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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Backlash

de Susan Faludi

récension rédigée parNatacha Giafferi-DombreDocteure en anthropologie et chercheuse indépendante, membre de l’ANR PIND (Université de Tours).

Synopsis

Société

Les avancées du féminisme dans les années 1970 auraient entraîné lors de la décennie suivante, marquée par l’influence de la nouvelle droite américaine, une revanche à la fois politique et médiatique visant à démanteler des droits durement acquis. Susan Faludi se livre à une critique extensive et documentée des politiques, des médias, du marketing et des études scientifiques qui, ensemble, ont concouru à vulgariser un nouveau discours antiféministe. Record de ventes dans plusieurs pays, le livre a eu un grand écho auprès des mouvements féministes en Amérique du Nord et dans le monde.

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1. Introduction

Backlash (« retour de bâton ») paraît aux États-Unis à une époque où les droits des femmes sont présentés dans les médias comme une chose acquise. L’égalité est censée être achevée et l’indépendance des femmes est mise en scène dans des publicités qui visent cette nouvelle clientèle.

Si l’image que nous avons gardée des années 1980 est la superwoman en tailleur à larges épaules se frayant un chemin dans la jungle professionnelle, c’est que le marketing de l’époque a bien fonctionné, car le livre de Faludi porte un message d’alerte totalement à contre-courant de cette représentation dominante : les droits des femmes sont en réalité en forte régression à cette période où l’influence des néoconservateurs se fait sentir chez les Républicains de retour au pouvoir : « Nous assistons depuis dix ans à une revanche, à une puissante contre-offensive pour annihiler les droits des femmes » (p.23), écrit-elle en 1991.

S’appuyant sur des études statistiques et des enquêtes journalistiques qu’elle mène personnellement, Faludi aborde tour à tour le droit à l’avortement, l’accès à l’emploi, l’égalité des salaires, le partage des tâches domestiques et les injonctions esthétiques faites aux femmes, à travers la vision qu’en offrent les médias, les productions culturelles populaires, le marketing et la politique de cette décennie.

Après avoir souligné la dimension mythique de la libération féminine et le caractère cyclique des avancées-régressions en matière de droits des femmes, l’auteure dévoile la construction politique et médiatique d’une nouvelle image de la femme, les politiques du genre dans le domaine de la famille et de la maternité, enfin les conséquences directes qui en ont découlé en termes de santé et d’emploi.

2. Les années quatre-vingt, une période de régression

« Faire du féminisme l’ennemi des femmes » (p.24) : voici l’inversion rhétorique de la contre-offensive lancée par la nouvelle droite. La libération des femmes aurait causé leur chute en allant à l’encontre de leur vraie nature, domestique et maternelle. Au début des années 1980, l’offensive contre les femmes résulte d’une alliance entre le pouvoir politique, les médias, le marketing et certains secteurs de la société qui trouvent intérêt à cette régression.

Par la diffusion massive d’études statistiques – incomplètes ou erronées–, d’articles journalistiques et de publications moralisantes signées par de faux psychologues et des pseudo-experts, les médias créent un véritable enfumage. La stérilité, les troubles psychiques, le divorce, les familles monoparentales et les crèches sont présentés comme l’héritage pervers des féministes.

Des concepts sont inventés, tels que l’horloge biologique, pressant les femmes de « revoir leurs priorités » ; l’endométriose, comme « maladie de la femme active » ; la pénurie de maris pour les célibataires diplômées de l’université (en totale opposition avec les chiffres réels, car si les études retardent le mariage elles n’y font pas obstacle ; de plus, beaucoup de femmes ne souhaitent plus se marier) ; une pseudo-épidémie d’infertilité, de dépression et de stress chronique chez les femmes qui font carrière (il est pourtant prouvé que « le travail améliore la santé des femmes », p.81) ; enfin le « suicide culturel » de l’Amérique, agité par les théoriciens du racisme et de la xénophobie. Peu importe leur véracité, ces idées circulent très largement et ont de réelles répercussions sur la perception que les femmes ont d’elles-mêmes.

Démontrant avec précision l’inanité de ces analyses, confrontant mensonges et manipulations, Faludi leur oppose des études probantes. Les vrais problèmes sont ailleurs, affirme-t-elle : les pensions alimentaires ne sont pas versées, les lois protégeant les femmes ne sont pas appliquées, et les MST non traitées répandent dans certaines couches de la société une stérilité réelle.

Au milieu de cette débâcle des droits des femmes, dont les acquis socio-économiques sont menacés par le nouveau tournant politique, « un nouveau traditionalisme s’installe, centré sur la vie de famille » (p.55) et soutenu par des créations marketing telles que le « cocooning ». Pour les tenants de la nouvelle droite, « les femmes gagnent à être “protégées” plutôt qu’égales » (p.62).

3. Les droits des femmes, une spirale fuyante

Citant Ann Douglas, Faludi rappelle que « le progrès des droits des femmes, dans notre culture, contrairement à d’autres types de “progrès”, a toujours été étrangement réversible » (p.97).

Chaque progression vers l’égalité a en effet été suivie d’attaques, dans les médias, les lois ou la culture. Dans l’imagination populaire, « l’histoire des droits des femmes ressemble à un tracé d’abord plat, qui se transforme en courbe nettement ascendante […] dans les années soixante-dix » (p.97). Mais Faludi figure plutôt la longue histoire des luttes féminines comme une « spirale légèrement penchée qui effleurerait tour après tour la frontière de la liberté mais sans jamais l’atteindre » (p.98).

Depuis l’ère victorienne, « la spirale a fait quatre tours » (p.100), la lutte pour les droits des femmes s’intensifiant successivement au milieu du XIXe siècle, au début du XXe, au début des années 1940, puis dans les années 1970. Au milieu du XIXe siècle, les revendications féministes portent sur le droit de vote, la santé, l’instruction, l’emploi et le mariage, et déclenchent immédiatement une contre-offensive où s’expriment les mêmes craintes que dans les années 1980 : infécondité, épuisement nerveux, virilisation (« hermaphrodisme »), « crise de la famille », « crime contre la race ». La contraception et l’avortement subissent la même croisade réactionnaire.

La première apparition du mot « post-féminisme », censé enterrer le féminisme, date ainsi des années 1910, lorsque les femmes entament une nouvelle campagne pour le droit de vote et l’engagement syndical. La répression qui s’ensuit fait qu’il y a en 1930 moins de femmes médecins qu’en 1910. Avec la crise de 1929, les femmes sont chassées de leurs emplois, et l’on met en place pour elles des grilles de salaires inférieurs.

De nouveau, à la fin des années 1940, après avoir accédé à des emplois industriels bien rémunérés pendant la guerre, les femmes sont renvoyées dans leurs foyers, une loi étant même temporairement votée qui interdit l’emploi des femmes mariées. Chassées de l’industrie, les femmes rejoignent alors les emplois moins rémunérés et moins qualifiés de l’économie de services.

Plutôt que des « maîtresses de maison comblées », les femmes des années 1950 sont des « secrétaires mal payées » (p.108). Cette dévalorisation matérielle et symbolique de leur statut est propre à toutes les périodes de revanche, et s’accompagne d’injonctions infantilisantes à se soumettre à l’autorité masculine.

4. Néotraditionnalisme et nouvelle féminité dans la culture de masse

Dans les années 1970, les médias affichent un féminisme de façade. Mais dans la décennie suivante, le courant politique qu’ils relaient est clairement antiféministe. Ils mettent en scène des femmes renonçant joyeusement à leur carrière pour embrasser la « voie des mamans ». Le célibat, relativement valorisé dans les années 1970, devient une névrose, tout comme à l’époque victorienne il était censé procéder d’une « terreur du mariage ». Rançon d’une trop grande exigence féminine, il est jugé responsable de la prétendue épidémie d’infécondité.

Le vestiaire féminin est lui aussi mis en question. « Chaque vague de revanche s’accompagne ainsi d’une mode punitive » (p.267). Au tailleur masculinisé de la femme active de la fin des années 1970 succède une ultra-féminité ostentatoire rappelant celle des années 1950.

Ces injonctions sont au service de la nouvelle tendance politique excluant les femmes de la sphère publique. Dans cette nouvelle vision de l’Amérique, les studios de cinéma construisent des personnages de divorcées égoïstes et de célibataires névrosées, voire criminelles (le film Liaison fatale provoquant dans les salles d’intenses réactions d’agressivité envers le personnage féminin). « Le destin de la plupart des héroïnes des années quatre-vingt est placé sous le signe de la revanche […]. Leur révolte contre leur statut social est dépolitisée puis changée en malaise intime ; les “bonnes mères” triomphent à la fin […] tandis que les femmes indépendantes sont punies » (p.188).

Attrait de la maternité et de la famille, abandon du métier : dans beaucoup de films, les femmes sont tout simplement absentes et les hommes, des héros hyperboliques et violents. Même chose à la télévision, dont l’« écran est inondé de machos » (p.229) et où les femmes sont des victimes abusées de toutes sortes de façons.

Enfin, cette décennie est marquée par l’essor de la chirurgie esthétique, et plus largement d’une industrie de la beauté qui « exerce les ravages les plus profondément destructeurs sur les femmes, tant pour leur corps que pour leur psychisme » (p.308). Ces problèmes, pourtant directement liés à la pression sociale, sont traités comme étant individuels. La parenthèse athlétique des années 1920 puis de la Seconde Guerre mondiale n’a pas duré : la femme-enfant est de retour et la beauté maladive de l’époque victorienne revient sous la forme de la dictature du poids et de l’anorexie.

5. Politique du genre : la nouvelle droite et l’antiféminisme

Au début des années 1980, l’égalité est près de se concrétiser pour une majorité de femmes et leur vote commence à compter, réveillant une peur ancienne : l’indépendance de l’électorat féminin. Mais l’amendement pour l’égalité des droits, pour lequel les femmes avaient beaucoup milité, est rejeté en 1982, et les crédits alloués à la lutte contre les violences faites aux femmes sont fortement réduits.

Après les catholiques (XIXe siècle), les juifs (années 1920 et 1930), les noirs (dès le XIXe siècle avec le Ku Klux Klan) et les communistes (années 1950), les féministes sont le nouveau péril américain. Par un travail d’inversion sémantique, une « stratégie linguistique » se met en place dans laquelle « défendre la famille » revient à attaquer les femmes.

Dès 1981, un projet de Loi de protection de la famille remet en cause tous les acquis des femmes en termes d’égalité salariale et de santé – avortement et contraception sont interdits. C’est la première fois que des Républicains, sous la pression de conservateurs radicaux, adoptent des mesures contre l’avortement. Des femmes font partie de ce mouvement, dont les tactiques et le discours copient le féminisme pour mieux le mettre à mal. D’anciennes féministes médiatiques, telles Betty Friedan ou Germaine Greer, font marche arrière et défendent la famille contre un supposé « machisme féminin », revendiquant comme une liberté le « droit » de rester à la maison.

Dès 1980, les femmes disparaissent des fonctions politiques officielles ou sont sévèrement rétrogradées. La nouvelle politique familiale, favorable aux pères et programmant d’interdire les logements sociaux aux mères célibataires, s’offre le concours d’auteurs, de scientifiques, de philosophes et même d’anthropologues. Ils mettent en garde contre le « totalitarisme féministe » et le risque de fusion des sexes : comme à l’époque victorienne, on vante la nature distincte des femmes. Ce déterminisme biologique supposé masque les enjeux politiques et sociaux réels du moment.

Comme les démocrates, les féministes sont accusées de représenter l’élite et de ne pas comprendre les femmes de milieu modeste, lesquelles ne voudraient pas être égales aux hommes mais protégées par eux. Ces thèses populistes fortement relayées par la presse sont pourtant fausses : près de 60% des femmes sont favorables à l’amendement pour l’égalité des droits, les employées et les vendeuses l’étant même plus que les cadres.

6. Les conséquences de l’offensive sur la santé et l’emploi des femmes

Célibat tragique, infécondité, dépression : tous ces arguments, que Faludi qualifie de mythes, ont été répétés durant toute la décennie aux femmes qui travaillent. Des manuels de vulgarisation psychologique et des thérapeutes leur recommandent d’accepter leur « fragilité » naturelle et blâment la supposée « androphobie » des célibataires. En 1986, l’American Psychiatric Association ajoute à la liste des maladies mentales reconnues un prétendu « masochisme féminin », stigmatisant ainsi les femmes battues et pouvant être invoqué pénalement ou pour la garde d’enfants.

La réalité des femmes est ailleurs. À travers l’étude de plusieurs cas, Faludi montre la dureté du combat des ouvrières pour obtenir des emplois mieux rémunérés. L’exclusion des femmes de nombreuses professions, le non-respect des lois du travail par des entreprises qui n’hésitent pas à mentir, enfin leur cantonnement au secteur des services alors en expansion (secrétariat, nettoyage, accueil) les maintiennent dans des salaires très bas qui freinent leur autonomie. L’écart des salaires entre hommes et femmes s’est en effet agrandi, revenant à ce qu’il était dans les années 1950.

Parallèlement, les violences sexuelles, traduisant les angoisses masculines face à l’emploi féminin, sont en forte augmentation. L’Affirmative action, calquée sur le modèle des droits civiques, n’est plus appliquée et est même ouvertement contestée dans certaines entreprises.

Tandis que, dans les médias, les femmes perdent les meilleurs emplois, dans le monde ouvrier celles qui tentent d’intégrer les ateliers masculins où la paye est meilleure subissent harcèlement, sabotage ou violences physiques. Certaines se voient même proposer par leur hiérarchie une ablation des ovaires pour protéger d’éventuels fœtus de risques chimiques, puis sont tout de même licenciées.

7. L’avortement en question

L’avortement, pourtant pratiqué depuis l’époque coloniale et qui ne connaît pas d’augmentation, cristallise les passions. Son autorisation en 1973, qui mettait les femmes à l’abri de graves infections, voire de la mort, est désormais restreinte ou interdite dans de nombreux États.

Des opposants très violents, comme les jeunes hommes d’Operation Rescue qui attribuent la crise économique au travail des femmes, incendient des cliniques, agressent leurs personnels, harcèlent et enlèvent des patientes, ce qui, ajouté à la carence de la contraception chez les plus démunies, a pour effet d’entraîner une augmentation des avortements clandestins. Une notion nouvelle apparaît dans le même temps : les droits du fœtus.

La mère n’est plus qu’un hôte et peut à ce titre être condamnée pour avoir mis à mal la santé du fœtus par son alimentation, la prise de médicaments ou de drogues, ou simplement sa pauvreté (en 1985, les lois sur le « fœticide » rendent possible la « garde » du fœtus par le tribunal). « Le fœtus est devenu un patient dans les consultations prénatales […] et, à certains égards, il a davantage de droits qu’un véritable enfant » (p.590), ou même que sa mère, sur laquelle il devient prioritaire.

La contraception et l’avortement légal, qui avaient momentanément rendu les femmes plus autonomes dans leurs choix de vie, inquiètent d’autant plus qu’ils rejoignent les transformations citoyennes et socio-économiques que sont le vote et le travail des femmes. Le désarroi masculin consécutif à la restructuration économique est attribué à l’augmentation de la présence féminine dans le monde du travail, sans considérer que c’est presque toujours à des postes subalternes et qui contribuent grandement à l’équilibre financier des ménages.

La représentation de la masculinité, définie comme la capacité à entretenir une famille, y est pour beaucoup. La conséquence en est l’augmentation des violences contre les femmes, devenues un exutoire commode. Derrière l’injonction du « retour à la féminité », il y a donc le désir plus sombre de leur éviction de la vie économique et publique.

8. Conclusion

La « crise de la masculinité » et le discours de l’« érosion du pouvoir des hommes », Faludi le répète, n’ont rien de nouveau : de Caton l’Ancien en 195 av. J.-C. à Théodore Roosevelt ou George Bush, le monde serait en proie au pouvoir des matrones et aurait pour mission sacrée de s’en dégager pour recouvrer sa force virile.

Malgré tout, les femmes continuent d’entrer sur le monde du travail, ce que Faludi voit comme une forme de « résistance clandestine ». Ensemble, des hommes et des femmes ont changé leurs attitudes et leurs pratiques. Les périodes de revanche, cependant, ont ceci de dangereux que les femmes, craignant d’engendrer des représailles, tendent à se conformer au rôle qui leur est prescrit. Faludi appelle donc à poursuivre la lutte pour des droits qui restent éminemment fragiles.

9. Zone critique

Si la très détestée critique du New York Times Michiko Kakutani reproche à Susan Faludi de laisser de côté tout élément allant contre ses théories et de s’appuyer sur la ressource infinie des « preuves anecdotiques », ce n’est pas la sensation qui se dégage de la lecture de ce livre. Son observation attentive et critique de l’importance des médias et de la culture populaire dans la construction de nos représentations sociales et politiques semble procéder d’une recherche rigoureuse, solidement étayée et mettant en regard les données qu’elle expose. Il ne s’agit pas d’une recherche universitaire, mais d’une défense des droits des femmes.

Cette critique culturelle nous montre l’importance de l’information journalistique, dont les mises en récit ont désormais remplacé la fabrication des mythes autour des feux de camp des Pionniers américains. C’est dans les salles de rédaction, mais aussi dans les studios de cinéma, que se conçoivent aujourd’hui les mythes nationaux. Dans son enquête de l’Amérique post-11 septembre 2001, « The Terror Dream » (2007), Faludi parle même de « complexe journalistico-militaire » et décrypte la manière dont les attentats ont été suivis d’une lecture politique et culturelle héroïsante, qui replaçait les femmes en situation d’objets passifs à secourir et érigeait les hommes en héritiers des héros de la Frontière.

Le travail de Faludi est d’ouvrir les yeux à un public souvent mal informé des conséquences dangereuses de la réactivation de tels mythes machistes et guerriers. Il est en cela utile au travail démocratique.

10. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Susan Faludi, Backlash. La Guerre froide contre les femmes, Paris, Des femmes, 1993.

Autres pistes– Marilyn French, La Guerre contre les femmes, Paris, L’Archipel, 1992.– Andrew Kopkind, Famille, féminisme et droite américaine, revue Agone, 2003, n°28 (traduction de l’article « Culture Clash : America’s New Right » paru le 30 septembre 1977 dans New Times, repris in Joann Wypijewski (dir.), The Thirty Years’Wars: Dispatches & Diversions of a Radical Journalist, 1965-1994, New York, Verso, 1995).– Gloria Steinem, Actions scandaleuses et rébellions quotidiennes, Paris, Éditions du Portrait, 2018.

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