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Voici le résumé de l'un d'entre eux.

Demain je parle en public

de Thierry Destrez et Alain Duclos

récension rédigée parCamille GuibbaudResponsable éditoriale indépendante.

Synopsis

Économie et entrepreneuriat

Forts de leurs expériences en communication auprès de grandes entreprises, les auteurs ont mis au point une méthode pour vous permettre de prendre la parole en public, en étant détendu, clair et convaincant. Que vous soyez chef d’entreprise, manageur, enseignant, coach, politicien, avocat, ou un simple particulier souhaitant partager ses idées, cette méthode vous permettra de réussir vos présentations et de professionnaliser votre prise de parole.

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1. Introduction

En 1949, le biologiste McLean a mis en lumière que le cerveau humain est composé de trois parties : le cerveau reptilien (correspondant à la survie, au territoire), le limbique (lié à l’affect) et le néocortex (lié à l’intellect). À partir de ces avancées, Sperry remporte le prix Nobel de médecine en 1981 à la suite de ses études sur l’épilepsie et les cerveaux dédoublés.

Il met alors en évidence que chaque hémisphère possède son propre mode de pensée. L’hémisphère gauche est lié à la logique, à l’analytique et au verbal, avec un processus lent. L’hémisphère droit est lié au spatial, à l’affectif, au sensible, et au non verbal, avec un processus vif. Plus tard, Herrmann mettra en évidence les préférences mentales de chaque individu – chaque personne est structurée par un cadre de références, un mode de traitement de l’information préférentiel.

Ainsi le cerveau est composé de quatre parties, plus ou moins utilisées par chaque individu :- Le moi rationnel (analyse, logique et finance) dans le cerveau gauche.- Le moi méthodique (méthode, détail, contrôle) dans le cerveau gauche.- Le moi explorateur (concept, analogie, créativité, art) dans le cerveau droit.- Le moi affectif (contact humain, expression, émotion) dans le cerveau droit.

C’est à partir de toutes ces découvertes que l’on peut aujourd’hui comprendre qu’en situation de stress et de forte charge émotive, l’être humain emprunte des comportements instinctifs, rapides, suspendant momentanément les capacités d’analyse et de réflexion. Ainsi, le corps ne sait pas mentir.

Les auteurs ont donc développé une méthode permettant d’entraîner le corps et l’esprit à réagir en public à une situation déstabilisante. De même, étant donné que chaque individu fonctionne différemment, il est d’autant plus nécessaire de chercher à convaincre (par la raison) et de persuader (par les émotions).

Pour cela, votre présentation doit s’articuler selon l’approche « Tête-cœur-corps » :- Tête : concepts, idées, théories, références intellectuelles et démarches logiques. Exemple : la route permet les échanges de marchandises.- Cœur : émotions, sentiments, ressentis, anecdotes, valeurs et humour. Exemple : les routes sont comme les vaisseaux sanguins qui irriguent notre corps.- Corps : faits, expérience, chiffres et exemples concrets. Exemple : en France, 87,3 % des voyages se font par la route.

2. Comment construire son discours ?

Premièrement, précisez et comprenez à qui vous vous adressez, pour quelle raison, comment vous souhaitez le faire, et selon quelle position d’expertise vous souhaitez vous présenter. Posez-vous les questions suivantes pour connaître votre public :- Quel est le statut professionnel des personnes qui viennent vous écouter ?- Quelles sont leurs responsabilités, leurs expériences ?- Pourquoi viennent-elles vous écouter ?- Quelles pourraient être leurs craintes ?- Quel est leur niveau de connaissance du sujet que vous aborderez ? Vous devez vous adapter au leur.

De même, dès le début, définissez votre position vis-à-vis d’elles (par exemple : « Aujourd’hui, j’interviens en tant que consultant ») pour appuyer votre légitimité et préciser à votre public le « rôle du personnage qu’il est venu écouter ».

Sachez également quel est le but de votre présentation :• Informer (faire savoir, transmettre des chiffres, des faits et des caractéristiques).• Expliquer (faire comprendre à l’aide d’arguments rationnels ou techniques).Ces objectifs de présentation correspondent à une « pensée technique », elles sont à éviter, car elles sont souvent ennuyantes pour votre auditoire. Préférez alors l’envoi d’un mail pour transmettre une information.

• Sensibiliser (faire prendre conscience de besoins, d’intérêts, de motivations).• Responsabiliser (rendre responsable en évoquant des exigences communes, des enjeux, des engagements).• Persuader (faire adhérer pour convaincre, séduire en vous appuyant sur la raison et les émotions).• Entraîner à l’action (faire agir pour mobiliser et engager).Ces intentions de présentation correspondent à une « pensée stratégique », car votre objectif est de mobiliser votre public. »En définissant ce que vous voulez transmettre, vous constaterez que les moyens à mettre en œuvre divergent.

Pour conduire votre recherche d’idées, les auteurs vous incitent à vous y prendre à l’avance, à avoir toujours de quoi noter sur vous, à ne pas vous censurer, à ne pas avoir peur de la quantité, à faire des recherches d’informations et à creuser chaque idée. Mettez-vous à la place de vos interlocuteurs, prévoyez leurs objections et vos réponses. Ensuite, vous pourrez trier, organiser et regrouper vos idées. Demandez-vous s’il y a une logique regroupant certaines idées ? De ce tri, naîtra votre idée-force, le cœur de votre message qui vous servira de fil rouge pour tout votre raisonnement. Formalisez-la en une phrase à laquelle vous adhérez pleinement.

3. Plan persuasif ou storytelling

Selon votre expérience de la prise de parole, vous avez le choix entre un plan persuasif en trois parties (clair et ordonné selon des arguments rigoureusement étayés et illustrés) et une histoire, un storytelling (qui demande de véritables dons de conteur, de l’émotion, de la chronologie et de la dramaturgie).

Le plan persuasif se compose d’une accroche (une question posée à la salle, une anecdote, un chiffre provoquant, une image, une métaphore, un objet inattendu, etc.), de la présentation de votre idée-force, et de vos trois arguments clés. Désamorcez d’entrée de jeu les sujets conflictuels et commencez votre développement en présentant votre argument le plus fort. Illustrez chacun de vos arguments à l’aide de l’approche « Tête-cœur-corps ». Soignez vos transitions en reformulant ce que vous venez de dire et en amorçant l’idée suivante. Pour conclure, reprenez vos arguments majeurs et leurs avantages, rappelez votre idée-force et ajoutez le final (par une invitation à l’action, une ouverture vers les futurs développements à venir ou avec une image que le public pourra garder en tête). Quand vous estimez avoir terminé, ne dites plus rien, gardez le contact visuel, et ne bougez plus ; le silence permettra à vos paroles de vivre au-delà de vos derniers mots. Autrement, contentez-vous d’un simple « Merci ».

À l’inverse, l’émotion est la force du storytelling. L’histoire racontée est présentée comme un symbole, elle est une métaphore de la réalité, elle éclaire et transcende la réalité.

Premièrement, elle doit commencer dans le passé et se terminer par une ouverture, dans le futur. Du drame à l’accomplissement, l’histoire se compose de la narration des éléments suivants :- Le royaume (le secteur d’activité, l’entreprise, le département, le service, etc.).- Un drame (perte de budget, de brevets, produits concurrents, difficultés, réaction nécessaire).- Un héros (vous, un nouveau produit, un nouveau processus de travail, une nouvelle équipe, etc.).- Des épreuves (les risques, les dangers, la concurrence, le changement de réglementation, la résistance au changement, etc.).- Le Graal (les succès à venir, les bénéfices, les avantages, tant pour l’équipe, les clients que l’entreprise).Vous pouvez commencer votre histoire par une accroche, comme pour le plan persuasif. Si vous le pouvez, terminez votre storytelling par une morale.

4. Faire face au trac avec congruence

Vous avez peur ? C’est bien normal, et tant mieux ! Le trac est un dopant naturel, le reconnaître et l’apprivoiser vous permettra de le dépasser et vous rendra plus humain. Il ne dure que quelques secondes alors respirez. Sachez également qu’il est moins visible que vous ne l’imaginez : entraînez-vous devant des personnes de confiance et bienveillantes pour vous améliorer. Comprenez que votre peur des autres n’est que le reflet de votre peur de vous-même, de ne pas atteindre votre moi idéal.

Et si, en réalité, votre public était bien intentionné, intéressé et ouvert ?

Albert Mehrabian a démontré que le public est intuitif : si vous n’êtes pas sincère ou concentré, le public se fiera à 55 % aux réactions de votre corps, à 38 % au placement de votre voix et seulement à 7 % à votre discours et à vos mots. Mettez en accord votre corps, votre voix, votre regard à ce que vous dites : soyez congruent, pour être perçu comme sincère et authentique, pour que votre public vous écoute avec empathie et s’intéresse à ce que vous dites.

Vous entraîner à la congruence vous servira également à reconnaître et à utiliser le trac durant votre présentation :- Anticipez votre trac : Faites-vous une fiche de mots-clés, visualisez-vous en train de réussir, exercez votre corps au lâcher-prise en haussant les épaules puis en relâchant votre corps en soupirant. Apprenez à vous ancrer dans le sol et à respirer par le ventre. En moins d’une minute, votre corps se décontractera grâce à votre respiration.- Utilisez le trac pour passer à l’action. L’action est l’antidote du trac. Regardez tranquillement le public, détendez votre corps par la respiration et redressez-vous. Apprenez à projeter votre voix et à articuler.

Pour faire en sorte que votre corps parle, déplacez-vous avec mesure et tranquillité. Entraînez-vous également à sourire, à détendre votre visage, à poser votre regard aléatoirement sur votre public, en regardant dans les yeux les individus face à vous. Faites vivre votre voix en travaillant son tonus et votre articulation, apprenez à la nuancer et à soutenir votre débit en lisant à voix haute des passages de livre, par exemple. De même, apprenez à faire silence quand cela est nécessaire, pour la clarté et le confort de chacun.

5. La prise de parole face à un groupe

Lors d’une réunion ou d’une téléconférence, vous ferez face à un groupe ayant déjà sa propre dynamique. Savoir quelle est celle du groupe auquel vous vous adressez vous permettra de comprendre son fonctionnement, ses besoins, d’organiser votre présentation en fonction.Tout groupe fonctionne sur deux niveaux : le rationnel (objectifs à atteindre, organisation, méthodes de travail, etc.) et l’affectif (sympathie ou antipathie, timidité ou envie de pouvoir, envie de relation fusionnelle ou d’indépendance, etc.).

Ces différentes attentes peuvent perturber le bon déroulement d’une réunion si vous ne les prenez pas en compte. De même, un groupe traverse quatre phases principales :- Le forming : les individus se cherchent, s’apprivoisent, apprennent à se connaître.- Le storming : les membres se testent, entrent en conflit, s’évitent, constituent des clans.- Le norming : ils négocient, apprennent à s’apprécier, adoptent des méthodes de travail communes.- Le performing : les membres s’entraident et se complètent. L’équipe atteint maturité et efficience, elle devient créative et solidaire. Jusqu’au prochain storming.

En tant qu’intervenant central au sein d’un groupe, il est primordial de comprendre et de mettre en pratique vos trois fonctions principales :- L’organisation de la production avant, pendant et après la réunion : poser un cadre, rappeler les horaires, clarifier les objectifs à atteindre, proposer une méthode de travail et vérifier l’adhésion de chacun, donner un avis, mettre en évidence des points de divergence et de convergence, formaliser les décisions prises, fixer les rendez-vous, etc.- La facilitation pendant la présentation : détendre l’atmosphère et mettre les individus à l’aise, veiller à ce que chacun puisse s’exprimer, organiser et recentrer les débats, écouter attentivement, questionner, clarifier, reformuler, encourager le réservé, freiner l’envahisseur et modérer le passionné.- La régulation lors des points de blocage : réduire les tensions, mettre provisoirement l’objectif de côté pour s’intéresser à la qualité de la relation, face à un contradicteur chercher à comprendre où se situe son objection et discerner son intention positive.

Proposer des règles précises au début de chaque réunion peut vous permettre de rassembler tous les individus et de prévenir les perturbations. Par exemple, proposez que chacun fasse preuve d’écoute attentive et bienveillante, de critique constructive, de concision, etc.

6. Maîtriser le débat et rester zen

Qu’il s’agisse de la fin d’une conférence ou d’un brainstorming, anticipez et soyez constructif. Avant le débat, préparez-vous au pire, imaginez les questions de vos interlocuteurs et vos réponses. Ce qui est primordial, c’est avant tout votre état d’esprit avant et lors d’un débat : pas de boxe en public ! Ne rabaissez jamais votre contradicteur, car le groupe risque de prendre son parti, même si vous estimez qu’il a tort. Si vous recevez une objection, c’est un signe positif montrant l’intérêt de votre auditoire.

Faites preuve de souplesse : écoutez, questionnez pour comprendre, affirmez votre position et votre ressenti et traduisez la difficulté exprimée en besoin pour proposer et aider. Face à l’insistance d’une personne, répétez votre réponse, sans impatience ni ironie, puis faites silence. Ainsi, cherchez plutôt à être un allié, à faire preuve d’empathie et de respect. Pour autant, répondez d’un ton assuré et avec concision, vérifiez ensuite l’accord de votre interlocuteur concernant la solution proposée, puis enchaînez avec une autre question. Face aux mismatchers (« Oui, mais… »), faites preuve de patience et de clarté : si votre réponse correspond à leur interrogation, ils adhéreront à votre proposition.

Attention à votre ego, ne cherchez pas à avoir le dernier mot. De même, quand vous ne savez pas quelque chose, ne cherchez pas à duper le public, communiquez simplement votre ignorance. Tentez de ne pas montrer votre embarras, mais plutôt de le formuler, sereinement. Face à l’adversité, prenez votre temps et détendez votre corps, votre visage et votre regard : respirez. Il s’agit de vous décentrer momentanément de vous-même pour devenir observateur et non plus acteur de la situation. Cela vous permettra de faire appel à votre cerveau gauche et savoir quelle méthode employer.

7. Conclusion

Pour assurer sa prise de parole en public, rien ne vaut une bonne préparation ! Comprendre comment fonctionne le cerveau humain, comment le trac peut être utile, mais aussi comment fonctionne un groupe permet à chacun de maîtriser activement sa prise de parole. En proposant une méthode très complète, les auteurs s’adressent ainsi à toute sorte de public, du professionnel au novice. Cette capacité d’adaptation illustre les méthodes introduites par les auteurs aux lecteurs du livre.

En effet, en variant les méthodes de communication (tête-cœur-corps, cerveau gauche, cerveau droit, plan persuasif, storytelling), chacun peut adapter son discours à son public. C’est bien là la clef de toute communication que proposent les auteurs : authenticité, construction, respect, bienveillance et écoute attentive.

8. Zone critique

Des QR codes permettent d’accéder à des vidéos et des conférences TED illustrant le contenu présenté dans le livre, en le renforçant. En accompagnant ainsi les lecteurs à agir, à prendre conscience de leur diction, leur posture, leur respiration et leur connaissance du fonctionnement du cerveau, les auteurs rendent concrètes des méthodes jusque-là restées théoriques.

Riches de leurs connaissances du milieu de la communication et de leurs différentes expériences du monde en entreprise, politique ou de l’animation, les auteurs ont synthétisé dans ce livre de multiples méthodes de l’art oratoire.

9. Pour aller plus loin

Ouvrage recensé– Demain je parle en public, Paris, Éditions Dunod, 2019.

Autres pistes– Dominique Chalvin, L’Affirmation de soi, Paris, ESF, 2000.– Stephane de Freitas, Porter sa voix, Paris, Le Robert, 2018.– Daniel Goleman, L’Intelligence émotionnelle, tomes 1 et 2, Paris, Robert Laffont, 1997.– Michel Meyer, Histoire de la rhétorique, Paris, Livre de Poche, 1999.– Jacques-Michel Robert, Le Cerveau, Paris, Flammarion, 1997.

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