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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Totem et Tabou

de Sigmund Freud

récension rédigée parValentine ProuvezÉducatrice spécialisée, doctorante en Études Psychanalytiques (Montpellier, Université Paul Valery).

Synopsis

Psychologie

Publié en 1913, Totem et tabou est un ouvrage de Sigmund Freud articulant les observations et théories anthropologiques – plus particulièrement celles qui se rapportent aux phénomènes du totémisme et du tabou – avec celles de la psychanalyse pour reconstituer la genèse de la conscience morale et des institutions culturelles. En interprétant à partir des méthodes et points de vue de la psychanalyse les données transmises par les anthropologues, il projette plus particulièrement d’apporter une explication à la question des origines de la prohibition de l’inceste et du meurtre, qui apparaissent comme des élément universels et structuraux dans le développement des sociétés humaines. Si ces deux prescriptions de tabous fondamentales constituent les productions les plus élémentaires de la moralité humaine, les premières institutions marquant la conclusion du pacte social, la question de leur origine doit en effet nous apparaitre comme déterminante dans la compréhension de notre nature sociale. En remontant par un raisonnement spéculatif jusqu’aux racines du lien social et de la culture, Freud espère ainsi pouvoir apporter des explications à la compréhension des complexes et tendances pathologiques qui se manifestent dans le développement des sociétés. Les trois premiers essais de l’ouvrage préparent ainsi l’introduction de la célèbre thèse du meurtre par les fils du père de la horde primitive, exposée dans sa dernière partie.

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1. De l’interprétation des données anthropologiques sur la vie des « sauvages » à l’exposition d’un mythe des origines de la culture

La psychanalyse s’est, dès le départ, aventurée hors du champ de la clinique pour investir des champs hétérogènes. Freud s’est ainsi attaché à montrer l’intérêt que présente la psychanalyse pour de nombreux domaines de savoir, tels que la psychologie, la linguistique, la philosophie, la biologie, l’histoire, l’esthétique, la sociologie et la pédagogie. Cette volonté d’introduire la psychanalyse dans une perspective interdisciplinaire s’est particulièrement affirmée durant l’écriture de Totem et Tabou : « J’écris en ce moment le Totem », écrit-il dans une lettre adressée à Ferenczi , « avec l’impression que ce sera mon plus important, mon meilleur et peut-être mon dernier bon travail ».

Publié en 1913 et dès lors considéré par Freud comme une pièce maîtresse de son œuvre, Totem et tabou est le texte fondateur de sa théorie du lien social et des origines de la culture. En écrivant successivement les quatre essais réunis dans cet ouvrage (d’abord publiés séparément dans la revue Imago, fondée par Hanns Sachs et Otto Rank), il porte le projet de « créer un lien entre ethnologues, linguistes, folkloristes, etc., d’une part, et psychanalystes, de l’autre ». Cette publication marque ainsi une conception nouvelle de la psychanalyse qui l’inscrit dans une perspective interdisciplinaire. Ce véritable tournant épistémologique conduira Freud à affirmer par ailleurs que « toute psychologie individuelle est aussi, d’emblée et simultanément, une psychologie sociale ».

En établissant une analogie entre la vie psychique des sauvages et celle des hommes primitifs, Freud se propose ici d’appliquer dans une première tentative, « les points de vue et les résultats de la psychanalyse à certains problèmes de la psychologie des peuples qui n’ont pas encore trouvé de solution ». Il s’agit de percer le sens d’usages ou de traditions ancestrales, de faits et de tendances qui se retrouvent dans toutes les cultures, et que la psychologie sociale ne serait pas encore parvenue à expliquer. Freud a en effet l’intuition que de fortes similitudes existent entre la vie psychique des sauvages – supposée demeurée proche de celle des premiers hommes – et celle des névrosés. Il souhaite ainsi démontrer que les complexes inhérents à l’insistance de revendications pulsionnelles de nature archaïque (pulsions égoïstes, pulsions « sexuelles » originellement incestuelles, pulsions d’agression ou de destruction), étaient en fait présents depuis les origines de l’humanité. Seulement, ils étaient refoulés dans le fond inconscient de la mémoire des névrosés, parce qu’incompatibles avec les exigences de leur conscience morale. Ils étaient maintenus durablement hors du champ de la conscience, autrement dit, censurés.

Freud va donc formuler l’hypothèse selon laquelle la culture aurait elle aussi une structure névrotique. Les 3 premiers essais de l’ouvrage, « La Crainte de l’inceste », « Le Tabou et l’ambivalence des sentiments », « Animisme, magie et toute-puissance des idées » seront consacrés à la mise en lumière et à l’analyse des éléments symptomatiques de cette névrose culturelle. En particulier, Freud va distinguer dans les formes archaïques de notre organisation sociale une expression manifeste du « complexe d’Œdipe », dont l’existence dans la vie psychique des névrosés a été mise en évidence par la clinique. Dans le quatrième et dernier essai, « le Retour infantile du totémisme », Freud s’attache donc à expliquer, au travers l’exposition d’un mythe scientifique, de quel acte évènementiel a pu naitre ce complexe : c’est le célèbre récit de la mise à mort du père primitif par les fils de la Horde.

Pour suivre le cheminement de la pensée de Freud, nous présenterons dans une première partie l’intérêt de la technique psychanalytique pour la compréhension des complexes sociaux ; cela nous conduira dans un second temps à examiner la symbolisation de l’Autorité dans le totem et la question de l’établissement des interdits fondamentaux ; puis nous nous intéresserons à la formation de la conscience morale, à partir du complexe d’Œdipe. Nous présenterons enfin les thèses fondamentales développées par Freud dans la quatrième et dernière partie de l’essai, au travers l’exposition du mythe scientifique de la Horde.

2. De l’intérêt de la technique psychanalytique pour la compréhension des complexes sociaux

La clinique a enseigné à Freud que la formation de notre conscience morale, qui intervient normalement dans les premières années de notre développement psychique, s’accompagne de violents conflits entre d’une part le besoin impérieux de satisfaire les pulsions immédiates, et d’autre part la condamnation des voies qui permettraient cette satisfaction, par un jugement moral. Le tiraillement de la vie psychique entre les pulsions (de nature inconsciente) et les idéaux moraux est source de souffrance, d’angoisse, de sentiments d’impuissance et de culpabilité. La fixation du conflit psychique autour d’une situation particulière – par exemple dans la relation de l’enfant à ses parents – constitue ce que Freud appelle un complexe. Ce complexe se traduit par la production de symptômes, qui sont autant de tentatives de résolution de ce conflit. Tant que ce complexe ne sera pas liquidé (résolu), il continuera de se décliner au travers de manifestations symptomatiques : c’est ce qui caractérise le vécu des névrosés.

En considérant l’importance des rituels et des pratiques expiatoires dans la vie des sauvages, dont la description abonde dans les observations des anthropologues, Freud formule l’hypothèse selon laquelle ils se rapporteraient à des complexes sociaux, dont ils constitueraient une forme d’expression symptomatique. Il s’interroge donc sur la nature de l’évènement qui a fait naître ces complexes, qu’il suppose – comme la clinique des névrosés lui a enseigné – être également le point d’origine des premières formes de la moralité humaine. Or l’idée du Droit, l’introduction de la loi qui marque la conclusion par les hommes du premier pacte social, découlent chronologiquement de la formation de cette conscience morale. Cela conduit donc Freud à formuler cette hypothèse fondamentale, suivant laquelle les premières institutions culturelles seraient des productions symptomatiques (d’essence névrotique) déterminées par ce complexe.

Il s’intéresse ainsi aux origines du lien social et de la culture : quel est cet évènement originaire qui nous a transmis notre humanité ? Quelles sont les traces que cet évènement a laissé dans notre inconscient collectif, les complexes qui se seraient transmis depuis ce temps inaugural à travers la succession des générations ? De cette origine déterminante précédant le langage, notre savoir est vierge : rien n’a pu en être conservé et celle-ci se perd ainsi dans la nuit des temps. La technique psychanalytique, consistant à remonter les chaînes d’associations inconscientes (secondaires) jusqu’à accéder à un lien de causalité primaire (originel), constitue donc selon Freud la seule possibilité pour découvrir le fond de notre inconscient collectif. Il s’agit de remonter l’histoire de la culture à rebours pour parvenir à une déduction spéculative de ses origines.

3. L’Autorité symbolisée dans le totem, l’établissement des interdits fondamentaux

À partir des observations de l’organisation sociale et religieuse des tribus primitives réalisées par les anthropologues (Frazer, Wundt ) et plus particulièrement du totémisme et des tabous qui lui apparaissent comme les formes les plus anciennes du phénomène de la conscience morale, Freud entrevoit la voie royale pour accéder à la connaissance des origines de la culture et de nos tendances sociales les plus fondamentales.

En effet, ayant d’abord montré que l’institution de la loi de l’exogamie (c’est-à-dire de l’interdit de l’inceste) se retrouve dans toutes les cultures comme un principe structural fondamental et que la crainte de sa transgression s’exprime par ailleurs de façon particulièrement significative dans la vie des sauvages, il suppose ainsi qu’un instinct naturel nous pousserait à l’inceste, étant donné que « ce que la loi interdit aux hommes, c’est uniquement ce qu’ils seraient susceptibles de faire s’ils cédaient à la pression de leurs pulsions ». Or, il constate à partir des travaux de Frazer que cette interdiction fondamentale est corrélative de la phase du totémisme, qui constituerait une étape première dans l’organisation de toutes les cultures.

Le totémisme se caractérise par deux commandements (deux tabous) fondamentaux : celui du crime contre le totem, et celui d’avoir des relations sexuelles avec une femme appartenant au même totem (et donc à fortiori de l’épouser, d’avoir avec elle une descendance). Mais qu’est ce que le totem, et quelle est sa fonction dans l’organisation sociale ? Selon Freud, ce totem ne peut-être que la représentation substitutive d’une figure absente, dont l’évocation impressionnerait le psychisme de façon si puissante que celle-ci ne pourrait pas être directement nommée, ou désignée. Autrement dit, le totem présentifierait cette puissance absente sous une forme symbolique, et garantirait par l’autorité qui lui est attribuée le respect des lois sociales fondamentales. Reste donc pour Freud à distinguer de quelle figure réelle, reconnue comme Autorité par tous les membres de la communauté, le totem constituerait une représentation symbolique.

C’est à partir des similitudes troublantes qu’il repère entre les deux crimes d’Œdipe, qui tua son père et prit sa mère pour femme, et les prescriptions de tabou caractérisant le totémisme, que Freud propose de substituer la figure du père à celle de l’animal totem.

4. Le complexe d’Œdipe, aux origines de la conscience morale

Ce raisonnement analogique nous ramène ainsi à la situation classique du complexe d’Œdipe, rencontrée par Freud dans la clinique des névrosés. Concept central en psychanalyse exposé pour la première fois en 1900 dans L’interprétation des rêves, l’Œdipe renvoie au désir inconscient de maintenir avec la mère un rapport fusionnel, contrarié par la présence autoritaire du père. Par crainte de subir la colère de ce père, l’enfant est contraint de refouler les revendications pulsionnelles fixées à l’objet maternel. L’insuffisance de ce mécanisme de défense (le refoulement) se traduit par la réactualisation incessante de ce qui a été interdit, sous des formes déguisées à la conscience : ce sont les symptômes névrotiques. Tant que ce complexe n’a pas été résolu par l’identification au père et l’acceptation de sa loi, amenant un détachement de l’objet pulsionnel originaire et la recherche d’un substitut en dehors de la sphère familiale, la situation de l’Œdipe se maintient fantasmatiquement.

La relation avec le père, en particulier, et avec toutes les figures substitutives symboliquement associées à sa fonction, se situe alors dans un rapport extrêmement ambivalent : entre la haine, l’amour et l’admiration craintive. L’individu fantasme la mort de ce père et attribue en son for intérieur la même puissance de détermination à ses pensées meurtrières qu’aurait une action réelle. Fantasmatiquement, le fils tue le père dans le dessein d’accaparer sa puissance ; mais sitôt cet acte accompli, il éprouve le manque et le regret, auquel s’associe un sentiment durable de culpabilité. Le principe de soumission à l’Autorité incarnée par le père se forme ainsi après-coup.

La situation de l’Œdipe est donc selon Freud la condition de la formation de la conscience morale dans le psychisme humain. De son issue dépendent notre capacité à nous inscrire dans la communauté des hommes en intégrant les lois du vivre ensemble. L’histoire de nos premiers rapports avec l’Autorité et les affects que nous leur avons associés est déterminante dans la structuration de notre psychisme et modèle nos comportements sociaux : une hostilité marquée contre l’Autorité, tout comme une attitude systématique de soumission ou des tendances hypermorales fondées sur la culpabilité, continueront de se décliner sous des formes symptomatiques dans la vie sociale de l’homme devenu adulte.Il en va de même selon Freud de notre organisation sociale dont les structures élémentaires résulteraient aussi, ainsi qu’il l’a montré à partir de l’analyse du système totémique, des conditions du complexe d’Œdipe.

5. L’exposition du mythe de la horde

Les trois premiers essais de l’ouvrage ont mis en évidence l’existence du complexe d’Œdipe à l’échelle de l’humanité : désir d’inceste, opposition de la loi du père, ambivalence des sentiments, désir meurtrier contre ce père, idéalisation du père mort sous la forme d’un symbole (le totem). Dans cette quatrième et dernière partie, « Le Retour infantile du totémisme », Freud tente maintenant de percer le mystère des origines du système totémique. En s’appuyant sur la théorie darwinienne de la horde primitive, il expose ici son célèbre mythe des origines de la culture : au commencement existait un groupe d’hommes qui évoluaient sous l’autorité d’un père tyrannique et tout-puissant. Terme premier dans la chaine générationnelle, ce père archaïque réduisait ses fils à l’état d’impuissance absolue en accaparant pour lui-même la jouissance de tous les biens et de toutes les femmes.

Dans la haine qu’ils ressentent communément contre ce père, les fils vont pouvoir se reconnaitre comme frères et conclure un premier pacte de solidarité dans la préparation d’un complot : « Un beau jour les fils chassés se regroupèrent, abattirent et mangèrent le père, mettant ainsi fin à la horde paternelle ». Leurs sentiments à l’égard du père étaient cependant ambivalents : divisés entre la haine, l’amour et la fascination. La mise à mort de ce père eut pour conséquence de le rendre fantasmatiquement plus puissant et omniprésent. Par crainte d’avoir à subir un châtiment pour leur acte, ils s’interdirent alors de posséder ce qui lui avait jadis appartenu. Ainsi établirent-ils les deux tabous fondamentaux du totémisme : l’interdit de porter atteinte au totem (symbole de l’Autorité du père) et l’interdit de l’inceste. Les frères conclurent également le premier pacte social en instituant l’interdit de tuer son semblable, son frère. Ils décidèrent de se partager symboliquement la puissance du père en le consommant, lors du repas totémique. Cette figure de la toute-puissance devint dès lors un idéal, perdu pour tout homme. Et cette célébration marque son entrée dans l’humanité.

Freud définit le meurtre du père comme « cet événement considérable qui marqua le début de la civilisation et n’a pas cessé, depuis, d’inquiéter l’humanité ». Ainsi écrit-il, « la société repose maintenant sur la culpabilité partagée pour le crime commis en commun, la religion sur le sentiment de culpabilité et le repentir qui s’en est suivi, la moralité pour partie sur les nécessités sociales, pour l’autre partie sur la pénitence requise par le sentiment de culpabilité ». Cet évènement premier aurait également laissé des marques indélébiles dans notre mémoire collective, lesquelles se transmettraient d’une génération à l’autre sous la forme d’un héritage inconscient.

6. Conclusion

En s’appuyant sur les découvertes de la psychanalyse, Freud parvient ainsi à expliquer le sens caché du totémisme et à remonter à cet acte originaire qui marque la naissance de la culture. Par son interprétation des observations relevées par les anthropologues sur les phénomènes du totémisme et du tabou, il tente d’établir le fait que le complexe d’Œdipe, dont la présence dans l’inconscient individuel a été mise en évidence par la clinique des névrosés, s’est développé en un temps inaugural à l’échelle de l’humanité.

Le meurtre du père constituerait ainsi un évènement historique déterminant dans la structure et l’évolution des sociétés humaines. En affirmant que la civilisation s’est structurée à partir du complexe d’Œdipe, Freud pose en même temps le fait que celle-ci serait d’essence névrotique. Point de départ de la théorie freudienne du lien social et de la culture, ces réflexions seront prolongées et étayées dans ses écrits ultérieurs, en particulier dans Psychologie des foules et analyse du moi (1921), L’Avenir d’une illusion (1927) et Le Malaise dans la culture (1930).

7. Zone critique

La réception des thèses développées dans Totem et Tabou, particulièrement dans sa dernière partie intitulée « Le retour infantile du totémisme », fut particulièrement mitigée à la fois au sein de l’anthropologie et parmi les psychanalystes. On reprocha notamment à Freud de s’être appuyé sur des observations caduques ou insuffisantes, ainsi que le caractère assez douteux de la méthodologie employée.

En effet, la démonstration de Freud se fonde sur la correspondance qu’il établit entre la vie des indigènes observés par les anthropologues, dits « sauvages », et ce qu’aurait été celle des peuples primitifs ; cette analogie est fondée sur une théorie sociale évolutionniste considérant que toutes les sociétés se développent de façon linéaire selon un même plan, les sociétés occidentales constituant la forme la plus avancée de cette évolution. Ces théories anthropologiques ont depuis (bien heureusement) été contestées et abandonnées par les scientifiques.

Ces critiques sont certes justifiées, mais il n’en demeure pas moins qu’en écrivant ce texte Freud a accompli le pas décisif d’indiquer la possibilité et la richesse d’un nouveau domaine de recherche : l’anthropologie psychanalytique. Plus d’un siècle après cette publication, les réflexions introduites par Freud sur les origines de nos institutions culturelles, des religions et de la morale demeurent ainsi fondamentales.

8. Pour aller plus loin

– Assoun Paul-Laurent, Freud et les sciences sociales. Psychanalyse et théorie de la culture [1993], Paris, Armand Colin, 2008.

– Basualdo Carina, Braunstein Néstor A., Fuks Betty (dir.), Totem et tabou. Cent ans après, Lormont, Le Bord de l’eau, coll. « Psychanalyse, sciences sociales et politique », 2013.

– Causse Jean-Daniel, Figures de la filiation, Paris, Cerf, 2008.

– Chalmeton Michelle et Vincent, Sigmund Freud: la vie et œuvre 1856-1939, Ed. Economica, 2005.

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