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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Tremblez, mais osez

de Susan Jeffers

récension rédigée parKarine ValletProfesseure certifiée de Lettres Modernes.

Synopsis

Psychologie

Qui n’a jamais été gagné par l’anxiété au moment de faire un choix important pour son avenir ? Que nous le voulions ou non, la peur fait partie intégrante de notre existence. Susan Jeffers nous apprend à nous en libérer pour qu’elle ne soit pas un frein à notre épanouissement ni à la réalisation de nos projets.

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1. Introduction

La vie nous met face à des défis à relever ou des décisions à prendre. Mais on reste souvent sur son quant-à-soi par crainte de l’échec et des déceptions. C’est en partant de ce constat et de sa propre expérience que Susan Jeffers a eu l’idée d’organiser un séminaire sur le thème de la peur, dont le contenu est repris et étoffé dans ce livre. S’inspirant des principes de la pensée positive, elle dévoile au lecteur les secrets qui lui ont permis de développer une vision optimiste de la vie et la confiance en soi nécessaire à la concrétisation de ses projets.

Comment la peur s’enracine-t-elle en nous ? Existe-t-il des techniques pour apprendre à dompter définitivement nos inquiétudes ? En quoi le fait de dépasser ses angoisses permet-il d’accéder à son moi profond et de révéler une facette de soi souvent ignorée ? Alliant méthodologie et explications théoriques, Susan Jeffers nous livre un petit guide pratique à destination de ceux qui n’osent pas vivre pleinement leur vie par peur des difficultés et de l’inconnu.

2. La peur, une émotion universelle

La peur est un phénomène intrinsèque à la nature de l’homme, ainsi qu’à l’existence humaine. À un moment ou un autre, tout le monde est obligé de composer avec ses angoisses, même si 90 % d’entre elles ne sont pas justifiées. La peur concerne tous les individus, sans distinction de sexe, de statut social ou de vécu personnel. C’est un sentiment récurrent qui émerge lorsque l’on est confronté aux incertitudes liées aux aléas de l’existence ou à des choix susceptibles de nous extraire de notre zone de confort. Originellement, la crainte est un état d’esprit hérité de la petite enfance. Elle prend sa source dans la peur du nourrisson de ne pas pouvoir assouvir ses besoins vitaux. Elle perdure à l’âge adulte sous la forme d’une angoisse latente : celle d’un possible manque, affectif ou matériel, qui nous mettrait face à la vacuité de notre existence.

La société contemporaine favorise l’émergence d’individus effrayés par la vie et les défis qu’elle impose de relever. Les valeurs véhiculées par le capitalisme influent notamment sur les rapports que l’on entretient avec les autres et nous incitent à adopter le principe du « donnant-donnant ». Nous attendons un juste retour des efforts entrepris dans le domaine privé ou professionnel, ce qui nous place dans l’inquiétude permanente de rester insatisfaits. Prônant la perfection, la société participe par ailleurs à l’immobilisme des individus qui s’angoissent à l’idée de prendre des risques, pourtant susceptibles de leur être profitables. La plupart des personnes sont en effet formatées sur « le modèle perdant ». Elles sont enfermées dans le cercle vicieux du pessimisme qui les place en victimes et les persuade que leurs chances de réussite sont nulles.

Si la peur peut être bénéfique lorsqu’elle nous signale un danger, elle peut aussi devenir néfaste quand elle constitue un frein à la réalisation de soi. Susan Jeffers distingue ainsi trois types de peurs. Il y a tout d’abord les angoisses qu’on peut éprouver dans des situations banales du quotidien : elles dépendent d’éléments extérieurs, par exemple des problèmes financiers ou l’appréhension de parler en public. En second lieu, la peur peut avoir des causes psychologiques plus profondes, telles qu’une mauvaise estime de soi. Enfin, au sommet de toutes, l’angoisse de ne pas savoir faire face aux événements est la plus paralysante et nourrit toutes les autres peurs.

3. Prendre le contrôle pour se libérer de sa peur

« Que le pouvoir soit avec vous ! » est l’un des principes phares de la théorie de Susan Jeffers. Pour elle, il s’agit d’une notion fondamentale pour pouvoir faire face à ses angoisses. Elle renvoie à la capacité de chacun d’être maître de soi en toutes circonstances. Lorsqu’on se laisse dominer par ses peurs ou ses hésitations, notre champ d’action se réduit, tandis que le pouvoir sur soi nous évite de procrastiner ou de temporiser en invoquant des prétextes pour ne pas agir.

Au contraire, il nous pousse à nous lancer dans l’action et à prendre des décisions pour permettre à nos projets de se concrétiser. Rien de tel en effet que le passage à l’acte pour éradiquer tout sentiment de peur. C’est ainsi que les comédiens voient leur stress s’évanouir dès qu’ils mettent un pied sur scène. Le fait d’agir et de prendre des risques renforce la confiance en soi d’un individu.

Pour avoir le contrôle sur soi, il est par ailleurs nécessaire de prendre ses responsabilités, et non de les fuir. Pour Susan Jeffers, être responsable signifie avant tout avoir conscience que nos choix ne dépendent que de nous. Ainsi, chacun a la possibilité de décider de quelle façon affronter un événement, mais aussi de choisir comment accueillir la souffrance. On peut par exemple se placer en victime et se laisser abattre, ou bien la subir avec dignité et s’en nourrir pour grandir intérieurement.

C’est cette dernière attitude qu’adopta le psychiatre Viktor E. Frankl lorsqu’il fut déporté dans un camp nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Il réussit à « tirer quelque chose de positif d’une expérience qui représentait […] ce qu’on pouvait imaginer de pire » . Dire oui aux événements et garder le contrôle de ses réactions permet donc de mieux vivre les aléas de l’existence et d’éviter les désordres émotionnels qui nous empêchent d’appréhender chaque situation avec lucidité et sérénité.

4. Déconditionner ses mécanismes de pensée

Déjà plébiscitée par les philosophes hédonistes de la Grèce antique comme Épicure, la pratique de la pensée positive est un point incontournable. Elle vise à enrayer le fonctionnement du « modèle perdant » et à lui substituer celui du « modèle gagnant ». Celui-ci consiste à mettre en lumière les bénéfices inhérents aux différents choix qu’on peut faire face à une situation donnée. Tous les parcours de vie sont susceptibles de nous enrichir : à chacun d’en prendre conscience pour ne rien regretter et tirer le meilleur de chaque expérience.

L’auteure cite l’exemple d’un jeune homme qui a entrepris des études de droit pour devenir avocat et suivre les traces de son père, mais qui se rend compte qu’il veut devenir psychologue. Sa réorientation le rend indépendant parce que sa famille refuse de lui payer ses études. Elle lui permet aussi de s’épanouir dans une discipline qui lui plaît davantage et de rencontrer de nouvelles personnes. Néanmoins, ses études de droit ont été enrichissantes : elles lui ont permis de se créer un réseau de relations dans le domaine juridique, mais également de révéler ses aspirations profondes.

Pour déconditionner son esprit et se libérer d’une logique d’échec, les méthodes sont multiples et diverses. Susan Jeffers préconise notamment la lecture d’ouvrages de développement personnel, mais aussi de recourir à des techniques plus personnalisées : affichage de citations positives chez soi, écoute de CD de relaxation. L’autosuggestion est quant à elle un outil efficace. Elle repose sur la stimulation verbale. La répétition d’affirmations positives agit en effet aussi bien sur le mental que sur le physique, rendant le corps et l’esprit plus forts. Dans la même optique, il convient d’éliminer de son vocabulaire tous les mots qui transmettent une perception négative de soi et du monde. Le fait de privilégier des formules exprimant la détermination et l’optimisme a une incidence sur l’estime que l’on a de soi et l’image que les autres ont de nous.Changer ses mécanismes de pensée consiste enfin à apprendre l’art d’être généreux et de s’ouvrir aux autres.

Par cette démarche altruiste, l’individu se libère progressivement de son besoin obsessionnel de s’accrocher à ce qu’il possède, ainsi que de sa crainte d’en être privé. Donner de son temps par le biais du bénévolat, partager le fruit de ses expériences ou donner son argent sont autant de façons de modifier son approche de la vie et de s’émanciper de conditionnements sociaux étriqués.

5. Renouer avec son moi profond

Pour se reconnecter à soi-même, il faut être vigilant au type d’informations que l’on transmet à son subconscient. Celui-ci fonctionne en effet comme un ordinateur qui reçoit des données du conscient. Que ces informations soient justes ou non, son rôle est de les transmettre au corps, à l’esprit et à l’âme.

Ainsi, « quand le subconscient entend “Je suis une personne faible et indigne”, il envoie un signal à [notre] corps qui [nous] affaiblit physiquement, un autre à [notre] esprit qui abêtit [notre] raisonnement, et un dernier à [notre] moi émotionnel qui développe un sentiment de tristesse et d’impuissance » . Il est par conséquent primordial de faire taire la petite voix intérieure que nous avons tous en nous et qui envisage toujours les choses de façon négative. Mieux vaut s’en remettre à l’intuition et apprendre à en déceler les messages. À condition de savoir l’écouter, elle nous oriente vers ce qui est le mieux pour nous. Preuve s’il en est : c’est lorsqu’on se détend et qu’on ne réfléchit pas que germent les plus belles idées.

Pour se libérer des ondes négatives de la peur, l’individu doit aussi s’éveiller à la spiritualité qui est en lui. Susan Jeffers attribue à ce terme un sens psychologique et non pas religieux. Pour elle, le spirituel renvoie à un « soi supérieur » qui favorise l’élévation de l’âme. Il nous permet de connaître l’harmonie intérieure et peut aussi, dans certaines situations, nous mettre en osmose avec d’autres personnes, par exemple lors de manifestations en faveur de grandes causes. On parle alors de « soi supérieur collectif ».

Le soi supérieur insuffle une énergie positive qui se répand dans tous les domaines de la vie. Il permet également de prendre de la hauteur et de laisser s’épanouir des qualités et sentiments propices au bien-être, tels que l’amour ou la bienveillance. La visualisation est une technique efficace pour accéder à cet espace intérieur souvent inexploité qu’est le soi supérieur. Guidé par la voix d’une autre personne, l’individu est amené à élaborer, les yeux fermés, une projection mentale de sa vie telle qu’il la souhaite. Cette forme de psychologie transcendantale permet de dévoiler nos aspirations profondes.

6. Une remise en question globale pour mieux avancer

Prendre sa vie en main n’est pas forcément une sinécure pour celui qui s’est toujours montré réfractaire à la moindre initiative. Fini le cadre rassurant d’une existence où l’on évite soigneusement de prendre des risques. En se projetant hors de sa zone de confort, l’individu s’expose frontalement à la possibilité de l’échec.

Au lieu de nous déstabiliser, les déconvenues doivent néanmoins renforcer notre détermination, sans pour autant nous enfermer dans une logique d’obstination infructueuse. Chaque échec doit être considéré comme une source d’enseignement visant à nous améliorer, mais aussi à affiner nos choix. Cela implique de garder les pieds sur terre et de procéder à une analyse objective des causes de nos insuccès pour en tirer des leçons constructives. Chacune de nos erreurs de parcours nous rapproche plus sûrement de notre but et participe d’une certaine manière à notre épanouissement.

Changer sa façon d’aborder la vie bouleverse également les relations humaines et sociales établies avec son entourage. Si une telle métamorphose est perçue comme une renaissance par celui qui l’a initiée, elle peut être mal vécue par les proches. Elle remet en effet en question le mode relationnel habituellement en vigueur dans notre existence. Si le cercle amical est concerné, les différents membres de la famille sont les plus impactés. Se sentant délaissés et négligés, le conjoint, les enfants ou les parents peuvent s’avérer hostiles à un tel changement. Ils resserrent leur emprise sur la personne, la culpabilisent ou ridiculisent ses choix au lieu de lui apporter le soutien dont elle a besoin. Cela peut créer une instabilité psychologique que Susan Jeffers a baptisée « le coup du balancier ».

Ce syndrome fait osciller l’individu entre un état de passivité et un état d’agressivité ou d’assurance. Ce va-et-vient émotionnel n’est que le contrecoup normal d’un bouleversement radical qui oblige à chercher de nouveaux repères comportementaux. Pour nous renforcer face à ce séisme familial et psychologique, il est donc indispensable de s’entourer de personnes rassurantes et positives qui renforceront notre motivation.

7. Conclusion

Le secret d’une vie réussie réside donc dans l’épanouissement de toutes nos potentialités. Pour Susan Jeffers, la part du spirituel est essentielle pour faire tomber les barrières érigées par la peur et le manque d’assurance. Souvent occultée par les modes de vie actuels, cette spiritualité ne demande qu’à s’exprimer en chaque individu.

Si elle permet de reprendre le contrôle sur soi-même, elle exige un déconditionnement de nos pensées. Ce travail, long et fastidieux, est un apprentissage de tous les instants pour que nos peurs restent définitivement confinées au placard.

8. Zone critique

Si la pensée positive est au cœur de ses livres, Susan Jeffers est aussi influencée par les théories de Roberto Assagioli. Ayant travaillé avec Sigmund Freud au début du XXe siècle, ce psychiatre italien a fondé son propre courant de psychologie : la psychosynthèse, reconnue dès 1926.

À l’inverse du père de la psychanalyse qui considère que l’inconscient est un ensemble unique, Alberto Assagioli part du postulat qu’il est composé de plusieurs strates interagissant entre elles, parmi lesquelles l’inconscient inférieur (le moi profond caractérisé par les pulsions et émotions refoulées) et l’inconscient supérieur, que Susan Jeffers nomme le « soi supérieur » et qui renvoie à la dimension spirituelle de l’être. C’est dans les années 1970 que la discipline a trouvé un écho aux États-Unis et en France, notamment avec la création de l’Institut français de psychosynthèse en 1976.

Aujourd’hui, la psychosynthèse est employée dans de nombreux domaines : traitement des phobies ou maladies psychiatriques, accompagnement thérapeutique dans le cadre de cancers, développement personnel, quête spirituelle, etc. Tout comme le propose Susan Jeffers, les techniques utilisées sont diverses : visualisation mentale, musicothérapie, analyse, méditation… Elles visent à harmoniser les dimensions physique, intellectuelle et spirituelle de l’individu.

9. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Tremblez, mais osez !, Paris, Éditions Marabout, 2019.

Autres pistes– Roberto Assagioli, Psychosynthèse : principes et techniques, Belgique, Éditions Desclée de Brouwer, 1997.– Shakti Gawain, Techniques de visualisation créatrice, Paris, Éditions J’ai Lu, 2004.– Louise Hay, Transformez votre vie – Une pensée positive peut changer votre vie, Paris, Éditions Marabout, 2013.– Helen Monnet, La Puissance de l’intuition, Paris, Éditions Larousse, 2019.– Allen Carr, La Méthode simple pour se libérer de ses peurs et de ses inquiétudes, Paris, Éditions Pocket, 2019.

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