savoir-faire sans avoir à les retenir de manière mécanique. Ceci explique que certains individus qui ne sont pas issus de ces classes dominantes aient plus de difficultés à paraître « à l’aise » alors même qu’ils peuvent posséder une grande maîtrise formelle du langage, et ne pas aussi bien réussir à l’école que d’autres.

6. Le champ et la distinction

À l’occasion de l’étude d’un champ spécifique, celui de la haute couture, Bourdieu identifie les caractéristiques communes à tous les champs. Défini comme un espace de jeu, de concurrence, entre des individus ou des institutions, pour les mêmes enjeux, il représente une partie de l’espace social devenue autonome. Dotée d’une histoire propre, celle-ci est recoupée et possède un lien plus ou moins direct avec l’histoire des autres champs et de l’espace social en général.

Les individus qui dominent le champ sont ceux qui détiennent le plus de capital accumulé de légitimé spécifique : ce que le sociologue nomme le capital symbolique. Ceux-ci ont pour objectif de conserver leur place en employant différents types de stratégies.

Dans le champ de la haute couture – des années 1970 – l’ancienneté des dominants recoupe souvent leur position de domination : ce sont les couturiers de la Rive Droite. Pour conserver leur position ils « tiendront toujours le discours vague et pompeux du « cela-va-de-soi » ineffable » (p. 199). À l’image de la situation du champ des rapports de classe, ces dominants cherchent à produire un discours qui légitime leur position en tant qu’elle va de soi, qu’elle ne peut pas être remise en question. Par ce discours, ils se distinguent.

L’exemple du sport est illustre également ce phénomène de distinction. Le champ des pratiques sportives est en effet le lieu de luttes qui ont notamment pour enjeu de définir la pratique sportive légitime. Bourdieu expose ainsi que les pratiques sportives sont très différentes selon le groupe social auquel on appartient. Par exemple, les membres des classes populaires choisissent et valorisent des sports qui intègrent l’esprit de sacrifice, la force, le mélange des corps, l’exaltation de la compétition : sports collectifs chez les classes moyennes : football, rugby, handball, basket-ball… ou sport individuel plus typiquement populaire comme la boxe ou la lutte. Ceux des classes supérieures privilégient les sports souvent instrumentés, l’esthétisme et l’absence de contact direct : c’est le cas du golf et du polo, ou encore de la danse et de la gymnastique. Ces choix sont donc bien classants. Quel que soit le champ, les goûts sont toujours distinctifs.

Aux dominants d’un champ s’opposent les nouveaux entrants, qui doivent mettre en place des stratégies de subversion afin d’accumuler à leur tour du capital spécifique et tenter de renverser les positions jusqu’alors en vigueur. Cela peut aller jusqu’à provoquer une révolution et dévaluer ainsi le capital des anciens.

Ainsi, pour reprendre l’exemple de la haute–couture des années 1970, plus l’on va vers la Rive Gauche, plus l’on rencontre ces « nouveaux » : avant-gardistes, tel Courrèges, ils sont plus enclins à utiliser des matériaux « modernes » comme l’aluminium, les pantalons ou les mini-jupes sont plus présents dans leurs collections… Mais le renversement se fait toujours au nom du jeu lui-même. Les dominés déploient d’ailleurs souvent un argumentaire de retour aux sources, et ce dans tous les champs (peinture, cinéma…) : ils prétendent produire la vraie peinture, faire du vrai cinéma.

La lutte entre dominants et dominés est le moteur du champ. En restructuration intérieure constante (une part des dominés parvient à prendre la place des dominants), sa structure extérieure, générale, reste la même.

7. L’habitus

Pour Bourdieu, nos goûts en matière esthétique ou culturelle sont très largement déterminés par des habitus intégrés par imprégnation progressive tout au long de notre éducation et plus largement de notre vie : donc l’habitus détermine partiellement les stratégies de distinction que nous employons. C’est une notion-clé qui permet de comprendre la facilité avec laquelle les agents peuvent obéir à la logique intrinsèque du champ et satisfaire aux exigences qui s'y trouvent inscrites. Il est constitué par l’ensemble des dispositions, schèmes d’action ou de perception que l’individu acquiert à travers son expérience sociale.

Par sa socialisation, puis par sa trajectoire sociale, tout individu incorpore lentement un ensemble de manières de penser, sentir et agir, qui se révèlent durables. Bourdieu pense que ces dispositions sont à l’origine des pratiques futures des individus (et notamment de leur capital). L'habitus est donc « puissamment générateur », d’une infinité de pratiques, dont les stratégies des individus. Dans le cas des goûts musicaux par exemple, on s’aperçoit que les préférences ne renvoient pas tellement à des choix ineffables mais au mode d’acquisition de la culture musicale : musique en direct contre musique enregistrée, familiarité originaire d’une musique entendue dès son plus jeune âge contre acquisition d’un goût pour la musique à travers l’écoute de disque à l’école…

L’habitus est néanmoins plus qu’un simple conditionnement qui conduirait à reproduire mécaniquement ce que l’on a acquis, il ne doit pas être confondu avec une habitude. Dans la mesure où ces dispositions font système, l’habitus est à l’origine de l’unité des pensées et actions de chaque individu. Mais, dans la mesure où les individus issus des mêmes groupes sociaux ont vécu des socialisations semblables, il explique aussi la similitude des manières de penser, sentir et agir propres aux individus d’une même classe sociale.

La trajectoire sociale des individus peut conduire à ce que leur habitus se transforme en partie, il n’est donc pas figé. D’autre part, l’individu peut partiellement se l’approprier et le transformer par un retour sociologique sur soi.

8. Conclusion

Questions de sociologie permet de rendre plus accessible une pensée souvent complexe, notamment liée à une écriture parfois difficilement accessible. Ce livre éclaire et détaille certains points de l'œuvre de Bourdieu.

Par ailleurs, il constitue un véritable programme de recherche concernant les champs ainsi que l'analyse réflexive de la sociologie. Des thèmes qui ne sont ici qu’ébauchés trouveront plus tard leur concrétisation.

9. Zone critique

Cet ouvrage a le grand mérite de proposer des analyses spécifiques de thèmes précis : il propose ainsi en plus d’éclairer la dimension théorique de Bourdieu, de l’accompagner de propos sur des réalités sociales concrètes. Mais cet aspect est aussi ce qui constitue parfois le désavantage : certaines analyses sont datées, et c’est par exemple le cas de certains aspects de l’article sur l’opinion publique : par exemples les non-réponses sont maintenant prises en compte, et souvent mentionnées explicitement dans le sondage.

Pierre Bourdieu a fait, de son vivant, l’objet de nombreuses critiquent – qui émanaient parfois de personnalités qui semblaient avoir davantage des comptes à régler avec le sociologue qu’une véritable volonté de critiques constructives. Malgré la farouche opposition de certains, il est parvenu à se hisser au rang d’auteur classique, et l’utilisation très large de ses concepts – certes parfois seulement plaqués, « photocopiés » –- mais souvent féconds, témoigne de la richesse d’une sociologie critique indéniablement fertile.

10. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Questions de sociologie, Paris, Les Éditions de Minuit, coll « Documents », 1980.

Du même auteur– Pierre Bourdieu & Jean-Claude Passeron, Les héritiers : les étudiants et la culture, Paris, Les Éditions de Minuit, coll « Grands documents », 1964.– Avec Jean-Claude Passeron, La reproduction : Éléments d’une théorie du système d’enseignement, Les Éditions de Minuit, coll. « Le sens commun », 1970.– La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Les Éditions de Minuit, 1979. – Le sens pratique, Les éditions de minuit, collection Le sens commun, 1980. – Sur la télévision, Paris, Raisons d'agir éditions, 1996.– Contre-feux, Propos pour servir à la résistance contre l’invasion néo-libérale, Paris, Liber-Raisons d’agir, 1998.

Autres pistes– Pierre Bourdieu. Son œuvre, son héritage, Paris, Éditions Sciences Humaines, « Petite Bibliothèque », 2008 – Y. Delsaut & M.-C. Rivière, Bibliographie des travaux de Pierre Bourdieu, suivi d'un entretien sur l'esprit de la recherche, Le temps des cerises, Pantin, 2002– G. Mauger, « Pierre Bourdieu », in Critique, no 579/580, août-sept. 1995– L. Pinto, G. Sapiro & P. Champagne dir., Pierre Bourdieu, sociologue, Fayard, Paris, 2004.

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